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JOSQUIN DES PRÉS (1440 env.-env. 1521)

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Josquin des Prés - crédits : Universal History Archive/ Getty Images

Josquin des Prés

Josquin Des Prés (ou Desprez, ou Jodocus Pratensis, ou Jodocus a Prato, ou simplement Josquin), surnommé le « Prince de la musique » par ses contemporains, est le plus éminent représentant de l'école dite «  franco-flamande » à la fin du xve siècle. Génie universel, Josquin occupe une position d'équilibre entre Moyen Âge et Renaissance. « Il possède dans leur plénitude, écrit Jacques Chailley, tous les caractères que l'on attribue à l'une et l'autre époque. »

Il appartient, certes, au temps des humanistes, mais il conserve une spiritualité, un sens du sacré, qui le rattache aux conceptions médiévales. Il a marqué de son empreinte profonde tous les genres qu'il a abordés (messes, motets, chansons), contribuant à imposer le style « en imitation continue » qui devait prévaloir durant tout le xvie siècle. Seul Roland de Lassus devait atteindre à pareille maîtrise.

Un clerc itinérant

Qu'il soit né dans le Hainaut, ou, comme on le pense, à Beaurevoir, près de Saint-Quentin, il reçut sa première formation à la cathédrale de cette dernière ville où il fut enfant de chœur. Il est difficile d'affirmer que Josquin fut l'élève d'Ockeghem, mais il est permis de penser qu'au moins indirectement il reçut l'enseignement de son illustre prédécesseur. De même eut-il l'occasion d'approcher Guillaume Dufay, lors d'un séjour à Cambrai.

Il serait entré en 1459 à la maîtrise du Dôme de Milan, où il resta treize ans. Le titre de biscantor, alors associé à son nom, indique qu'il s'agit d'un chanteur adulte, ce qui confirme l'hypothèse d'une date de naissance antérieure à celle que mentionnent la plupart des dictionnaires.

En 1473 (ou 1474), Josquin sert le duc Galéazzo Maria Sforza ; en 1475, il écrit un Livre de musique pour la chapelle de ce prince. Cinq ans plus tard, on le trouve au service du cardinal Ascanio Sforza, frère de Ludovic le More. On le désigne souvent alors sous le pseudonyme « Josquin d'Ascanio ».

De 1486 à 1494, Josquin fut chantre du pape. Une interruption de quelques mois dans le service pontifical permet de penser qu'il est bien le Josquin payé à la cour de Lorraine en 1493. Après de brefs séjours à Florence, à Modène et à Blois, à la cour de France, il est devenu maître de chapelle d'Hercule Ier d'Este, duc de Ferrare, à qui il dédie une messe et son célèbre Miserere.

Adieu mes amours, Josquin Des Prés - crédits : AKG-images

Adieu mes amours, Josquin Des Prés

Ensuite, s'il est sûr qu'il a travaillé pour Louis XII, on ne peut affirmer avec certitude qu'il ait été maître de chapelle à la cour de France. Outre le témoignage de Glarean, relatant, dans son Dodecachordon de 1547, les rapports de Josquin avec la chapelle du roi de France, il reste quatre compositions concernant Louis XII : le motetMemor esto verbi tui ; la chanson-fanfare Vive le roy ; la chansonAdieu mes amours, contenant ces vers, « Vivray-je du vent / Si l'argent du roy ne vient plus souvent ? » ; enfin, la composition intitulée Ludovici Regis Franciae iocosa cantio, qui comporte une voix dite « vox regis », présentant irrévérencieusement une seule et même note d'un bout à l'autre de la pièce.

Après la mort du roi, Josquin reçut un canonicat à Saint-Quentin, qu'il ne devait point garder longtemps. On retrouve sa trace aux Pays-Bas. Déjà, la chanson Plus nulz regrets, datant de 1507, célébrait l'alliance anglo-néerlandaise. Mais, grâce à la régente Marguerite d'Autriche, il obtient de l'empereur Maximilien Ier le prieuré de l'église Notre-Dame de Condé et, en 1520, il remet à Charles Quint, qui résidait alors en Flandre, Auculnes Chansons nouvelles. Il mourut à Condé-sur-l'Escaut.

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Pour citer cet article

Roger BLANCHARD. JOSQUIN DES PRÉS (1440 env.-env. 1521) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 21/03/2024

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Josquin des Prés - crédits : Universal History Archive/ Getty Images

Josquin des Prés

Adieu mes amours, Josquin Des Prés - crédits : AKG-images

Adieu mes amours, Josquin Des Prés

Autres références

  • MESSE PANGE LINGUA (Josquin des Prés)

    • Écrit par
    • 244 mots
    • 1 média

    C'est dans ses œuvres religieuses, et plus particulièrement dans ses messes, que Josquin des Prés donne la pleine mesure de son génie : les dix-huit messes complètes qui lui sont attribuées avec certitude mettent en évidence l'apport considérable du plus illustre représentant de l'école...

  • CONTREPOINT

    • Écrit par
    • 4 643 mots
    ...enchevêtrées se neutralisent les unes les autres et que très rapidement l'auditeur ne peut plus rien saisir de façon précise. Vers la souplesse et la transparence va un Josquin des Prés, le grand maître de ce temps. Sa liberté, son élégance, sa fluidité d'écriture ne seront jamais égalées.
  • MÉLODIE

    • Écrit par
    • 4 137 mots
    • 1 média
    ...deux axes, l'un horizontal, l'autre vertical, d'où va naître un nouvel élément constitutif du discours : l'harmonie. Dans la pré-Renaissance, chez un Josquin Des Prés, on peut considérer que l'affirmation de cet élément est un fait accompli. Mais si les rencontres harmoniques entre les parties ont déjà...