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HOMINIDÉS

Hommes de Néandertal et Hommes modernes

En fait, l'Europe représente la seule région géographique où il est possible de mettre en évidence le remplacement d'une population humaine par une autre. En Europe occidentale, les Homo sapiens primitifs ont évolué, depuis 400 000 ans environ, vers les Hommes de Néandertal dont la répartition est clairement liée à l'extension de la calotte glaciaire. Ces derniers seront remplacés, petit à petit, par des Hommes modernes venus de l'Est aux alentours de 40 000 ans et les Néandertaliens vrais s'éteindront vers 34 000 ans. Leur présence la plus tardive est attestée en Espagne et au Portugal : ont-ils été protégés là par la barrière géographique que formaient les Pyrénées ? Les Néandertaliens se caractérisent par les traits suivants : front toujours fuyant, crâne allongé avec un occiput étiré en forme de chignon, os malaires fuyants vers l'arrière donnant à la face la forme de museau (la fosse canine n'existe pas), bourrelet sus-orbitaire saillant, ouverture nasale large et capacité crânienne pouvant atteindre des tailles importantes de près de 1 800 cm3 (mais dans la variation générale des Hommes de Néandertal, la moyenne de la capacité crânienne n'est pas différente de la nôtre, c'est-à-dire 1 400 cm3). L'usure des dents (incisives et canines) sur certains spécimens laisse supposer que, peut-être, les Néandertaliens utilisaient leurs mâchoires comme des pinces, un peu à la manière des Inuits aujourd'hui qui tirent sur les tendons des animaux. Des travaux du milieu des années 1980 sur l'os hyoïde ont conclu que l'Homme de Néandertal pouvait parler, contrairement à ce que l'on croit généralement. Enfin, tous les caractères si particuliers des Néandertaliens semblent bien indiquer qu'ils sont différents de l'Homme moderne et probablement pas ancêtres de ce dernier, qu'ils ont pu rencontrer lorsque les descendants des premiers Homo sapiens sapiens, nés au Proche-Orient, ont migré vers l'ouest. En France, les populations néandertaliennes et celles de Cro-Magnon (Homo sapiens sapiens) ont pu se rencontrer. Certains ont même évoqué l'hypothèse d'un métissage entre l'Homme moderne et l'Homme de Néandertal. Toutefois, des données récentes relancent l'idée que l'Homme de Néandertal et les Hommes modernes appartiendraient bien à des espèces différentes. Des travaux moléculaires ont mis en évidence des différences importantes dans les séquences d'ADN de ces deux Hominidés. Cependant, ces travaux ont été réalisés sur un fémur de Néandertalien et des Hommes actuels. Ces différences auraient-elles été aussi importantes si on avait comparé des sujets de même âge ?

Crâne de l'homme de Gibraltar

Crâne de l'homme de Gibraltar

Génome de Néandertal

Génome de Néandertal

La connaissance de l'anatomie fine et de la culture des Néandertaliens indique que nos cousins, longtemps considérés comme des hommes brutaux, étaient en fait proches de nous. En outre, l'Homme de Cro-Magnon, notre ancêtre direct, n'était pas physiquement différent de ce que nous sommes aujourd'hui.

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Écrit par

  • : professeure de première classe au Muséum national d'histoire naturelle

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Hominidés : arbre phylogénétique

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Hominidés : arbres phylogénétiques

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Origines de l'homme, Y. Coppens

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Autres références

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    ...et sur les structures de la chaîne trophique, explique avec parcimonie l'occupation de l'espace, la technologie et la nature des sites proto-humains. Combinée aux modèles dérivés des études des primates, elle explique l'accès des hominidés à des carcasses de grands animaux, comme la chasse de petits...
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    ...certain nombre d'informations sur l'évolution quaternaire. C'est sur leur bord que l'on a trouvé les restes des plus anciens Primates rapportés aux Hominidés archaïques. Il s'agit des Australopithèques qui, pour l'instant, ne sont connus qu'en Afrique. Ils ont eu la capacité de fabriquer des outils...
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    En 1994 était découvert à Aramis, en Éthiopie, un squelette daté de 4,4 millions d'années (Ma) appartenant à Ardipithecus ramidus. Comme le spécimen était très écrasé, il a fallu attendre quinze ans pour que la communauté scientifique puisse dresser un portrait de ce supposé ancêtre...

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