BERLIOZ HECTOR

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Rome et l’Italie

À peine lauréat, Berlioz demande à être dispensé du « fatal voyage d’Italie » et de son séjour de cinq ans, dont trois ans en Italie et deux ans en Allemagne, dont le prix de Rome lui fait une obligation. Il ne veut pas s’éloigner de la pianiste Camille Moke qui rompra bientôt ses fiançailles avec lui pour épouser le facteur de piano Pleyel. Il craint égalemen de quitter Paris où il commence à être connu – il y a fait jouer la Messe solennelle et sa toute jeune symphonie ; un opéra, Les Francs-Juges, a aussi été accepté, qui ne verra jamais le jour. Contraint de partir, il arrive à Rome en mars 1831 pour un bref séjour : il quittera définitivement l’Italie en mai 1832. Rome ne l’intéresse pas du point de vue musical : la virtuosité démonstrative de l’opéra italien ne séduit pas le jeune romantique et les différentes manifestations auxquelles il assiste le déçoivent, qu’il s’agisse des chœurs de la chapelle Sixtine ou des représentations d’opéra.

De l’Académie de France à Rome, il retiendra surtout la compagnie de quelques camarades artistes (le sculpteur Jean-Pierre Dantan, l’architecte Joseph-Louis Duc), la rencontre avec Felix Mendelssohn et ses excursions autour de Rome, dans les Abruzzes principalement puis jusqu’à Naples. Sa productivité musicale reste basse pendant ces mois romains : pour deux des trois « envois de Rome » qu’il fera parvenir à l’Institut, il reprend des extraits d’œuvres déjà composées (notamment le Resurrexit de la Messe solennelle). L’Académie de France à Rome le voit retravailler la Symphonie fantastique, dont il donnera une nouvelle version à son retour à Paris ; il compose aussi une partie de sa suite, Lélio ou le retour à la vie, ainsi que la mélodie La Captive, écrite sur une Orientale de Victor Hugo pour la fille du directeur, Louise Vernet. Rome et l’Italie marquent cependant profondément l’inspiration de Berlioz, tant littéraire que musicale, et sont au cœur de plusieurs œuvres fondamentales : Harold en Italie (sa deuxième symphonie, avec alto obligé, écrite d’abord pour Paganini), Benvenuto Cellini, Roméo et Juliette (sa troisième symphonie, avec chœurs, écrite grâce à un don financier de Paganini) et aussi Les Troyens, où la fondation de Rome guide les pas d’Énée.

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Un concert à mitraille et Berlioz, d’après J. J. Grandville

Un concert à mitraille et Berlioz, d’après J. J. Grandville
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Faust cherchant à séduire Marguerite, E. Delacroix

Faust cherchant à séduire Marguerite, E. Delacroix
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Les Troyens de Berlioz, mise en scène de D. Tcherniakov

Les Troyens de Berlioz, mise en scène de D. Tcherniakov
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Pour citer l’article

Cécile REYNAUD, « BERLIOZ HECTOR », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hector-berlioz/