FRANCEL'année politique 2020

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L’économie française dans la tourmente

Le bilan économique de la crise de la Covid-19 est lourd. Selon l’INSEE et la Banque de France, le pays devrait perdre au moins 9 points de PIB au cours de l’année 2020. Malgré de fortes fluctuations liées au confinement et à la fermeture de certains commerces, la consommation diminue fortement par rapport à 2019, ce qui se traduit par une augmentation de l’épargne des ménages les plus favorisés. L’endettement des entreprises, déjà élevé en France, s’accentue (84,7 p. 100 du PIB). Les exportations chutent de 18 p. 100. La reprise dépendra d’abord de l’évolution de la pandémie en France et à l’étranger. Les instituts de conjoncture restent prudents quant à un éventuel retour à la normale, mais estiment déjà qu’il ne se produira pas avant le milieu de l’année 2022. Les retombées sociales de cette grande crise économique sont dramatiques. L’INSEE estime à 700 000 le nombre d’emplois perdus en 2020, soit 2 p. 100 des postes salariés. Le taux de chômage devrait atteindre 11 p. 100 au début de l’année 2021. Dès juillet, le département de recherche économique de la société d’assurance-crédit Euler Hermes prévoit 64 000 défaillances d’entreprises pour 2021 (Le Figaro, 20 juillet), auxquelles s’ajouteront de nombreux plans de restructuration accompagnés de dizaines de milliers de licenciements.

Conséquence directe de la crise, les associations caritatives témoignent de la paupérisation brutale d’une partie de la population ; le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire est, par exemple, en hausse de 30 p. 100. Environ 1 million de personnes sont passées sous le seuil de pauvreté (1 063 € par mois) au cours de l’année, pour atteindre un total de plus de 10 millions. Les demandes de revenu de solidarité active (RSA) ont augmenté de 10 p. 100 et les loyers impayés dans les habitats sociaux se multiplient. Si les travailleurs saisonniers, les intérimaires, les titulaires de contrat à durée déterminée, les personnels les moins qualifiés et les jeunes arrivant sur le marché de l’emploi sont frappés de plein fouet par la crise, la situation est aussi désastreuse pour les étudiants, qui souffrent particulièrement de leur isolement, voire d’une véritable détresse psychologique.

Face à cette situation inédite, les pouvoirs publics mettent en place un plan de secours en plusieurs étapes, auquel devrait succéder un plan de relance de 100 milliards d’euros, en partie financé par l’Union européenne. En mars, le président de la République déclare vouloir sauver l’économie « quoi qu’il en coûte ». En octobre, le gouvernement estime à 470 milliards d’euros l’enveloppe déjà consacrée en milieu d’année au soutien des entreprises et au chômage partiel (8,8 millions de salariés concernés en avril au plus fort de la crise), aux reports ou à l’exonération de cotisations sociales, aux aides à la trésorerie et aux prêts garantis par l’État (PGE). Environ 1,7 million d’entreprises bénéficient d’un fonds de solidarité de 5,8 milliards d’euros. Le total des dépenses de l’État liées à la pandémie devrait s’élever à 490 milliards d’euros pour 2020. Aux dépenses exceptionnelles s’ajoute la diminution des recettes fiscales. Le taux d’endettement public est estimé en fin d’année à 119,8 p. 100 du PIB, le déficit budgétaire à 248 milliards. Quant au déficit de la sécurité sociale, il devrait atteindre 44,7 milliards. Les finances des collectivités territoriales, en particulier celles des départements, sont particulièrement dégradées.

Même si la pandémie était jugulée en 2021, de nombreux secteurs de l’économie devraient continuer à bénéficier d’aides de l’État pour ne pas sombrer. L’accroissement de la pauvreté et de la précarité devra trouver des solutions à la hauteur du défi qu’il représente déjà pour le pays. Il est donc peu probable qu’un rétablissement des comptes publics puisse être envisagé au cours de l’année qui s’ouvre. Un plan de relance de 100 milliards est prévu par l’exécutif (rénovation énergétique, secteur ferroviaire, plan hydrogène, réduction d’impôts, apprentissage, etc.). Mais plusieurs économistes considèrent que, pour des raisons techniques (délais, appels d’offres…), la France pourrait à peine dépenser le quart de cette somme en 2021.

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France : participation aux élections municipales (1947-2020)

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France : groupes politiques au Sénat (2004-2020)

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Olivier Véran et Jean Castex, 2020

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Hommage à Samuel Paty

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  • : président du Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique

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Pour citer l’article

Nicolas TENZER, « FRANCE - L'année politique 2020 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/france-l-annee-politique-2020/