FRANCEL'année politique 2020

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Devant les turbulences du monde

Particulièrement engagé depuis le début de son mandat dans l’action européenne et internationale, Emmanuel Macron est plongé au cours de l’année 2020 dans de nouvelles turbulences.

Le couple franco-allemand est à l’origine d’un plan de relance exceptionnel. Porté par l’Union européenne, celui-ci est destiné à faire face à la crise pandémique et à limiter l’effondrement des économies européennes. Au printemps, les réticences des pays dits « frugaux » (Pays-Bas, Autriche, Suède et Danemark), qu’inquiète l’augmentation des déficits et de l’endettement des États, sont levées. En fin d’année, un compromis est trouvé avec la Pologne et la Hongrie, qui conditionnaient leur adhésion au plan à un assouplissement des règles relatives à l’État de droit dans l’Union européenne. Parallèlement, notamment dans un entretien accordé en novembre à la revue Le Grand Continent (publiée par le Groupe d’études géopolitiques), Emmanuel Macron continue de défendre la notion d’« autonomie stratégique ». Pour lui, l’Union européenne doit être capable de se défendre et de lancer seule des opérations militaires extérieures, sans avoir à obtenir l’appui de l’OTAN et des États-Unis. L’idée, qui prolonge ses propos de 2019 sur la « mort cérébrale » de l’Alliance atlantique et sur le projet d’« architecture de confiance et de sécurité » avec la Russie, se heurte à l’incompréhension de plusieurs pays de l’Union européenne (à l’est, mais aussi au nord de l’Europe) et à l’hostilité des États-Unis. Notons cependant que, le 7 février, dans son discours à l’École de guerre, le chef de l’État avait réaffirmé le poids des forces nucléaires dans la sécurité de l’Europe, mais n’avait pas envisagé l’européanisation de la dissuasion française. Comme d’autres avant lui, il avait appelé au dialogue stratégique avec les Européens, proposition restée sans réponse. Enfin, et ce dès le début de l’année, la France a levé ses réserves relatives à de futurs élargissements de l’Union européenne, en particulier en direction de la Macédoine du Nord et de l’Albanie, afin d’éviter que plusieurs pays des Balkans occidentaux voient leur dépendance envers la Chine, la Russie et la Turquie encore renforcée par la crise sanitaire.

Le projet présidentiel de construction d’une nouvelle architecture internationale en collaboration avec Moscou n’est pas officiellement abandonné, mais il est en grande partie oublié. Pour la seconde fois, la tentative d’assassinat de l’opposant russe Alexeï Navalny (août) rappelle en effet la nature répressive du régime de Vladimir Poutine. La ministre de la Défense Florence Parly remarque d’ailleurs que les tentatives de dialogue avec le Kremlin n’ont produit aucun résultat concret. Concernant la Biélorussie, la France ne reconnaît pas la réélection d’Alexandre Loukachenko (août), entachée de fraudes manifestes, et soutient l’opposition – Emmanuel Macron rencontre l’opposante Svetlana Tikhanovskaïa le 29 septembre. L’Élysée s’oppose ainsi frontalement à Vladimir Poutine, qui entend, par la répression, maintenir la Biélorussie dans la zone d’influence russe. Quant à la menace chinoise, elle est prise de plus en plus au sérieux par la France – qui soupçonne Pékin d’avoir au moins fait de la rétention d’information au début de la crise sanitaire. Si l’on a pu reprocher au président ses sourires diplomatiques lors de la visite du ministre des Affaires étrangères chinois (août), Emmanuel Macron a cependant dénoncé clairement à cette occasion – bien qu’un peu tardivement pour les organisations de défense de droits de l’homme – les persécutions orchestrées par Pékin contre la minorité musulmane ouïgoure. Cependant, la France reste fort discrète devant les attaques contre la démocratie hongkongaise. L’adoption du projet d’accord commercial entre l’Union européenne et la Chine (30 décembre) reçoit par ailleurs le soutien de la France.

C’est à la Turquie qu’Emmanuel Macron a réservé ses mots les plus durs. Les tensions avec le président Recep Tayyip Erdogan ne sont pas récentes, mais elles connaissent de nouveaux épisod [...]

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France : participation aux élections municipales (1947-2020)

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France : groupes politiques au Sénat (2004-2020)

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Olivier Véran et Jean Castex, 2020

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  • : président du Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique

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Pour citer l’article

Nicolas TENZER, « FRANCE - L'année politique 2020 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/france-l-annee-politique-2020/