FLEUVES

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Formes traditionnelles et modernes d'utilisation

Les hommes ont, de tout temps, cherché à utiliser les fleuves pour se déplacer ou transporter leurs marchandises, pour irriguer leurs champs ou pour produire de l'énergie. Dépourvues de moyens techniques efficaces, les civilisations traditionnelles ont dû s'adapter aux particularités des fleuves qu'elles utilisaient. Le plus souvent, les fleuves indomptés représentaient, lors des crues, une menace devant laquelle les habitants des vallées devaient fuir, faute de savoir se prémunir contre elle. Avec l'acquisition des techniques industrielles, l'homme a conquis la maîtrise des eaux courantes. Luttant contre l'eau nuisible, il a endigué les cours d'eau, puis aménagé les fleuves pour l'irrigation, la navigation, la production d'électricité, le ravitaillement en eau des collectivités humaines ou les loisirs des citadins. L'homme a substitué aux interventions fragmentaires du passé un aménagement global des bassins fluviaux, faisant de la domestication de l'eau un des fondements majeurs de la politique de l'espace. Cependant, cette maîtrise progressive de l'eau utile doit se poursuivre, en s'adaptant notamment aux aléas climatiques de plus en plus fréquents.

Irrigation

L'agriculture a toujours été le principal consommateur d'eau fluviale dans les régions sèches, chaque fois que la présence d'un fleuve allogène permettait le recours à l'irrigation ; ainsi le Nil, dont les eaux, venues de l'Afrique équatoriale, abondantes en été, traversent le désert égyptien qu'elles fécondent. Dès l'Antiquité, les cultivateurs se sont ingéniés à conduire vers leurs champs les eaux montantes du fleuve qu'ils élevaient encore, au moyen de rudimentaires vis d'Archimède ou de seaux suspendus à un balancier (chadouf).

Irrigation

Photographie : Irrigation

Utilisation d'une vis d'Archimède pour l'irrigation des cultures dans le delta du Nil, en Égypte, vers 1950. Inventé par Archimède au IIIe siècle avant J.-C., lors de son séjour en Égypte, cet appareil permet d'élever l'eau. 

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Le plus souvent, ce sont les eaux descendues des montagnes voisines, plus arrosées et plus froides, qui sont mises à contribution. Quand la montagne est de faible altitude, les eaux tarissent vite, après la période des pluies, et les paysans pratiquent des cultures précaires dans le lit même du fleuve sur la masse des alluvions. Mais, lorsque le massif montagneux est suffisamment élevé pour se couvrir, sur ses plus hauts sommets, de neige et de glaciers, alors les fleuves qui en descendent, dont le débit est à son maximum durant la saison chaude, se prêtent admirablement au développement des irrigations à la surface des piémonts. Le monde méditerranéen, le Moyen-Orient, l'Asie centrale et l'Asie des moussons offrent des exemples multiples de riches civilisations rurales, où l'on entretient avec beaucoup de soin les barrages et les canaux répartissant entre les champs l'eau descendue de la montagne.

Dans le monde contemporain, la pratique de l'irrigation n'a cessé de se répandre. Les cultivateurs des régions à pluviométrie forte mais irrégulière l'adoptent, parfois de manière non contrôlée, pour accroître et régulariser les rendements de leurs cultures.

La meilleure technique consiste à créer dans les vallées montagnardes, à l'arrière de barrages hydrauliques, des réserves d'eau pouvant emmagasiner plusieurs kilomètres cubes, dont le remplissage et la vidange durent plusieurs mois. Dès lors, chaque fois que le site s'y prête, il devient possible d'utiliser, pour l'irrigation, l'eau de tous les fleuves bien alimentés, quel que soit leur régime d'écoulement. L'eau stockée est restituée aux cultures, au fur et à mesure des besoins, pendant la saison chaude, par l'intermédiaire d'un réseau de canaux bétonnés, ou même de conduites enterrées qui, en limitant les pertes par filtration, accroissent le coefficient d'utilisation de la retenue. Le recours systématique au refoulement des eaux par pompage permet de gagner à l'irrigation des terres nouvelles, situées au-dessus du niveau des fleuves ou des canaux.

Navigation

Les travaux hydrauliques entrepris pour développer les irrigations peuvent aussi contribuer à rendre plus navigables les fleuves qui en sont l'objet.

Toutes les régions et toutes les époques ont connu le transport de marchandises par voie d'eau, au moyen du flottage ou de la batellerie. Il exigeait une profondeur suffisante du chenal et, à la remontée du courant, le recours à un mode de halage utilisant la force des animaux ou celle de l'homme. Mais la diminution de la profondeur utile l [...]

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Eau écoulée par les fleuves chaque année

Eau écoulée par les fleuves chaque année
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Les plus grands fleuves du monde

Les plus grands fleuves du monde
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Maximum de l'écoulement et mode d'alimentation

Maximum de l'écoulement et mode d'alimentation
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Pour citer l’article

Lazare BOTOSANEANU, Pierre CARRIÈRE, « FLEUVES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/fleuves/