CORÉE DU NORD

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Nom officielRépublique populaire démocratique de Corée (KP)
Chef de l'État et du gouvernementKim Jong-un (depuis le 11 avril 2012)
CapitalePyongyang
Langue officiellecoréen
Unité monétairewon nord-coréen (KPW)
Population25 887 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)122 762

La question de l'arme nucléaire nord-coréenne

Ce qui est paradoxal, c'est que le Nord n'a cessé de faire des tentatives d'infiltration de ses agents dans la partie méridionale de la péninsule tandis qu'il négociait avec le groupe Hyundai sur le plan économique, et malgré une certaine bonne volonté du gouvernement de Kim Dae-jung dans le cadre de sa « politique du soleil » vis-à-vis du Nord. Pyongyang n'a jamais abandonné son objectif nucléaire, alors même que les habitants souffrent d'une grave pénurie alimentaire. Tout cela constitue autant d'éléments d'instabilité qui pèsent sur la péninsule coréenne et qui laissent supposer que la réunification n'est pas pour demain.

Concernant les armes nucléaires, le Nord était soupçonné d'abriter, dès 1985, à Yŏngbyŏn, à 90 kilomètres au nord de Pyongyang, des installations destinées à fabriquer la bombe atomique. En dépit de cela, Pyongyang adhère au Traité de non-prolifération nucléaire (T.N.P.) le 12 décembre 1985. Cette affaire, connue depuis 1987, rebondit en 1991. Afin de dénucléariser la péninsule, le Sud accepta le retrait des armes nucléaires américaines, lequel s'est discrètement achevé le 18 décembre 1991. Le 31, les deux parties parvinrent à un accord de dénucléarisation. En outre, le Nord signa, en janvier 1992, un accord sur l'inspection de ses installations par l'Agence internationale de l'énergie atomique (A.I.E.A.).

Le 12 mars 1993, Pyongyang annonça son intention de quitter le T.N.P. En avril, le président sud-coréen Kim Young-sam proposa des pourparlers quadripartites (États-Unis, deux Corées et Chine) en vue de conclure un traité de paix qui remplacerait l'armistice de 1953. Le 13 juin 1994, Pyongyang présenta à l'A.I.E.A. la déclaration de son retrait du T.N.P. Quelques réunions eurent lieu ensuite entre les représentants des quatre pays. Pendant ce temps, on découvrait, le 18 septembre 1996, l'infiltration de commandos nord-coréens dans la province du Kangwŏn, à une centaine de kilomètres au sud de la ligne de démarcation, s'échappant d'un sous-marin échoué. En juin 1998, un autre sous-marin nord-coréen s'est fait prendre dans les filets d'un pêcheur sud-coréen, avec à son bord neuf hommes qui s'étaient donné la mort ; un autre submersible (avec un corps à l'intérieur) a été découvert au sud de la péninsule en décembre 1998.

Quant à la question du programme nucléaire nord-coréen, Washington et Pyongyang sont parvenus après de multiples péripéties, le 21 octobre 1994, à Genève, à un accord qui prévoyait le gel du programme en échange de la fourniture de deux centrales nucléaires civiles et de pétrole. À cet effet, il a été créé, en mars 1995, la K.E.D.O. (Korean Peninsular Energy Development Organisation), organisme chargé d'exécuter l'accord de 1994. Séoul allait financer 70 p. 100 de ce programme. La K.E.D.O. a inauguré le début des travaux de construction d'une centrale nucléaire civile à Kŏmho dans la province du Hamgyŏng du Sud en Corée du Nord, le 19 août 1997, en présence des délégations des pays concernés (Corée du Sud, États-Unis et Japon). Le maître d'œuvre de la construction était Korea Electric Power Co. Mais, pour autant, Pyongyang n'a pas renoncé à perfectionner ses systèmes d'armement. Le 31 août 1998, la Corée du Nord a réussi à lancer un missile balistique à trois étages d'une portée de 1 500 kilomètres, à la surprise générale. Il a survolé le territoire japonais près de Hokkaido avant de s'abîmer dans le Pacifique.

Le 7 septembre 1999, le président américain Bill Clinton a décidé d'assouplir les sanctions économiques contre Pyongyang, une première depuis la fin de la guerre de Corée. Mais l'arrivée au pouvoir de George Bush a marqué un tournant. Le régime de Pyongyang a très mal pris sa déclaration du 29 janvier 2002, plaçant la Corée du Nord dans l'axe du Mal avec l'Irak et l'Iran. Pyongyang a rompu les négociations à six (Chine, deux Corées, États-Unis, Japon et Russie), à peine entamées, pour régler la question nucléaire.

Le 16 octobre 2002, après la visite de l'émissaire du président Bush à Pyongyang, Washington a affirmé que le régime conduisait un programme secret d'enrichissement, cette fois avec du plutonium. Cette allégation a été admise par Pyongyang. Le régime a été soupçonné aussi de fournir des armes à certains pays du Moyen-Orient.

Le 14 novembre 2002, la K.E.D.O. a annoncé l'arrêt des livraisons de pétrole, puis a suspendu la construction des deux centrales nucléaires à eau légère (difficiles à détourner à des fins militaires). Pyongyang a expulsé les inspecteurs de l'A.I.E.A. en décembre 2002 et, le 10 janvier 2003, s'est retiré effectivement du T.N.P. et a affirmé commencer l'extraction de l'uranium de huit mille barres de combustible nucléaire. Le 13 mai, Pyongyang a annulé l'accord, signé en décembre 1991 avec Séoul, destiné à exclure les armes nucléaires dans la péninsule.

La première conférence à six pays a eu lieu à Pékin en août 2003 afin de trouver une solution pour le programme nucléaire nord-coréen. Après quatre autres séries de rencontres en 2004 et 2005, la conférence à six s'est trouvée dans l'impasse.

Le 10 février 2005 déjà, Pyongyang a déclaré officiellement s'être dotée de la bombe atomique. Le 1er mai, Pyongyang a lancé des missiles en mer du Japon (mer de l'Est). Le 11 mai 2005, le régime a annoncé l'achèvement de l'extraction de huit mille barres d'uranium du réacteur nucléaire de Yongbyon. En mai 2006, le directeur de l'A.I.E.A. a déclaré que Pyongyang posséderait six bombes nucléaires.

Les États-Unis, le Japon et l'Australie ont appliqué des sanctions en représailles des tirs de sept missiles nord-coréens qui se sont abîmés en mer du Japon le 5 juillet 2006. Peu après, le Conseil de sécurité de l'O.N.U. a adopté une résolution condamnant ces tirs. Le 18 août, la télévision américaine a annoncé la préparation d'un essai nucléaire par la Corée du Nord.

Le 9 octobre 2006 à 9 h 35 (heure locale), la Corée du Nord a procédé à un essai nucléaire souterrain dans la province du Hamgyong du Nord, d'une capacité inférieure à 1 kilotonne (15 kt pour Hiroshima). La Corée du Nord est devenue ainsi la 9e puissance nucléaire du monde. Le caractère nucléaire de l'essai a été confirmé par les échantillons collectés dans l'air près du site par un avion de surveillance américain WC-135. Pyongyang avait prévenu Pékin, son allié, vingt minutes avant l'essai. Pékin avait transmis l'information à Washington, à Séoul et à Tōkyō.

Cet essai nucléaire a stupéfait le monde entier et provoqué un tollé général. Tōkyō, qui avait instauré des sanctions financières à l'égard de Pyongyang depuis juillet, a réagi vivement en adoptant un embargo total sur tous les échanges commerciaux avec la Corée du Nord.

Le 14 octobre 2006, le Conseil de sécurité de l [...]

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Kim Il-sung, 1958

Kim Il-sung, 1958
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Écrit par :

  • : maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS)
  • : professeur des Universités, université de Lyon-III

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Pour citer l’article

Valérie GELÉZEAU, Jin-Mieung LI, « CORÉE DU NORD », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/coree-du-nord/