CORÉE DU NORD

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

quelques données-clés.
Nom officielRépublique populaire démocratique de Corée (KP)
Chef de l'État et du gouvernementKim Jong-un (depuis le 11 avril 2012)
CapitalePyongyang
Langue officiellecoréen
Unité monétairewon nord-coréen (KPW)
Population25 887 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)122 762

Histoire

Fondation de la République populaire démocratique de Corée

En 1945, l'armée soviétique, qui occupait la partie nord de la péninsule, reconnut le Comité populaire comme pouvoir représentatif des Coréens. Dès octobre, Kim Il-sung, né le 15 avril 1912, apparut devant la foule. Le 8 février 1946, Kim Il-sung, alors secrétaire général du Parti du travail (Parti communiste au début) fondé le 10 octobre 1945, devint président du Comité populaire provisoire. À la suite des élections générales du 19 février 1947 fut formée une Assemblée populaire dont l'exécutif fut le Comité populaire, avec Kim à sa tête.

Après la fondation de la république de Corée au Sud le 15 août 1948, le Nord organisa, le 25 août, les élections de 572 députés à l'Assemblée populaire suprême, qui se réunit le 1er septembre pour la première fois, adopta une Constitution et désigna Kim Premier ministre. La R.P.D.C. fut proclamée le 9 septembre 1948. L'armée populaire fut mise en place le 8 février 1949, après le départ des troupes soviétiques.

C'est à cette époque que Pak Hon-yong, leader des forces gauchistes dans la partie sud, se réfugia au Nord et devint vice-Premier ministre. Après la « guerre de libération de la patrie » (guerre de Corée, 1950-1953), déclenchée par Kim Il-sung le 25 juin 1950, qui fut un désastre, il fallait désigner les coupables. En août 1953, Pak et treize autres dirigeants venus du Sud furent arrêtés, onze d'entre eux exécutés. En 1958, les dirigeants des factions pro-chinoise et pro-soviétique tentèrent de prendre le pouvoir. Mais ils furent éliminés par les partisans de Kim, réclamant la « renaissance par ses propres forces » (charyŏk kaengsaeng). De là fut définitivement établi un système monolithique sous la direction incontestée de Kim Il-sung.

Kim Il-sung, 1958

Photographie : Kim Il-sung, 1958

Le chef d'État nord-coréen Kim Il-sung (1912-1994) au moment de l'évacuation des troupes chinoises du pays (1958). Déclencheur en 1950 de la guerre de Corée, il ne cessa de renforcer sa position au pouvoir, devenant président de la République en 1972 et acceptant le titre de... 

Crédits : Keystone/ Getty Images

Afficher

Un État socialiste et totalitaire

Dénonçant le révisionnisme et l'hégémonisme soviétiques et se méfiant de la révolution culturelle en Chine, le régime pratiqua une politique d'équidistance à l'égard de ces pays. Il appliqua une politique visant à construire un pays indépendant en matière d'économie (autosuffisance) et de défense nationale. Pour ce faire, le régime lança, en 1963, le mouvement « à l'allure de Ch'ŏllima » (cheval légendaire capable de parcourir 1 000 lieues en une journée) afin d'inciter les masses au travail. Dans la même optique, Kim adopta, en mars 1967, l'idéologie juche (ne compter que sur ses propres forces) ou « kimilsungisme », qui deviendra une espèce de « religion d'État ». Le 27 décembre 1972, la Corée du Nord adopta une nouvelle Constitution d'après laquelle Kim Il-sung, Premier ministre jusqu'alors, prit le titre de président de la République, et Pyongyang, capitale provisoire, devint la « capitale révolutionnaire ». La Constitution fut révisée, de nouveau, en avril 1992 et en septembre 1998.

Statue de Kim Il-sung, Pyongyang

Photographie : Statue de Kim Il-sung, Pyongyang

Prosternation devant la statue de bronze, d'une hauteur de 20 mètres, représentant Kim Il-sung, le «pilier du pays», à Pyongyang. 

Crédits : Tony Waitham/ robertharding/ Getty Images

Afficher

Le régime est caractérisé par la présence de proches parents de Kim aux postes clés. Kim Jong-il (1942-2011), fils du président et de sa première épouse décédée en 1949, entra sur la scène politique à partir de 1972 grâce au mouvement des petits groupes des « trois révolutions » : idéologique (endoctrinement des masses), culturelle et technologique. Kim junior apparut comme le successeur de son père vers la fin des années 1970. Lors du VIe congrès du Parti du travail en octobre 1980, Kim Jong-il « cher dirigeant » devint l'un des cinq membres du présidium du bureau politique du comité central du parti. Mais le régime avait du mal à le faire reconnaître en tant que successeur de son père par ses alliés étrangers.

Après le décès de son père, Kim Jong-il prend les rênes du pouvoir. En décembre 1994, il est nommé commandant suprême des armées. Homme secret, Kim junior apparaît rarement en public et ne reçoit pratiquement pas de visiteurs étrangers, ce qui amène les spécialistes à s'interroger sur sa personnalité, ses intentions et ses capacités à diriger le pays. En attendant la fin du deuil national de trois ans décrété pour le président défunt, on spéculait sur la date de sa prise de fonctions à la tête de l'État et du parti. À la suite de la disparition des vieux compagnons de Kim Il-sung, Kim junior a procédé à la promotion de centaines de généraux et a placé ses proches à des postes de commande dans les armées. Le 8 octobre 1997, il est désigné secrétaire général du Parti du travail, et enfin, il accède à la présidence de la commission de la Défense et au poste de chef de l'État lors de la réunion plénière de l'Assemblée populaire (Parlement) en septembre 1998. Ainsi, il est à la tête des trois appareils fondamentaux du régime nord-coréen : l'État, le parti et l'armée.

Kim Jong-il, 2003

Photographie : Kim Jong-il, 2003

En Corée du Nord, c'est le comité central du Parti des travailleurs, ou son bureau politique, qui prend les décisions. En fait, Kim Jong-il, fils du « Grand Leader » Kim Il-sung, dirige seul le pays depuis 1994, comme son père avant lui. 

Crédits : Str/ Kcna/ Kns Files/ AFP

Afficher

Le Parti du travail, fondé le 10 octobre 1945, a la prérogative sur tout l'appareil étatique. Il est dirigé par le comité central (145 membres), qui comprend le secrétariat, le bureau politique, dont l'instance suprême est le présidium (5 membres) créé en 1985, et différentes commissions. Le comité central conduit la politique, planifie et dirige l'économie. Le congrès du parti a lieu tous les dix ans environ. En 2006, le Parti du travail compte 3,2 millions de membres. Il est dirigé par Kim Jong-Il, élu secrétaire général, en 1997 et en 2003.

Le pouvoir législatif est détenu par l'Assemblée populaire suprême (A.P.S.), composée de 687 députés élus pour cinq ans, le 3 août 2003. Les candidats sont désignés par le parti unique, et ils recueillent un résultat proche de 100 p. 100 des votants. L'A.P.S. est dirigée par le présidium dont le président assume le rôle de chef de l'État d'après la Constitution du 27 décembre 1972. Le président du présidium de l'A.P.S. est Kim Yong-nam. C'est lui qui représente l'État nord-coréen, et reçoit la créance des représentants étrangers. Le président est assisté par le Comité populaire dont relève le Conseil d'administration, pouvoir exécutif dirigé par un Premier ministre.

La Cour suprême dépend de la présidence de la République, et les magistrats des tribunaux sont désignés par l'Assemblée populaire.

Sur le plan diplomatique, Pyongyang est lié, depuis 1961, par des accords d'alliance avec la Chine et l'U.R.S.S., mais a dû habilement équilibrer ses rapports avec ses grands frères lorsqu'ils se disputaient sur la question de l'hégémonie. Pyongyang s'est trouvé isolé quand Séoul a établi des relations diplomatiques avec l'U.R.S.S., et avec ses pays satellites. Ces relations ont continué après la chute du bloc de l'Est. La Corée du Nord est abandonnée par son ex-alliée, l'U.R.S.S., puis la Russie qui, elle-même en difficulté économique, exige désormais que le pétrole qu'elle fournit à Pyongyang soit payé en devises et au prix du marché. Pyongyang s'est alors efforcé de se rapprocher davantage de Pékin. Kim Il-sung s'est rendu en Chine en septembre 1990 et en octobre 1991.

Son fils y est allé en mai 2000, et a demandé à Pékin une aide alimentaire de 800 millions d [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 14 pages

Médias de l’article

Corée du Nord : carte physique

Corée du Nord : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Corée du Nord : drapeau

Corée du Nord : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

drapeau

Corée du Nord : villes et infrastructures

Corée du Nord : villes et infrastructures
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Kim Il-sung, 1958

Kim Il-sung, 1958
Crédits : Keystone/ Getty Images

photographie

Afficher les 7 médias de l'article


Écrit par :

  • : maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS)
  • : professeur des Universités, université de Lyon-III

Classification

Autres références

«  CORÉE DU NORD  » est également traité dans :

CORÉE DU NORD, chronologie contemporaine

  • Écrit par 
  • Universalis

Tous les événements politiques (élections, conflits, accords, …) et les faits économiques et sociaux qui ont marqué l’histoire contemporaine du pays jusqu’à aujourd’hui. […] Lire la suite

CORÉES - Du rapprochement à la défiance

  • Écrit par 
  • Marie-Orange RIVÉ-LASAN
  •  • 2 909 mots

Les sociétés nord et sud-coréennes, confrontées en 2008 à la crise financière internationale comme le reste du monde, étaient déjà en proie à des incertitudes et à des difficultés économiques, politiques et sociales différentes, mais non pas moins cruciales. La crise larvée de part et d'autre du 38e parallèle n'est donc pas purement économique, mais traduit en plus, et depui […] Lire la suite

CHINE - Politique étrangère contemporaine

  • Écrit par 
  • Jean-Pierre CABESTAN
  •  • 7 620 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Les priorités de la diplomatie chinoise après Tiananmen (1989) »  : […] Au lendemain du massacre de Tiananmen, la Chine s'est efforcée de sortir de son isolement diplomatique et de s'associer peu à peu à un plus grand nombre d'organisations et de mécanismes multilatéraux de négociations. L'envoi de forces de maintien de la paix au Cambodge en 1991 et la signature par la Chine du traité de non-prolifération en 1992 sont les deux premiers jalons les plus caractéristique […] Lire la suite

COMMUNISME - Histoire économique des pays communistes

  • Écrit par 
  • Marie LAVIGNE
  •  • 10 454 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Le rôle dirigeant du parti »  : […] Dans tous les États socialistes, l'économie a été dirigée par le parti dominant dès l'installation des communistes au pouvoir, que le parti se dénomme effectivement « communiste » ou non, qu'il soit formellement unique ou qu'il constitue l'élément moteur d'une « alliance » ou d'un « front » de partis socialistes. Il a rarement assuré la direction immédiate des activités économiques par son propr […] Lire la suite

CORÉE - Géographie

  • Écrit par 
  • Valérie GELÉZEAU, 
  • Jacques PEZEU-MASSABUAU
  •  • 1 830 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Paysages »  : […] Par ses paysages et son climat, le Sud s'apparente davantage au Japon, le Nord se rattachant nettement au milieu continental asiatique par son relief massif et son climat presque soustrait aux influences maritimes. Le relief de la Corée du Sud s'abaisse doucement depuis la haute chaîne côtière orientale (mont du Diamant Kŭmgang- san ) aux reliefs fantastiques et dont les forêts profondes recèlent […] Lire la suite

CORÉE - Histoire

  • Écrit par 
  • Jin-Mieung LI, 
  • Ogg LI, 
  • Madeleine PAUL-DAVID
  • , Universalis
  •  • 6 272 mots
  •  • 13 médias

Dans le chapitre « De la division à la guerre de Corée »  : […] Le communiqué commun publié à la suite de la conférence entre Roosevelt, Churchill et Chang Kaishek, qui s'est tenue au Caire en novembre 1943, comporte une clause spéciale sur la Corée : « Nous reconnaissons que le peuple coréen se trouve dans un état d'esclavage et que la Corée doit être libre et indépendante en temps opportun. » À Yalta, en février 1945, les quatre grandes puissances, lors du […] Lire la suite

CORÉE - Littérature

  • Écrit par 
  • Ogg LI, 
  • Marc ORANGE, 
  • Martine PROST
  •  • 9 748 mots

Dans le chapitre « La littérature de la Corée du Nord »  : […] « Des hommes qui créent une société progressiste en détruisant une société conservatrice, qui éliminent l'influence fasciste et qui luttent pour réaliser une société démocratique. » C'est en ces termes que Kim Ilsŏng [Kim Il-sŏng], président du comité central du Parti du travail de Corée et Premier ministre, définissait, au mois de mai 1946, les hommes de lettres et les artistes. Cette définiti […] Lire la suite

CORÉE - Cinéma

  • Écrit par 
  • Adrien GOMBEAUD, 
  • Charles TESSON
  •  • 3 526 mots

Dans le chapitre « Le cinéma nord-coréen, de l’expansion à l’abandon »  : […] Le cinéma nord-coréen paraît suivre le destin inverse. Dès la fin de la guerre de Corée, le nouveau régime prend en main le développement du septième art et les studios de Pyongyang sont rapidement reconstruits. Le pays produit sa première fiction en 1949 : Mon pays natal , de Kang Hong-sik. De jeunes cinéastes sont envoyés à Moscou pour y étudier dans les studios russes. Des cinéastes du bloc de […] Lire la suite

CORÉE DU SUD

  • Écrit par 
  • Valérie GELÉZEAU, 
  • Jin-Mieung LI, 
  • Stéphane THÉVENET
  • , Universalis
  •  • 11 366 mots
  •  • 11 médias

Dans le chapitre « Relations extérieures »  : […] Dans le domaine des relations internationales, des Coréens ont accédé, au début du xxi e  siècle, à la plus haute fonction dans des organisations mondiales, tel Lee Jong-Wook, spécialiste de la tuberculose, qui a occupé le poste de directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, de juillet 2003 à mai 2006, ou Ban Ki-moon, ministre des Affaires étrangères, qui a été élu, le 13 octobre 200 […] Lire la suite

GENÈVE CONFÉRENCE DE (1954)

  • Écrit par 
  • Georges-Henri SOUTOU
  •  • 443 mots
  •  • 2 médias

La conférence de Genève réunit du 26 avril au 21 juillet 1954 les représentants des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l'U.R.S.S., de la France, de la république populaire de Chine (dont ce fut l'entrée sur la scène diplomatique), des deux Corées, du Laos, du Cambodge, du Vietnam et du Viêt-minh. La conférence s'occupa d'abord de la Corée, puis essentiellement de l'Indochine. Sur la Corée l'é […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

8 août - 5 septembre 2021 Japon. Jeux Olympiques de Tōkyō.

Corée du Nord avait renoncé à participer aux Jeux pour des raisons sanitaires. Plusieurs athlètes, testés positifs au coronavirus, ont dû déclarer forfait. La quasi-totalité des épreuves se sont déroulées à huis clos en raison de la pandémie. Lors de la cérémonie de clôture, la gouverneure de Tōkyō Yuriko Koike transmet le drapeau olympique à Anne  […] Lire la suite

27 juillet 2021 Corée du Sud – Corée du Nord. Rétablissement des canaux de communication entre Séoul et Pyongyang.

Corée, en 1953, Séoul et Pyongyang annoncent le rétablissement de leurs canaux de communication, inactifs depuis la destruction par le régime de Kim Jong-un du bureau de liaison entre les deux Corées, en juin 2020. Ce geste ouvre la voie à une reprise du dialogue intercoréen qui avait conduit en 2018 à trois rencontres entre les dirigeants des deux […] Lire la suite

10 janvier 2021 Corée du Nord. Nomination de Kim Jong-un au poste de secrétaire général du Parti du travail.

Le VIIIe congrès du Parti du travail promeut Kim Jong-un au poste de secrétaire général. Ce titre symbolique le place au même niveau que son père Kim Jong-il et que son grand-père Kim Il-sung. Au pouvoir depuis décembre 2011, Kim Jong-un avait été nommé premier secrétaire en avril 2012, puis président du parti en mai 2016, le poste de secrétaire  […] Lire la suite

31 décembre 2019 Corée du Nord. Annonce de la fin du moratoire sur les essais nucléaires et balistiques.

Le président Kim Jong-un annonce la fin du moratoire sur les essais nucléaires et balistiques annoncé en avril 2018. En juin 2018, les présidents américain et nord-coréen s’étaient rencontrés à Singapour où ils avaient signé un document relatif à la dénucléarisation de la péninsule coréenne. En février et en juillet, les rencontres suivantes entre […] Lire la suite

Pour citer l’article

Valérie GELÉZEAU, Jin-Mieung LI, « CORÉE DU NORD », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/coree-du-nord/