CINQUIÈME RÉPUBLIQUELes années Sarkozy (2007-2012)

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Popularité en berne et mauvais résultats électoraux

Malgré des réformes rapidement mises en œuvre au début du quinquennat et une stratégie très dynamique, l'image de Nicolas Sarkozy, très bonne en août 2007 (69 p. 100 de satisfaits selon le baromètre I.F.O.P.-Le Journal du dimanche), se dégrade rapidement : il n'y a plus que 37 p. 100 de satisfaits en mars 2008, au moment des élections municipales. Le président regagne un peu de terrain à la fin de 2008, probablement en lien avec sa politique européenne et étrangère, ainsi qu'avec les initiatives rapides qu'il a prises pour faire face à la crise. Mais le répit est de courte durée, sa courbe de popularité baisse à nouveau au début de 2009, remonte à 45 p. 100 en août, puis chute à l'automne (36 p. 100 de bonnes opinions en novembre). Ce déficit d'image se poursuit pendant les deux dernières années de son mandat (autour de 30 p. 100 de satisfaits) et ne se redresse que très légèrement à la veille de l'élection de 2012 (34 p. 100 de satisfaits en décembre 2011, 36 p. 100 en avril 2012). Dans le même temps, tout au long du quinquennat, l'image de François Fillon est nettement plus positive (presque toujours plus de 50 p. 100 de satisfaits). Le volontarisme politique de Nicolas Sarkozy l'a certainement desservi : souvent en première ligne, il prend les coups à la place de son Premier ministre, inversant les rôles traditionnellement joués par les deux têtes de l'exécutif sous la Ve République. Acceptant un rôle de collaborateur au service de la stratégie présidentielle, François Fillon est maintenu à Matignon pendant tout le mandat du président, ce qui est une première depuis 1958. Nicolas Sarkozy envisage à l'automne de 2010 de le remplacer par Jean-Louis Borloo, personnalité à l'image plus centriste, mais cela supposait un recentrage politique que le président n'a pas souhaité.

Ce profond mécontentement populaire à l'égard du président explique assez largement les résultats des élections intermédiaires organisées durant le quinquennat. C'est particulièrement clair aux municipales et aux cantonales de mars 2008. La gauche gagne 37 communes de plus de 30 000 habitants (elle en dirige désormais 64 p. 100, contre 50 p. 100 en 2001). En métropole, elle préside 55 conseils généraux sur 96 (elle en présidait 48 en 2004). Le bilan est beaucoup plus honorable pour la majorité aux élections européennes de juin 2009, puisque les listes U.M.P.-Nouveau Centre obtiennent 27,9 p. 100 des suffrages (contre 16,6 p. 100 en 2004) ; ce résultat s'explique, d'une part, par la politique européenne du président, d'autre part, par le désaveu de la gauche socialiste, qui paie encore la crise de leadership consécutive au congrès de Reims de novembre 2008. Mais, avec les régionales de 2010, l'échec de la majorité dans les urnes est à nouveau patent. Les listes conduites par l'U.M.P. totalisent au premier tour 26,2 p. 100 des suffrages et 35,4 p. 100 au second, un score très faible lié à une démobilisation importante de l'électorat de droite. La gauche apparaît alors nettement majoritaire dans le pays. En métropole, la droite ne conserve que la région Alsace, les autres régions étant tenues par la gauche. Les cantonales de 2011 donnent des résultats semblables, la droite modérée tombant à son plus bas niveau à des élections départementales (31,8 p. 100) et le Front national bondissant à 15,7 p. 100. La gauche gère désormais 60 départements sur 101.

Cette évolution des collectivités territoriales a des effets sur la composition du Sénat qui, pour la première fois sous la Ve République, bascule à gauche en septembre 2011. La gauche, qui avait commencé de progresser lors des renouvellements (partiels) de 2004 et 2008, gagne encore 25 sièges en 2011, surtout en raison du renforcement de sa domination sur les communes. Cela lui donne une majorité de quelques sièges et permet l'élection, le 1er octobre, de Jean-Pierre Bel, sénateur de l'Ariège et président du groupe socialiste, comme président de la Haute Assemblée.

Alors que Nicolas Sarkozy souhaite se présenter en 2012 pour un second mandat présidentiel afin de défendre son bilan et de poursuivre les réformes qu'il estime nécessaires dans la tempête de la crise mondiale, il est donc confronté à un climat politique très défavorable. Il n'annonce officiellement sa candidature que tardivement, et fait une campagne très marquée à droite, en espérant, comme en 2007, séduire l'électorat frontiste. Le Parti socialiste désigne pour l'affronter [...]

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Nicolas Sarkozy, 16 mai 2007

Nicolas Sarkozy, 16 mai 2007
Crédits : Patrick Aventurier/ Gamma-Rapho/ Getty Images

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Nicolas Sarkozy clôture le Grenelle Environnement

Nicolas Sarkozy clôture le Grenelle Environnement
Crédits : Eric Feferberg/ AFP

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  • : professeur émérite de science politique à Sciences Po Grenoble, chercheur au laboratoire Pacte (UMR 5194, CNRS/ université Grenoble Alpes/Sciences Po Grenoble)

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Pierre BRÉCHON, « CINQUIÈME RÉPUBLIQUE - Les années Sarkozy (2007-2012) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cinquieme-republique-les-annees-sarkozy-2007-2012/