MACRON EMMANUEL (1977- )

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Secrétaire général adjoint de la présidence de la République de 2012 à 2014, puis ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique jusqu’à sa démission en août 2016, Emmanuel Macron est élu président de la République française le 7 mai 2017 à l’âge de trente-neuf ans. Un an auparavant, en avril 2016, il avait fondé le mouvement politique En Marche ! pour porter ses ambitions présidentielles. Son parcours professionnel qui l’a d’abord mené de la haute fonction publique à la banque d’affaires, son parcours politique singulier qui ne l’avait jamais confronté au suffrage universel avant l’élection présidentielle de 2017, son application constante à transgresser le clivage gauche-droite et sa jeunesse dans un monde politique vieillissant composent un profil atypique.

Emmanuel Macron

Photographie : Emmanuel Macron

Après avoir été ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls de 2014 à 2016, Emmanuel Macron est élu président de la République française le 7 mai 2017. 

Crédits : Aurelien Meunier/ Getty Images

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Né en 1977 à Amiens (Somme), d’un père professeur de neurologie au CHU et d’une mère médecin également, Emmanuel Macron poursuit sa scolarité au lycée La Providence, établissement catholique d'Amiens fondé par les jésuites, puis au lycée Henri-IV à Paris où il obtient un baccalauréat scientifique avec une mention très bien, après avoir été lauréat du concours général de français. Après deux échecs au concours d’entrée à l’École normale supérieure, il obtient une maîtrise, puis un DEA de philosophie à l'université de Paris-X-Nanterre. Durant cette période, il assiste le philosophe Paul Ricœur dans la rédaction de l'appareil critique de son livre La Mémoire, l’histoire, l’oubli, avant d’être diplômé, en 2001, de l'Institut d'études politiques de Paris. Admis à l’École nationale d’administration, il en sort en 2004 au cinquième rang, ce qui lui permet d’intégrer la prestigieuse Inspection générale des finances.

Alors qu’il fut un temps proche du Mouvement des citoyens (MDC) de Jean-Pierre Chevènement, votant pour ce dernier au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, Emmanuel Macron se tourne par la suite vers le Parti socialiste (PS). D’abord simple sympathisant, puis encarté de 2006 à 2009, il collabore notamment avec la fondation Jean-Jaurès et se rapproche des Gracques, un groupe informel de hauts fonctionnaires de sensibilité sociale-libérale, qui prônent, au cours de la campagne présidentielle de 2007, une alliance entre la candidate socialiste Ségolène Royal et les centristes de l’Union pour la démocratie française (UDF) emmenés par François Bayrou. Pour les élections législatives qui suivent, Emmanuel Macron tente d’obtenir l’investiture du PS dans une circonscription de Picardie, mais le vote des militants lui est défavorable. En août de la même année, il est nommé rapporteur adjoint de la Commission pour la libération de la croissance française – dite « commission Attali », du nom de celui qui la préside – créée par le président de la République nouvellement élu, Nicolas Sarkozy. Il y côtoie de nombreux grands patrons et, une fois le rapport achevé, en 2008, il décide de se mettre en disponibilité de la fonction publique pour devenir banquier d'affaires chez Rothschild & Cie.

Emmanuel Macron connaît une ascension rapide et remarquée au sein de cet établissement, jusqu’à être promu associé-gérant en 2010. En 2012, il pilote une transaction évaluée à neuf milliards d’euros (le rachat des laits infantiles Pfizer par Nestlé), très lucrative pour la banque et pour lui-même. Malgré ses succès dans le monde des affaires, Emmanuel Macron n’a pas renoncé à ses activités politiques. En 2010, il s’engage au côté de François Hollande et anime un cercle d’experts et d’économistes qui transmettent régulièrement leurs analyses au futur candidat. Si le « choc de compétitivité » prôné par ce groupe n’est finalement pas retenu dans le programme de François Hollande, ce dernier, après son élection à la présidence de la République, nomme Macron secrétaire général adjoint de l'Élysée.

Chargé du pôle économie et finances au sein du cabinet, Emmanuel Macron est l’un des artisans de deux mesures emblématiques de la politique favorable aux entreprises mise en œuvre pendant le quinquennat : le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, et le pacte de responsabilité et de solidarité. Déçu néanmoins de ne pas entrer dans le premier gouvernement de Manuel Valls, frustré que le Président choisisse de ne pas approfondir sa politique de l’offre et ses réformes libérales, Emmanuel Macron quitte l’Élysée en juin 2014. Mais en août, alors qu’il s’apprête à entamer un intermède professionnel dans l’enseignement, il est appelé au ministère de l’Économie pour remplacer Arnaud Montebourg, écarté du gouvernement. Dès décembre 2014, il propose un projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, aussitôt baptisée « loi Macron », qui vise à déréguler en partie le travail le dimanche, les professions réglementées (avec notamment la libéralisation du marché des autocars longue distance) et la vie des entreprises. La loi, qui rencontre de fortes oppositions à l’intérieur même de la majorité, est finalement adoptée en juillet 2015, non sans qu’il soit nécessaire de recourir à l’article 49.3 pour contourner des parlementaires rétifs.

Avec le lancement de son mouvement politique En Marche ! en avril 2016, Emmanuel Macron dévoile ses ambitions présidentielles et n’hésite pas à porter ses critiques contre les choix du gouvernement dont il démissionne en août. La ligne politique qu’il défend alors est cohérente avec ses orientations idéologiques de toujours : héritier parmi d’autres de la « deuxième gauche » longtemps incarnée par Michel Rocard – avec qui il entretenait d’étroites relations depuis 2005 –, inspiré par le social-libéralisme d’un Tony Blair ou d’un Gerhard Schröder, il est favorable à une économie de marché largement dérégulée. D’ailleurs, dès 2007, les responsables politiques de droite ne s’y étaient pas trompés, qui avaient sollicité Emmanuel Macron pour qu’il rejoigne un cabinet ministériel dans le gouvernement nouvellement formé par François Fillon. Et fort logiquement, En Marche !, qui se veut un mouvement transpartisan, est présenté par son fondateur comme n’étant ni de droite, ni de gauche.

En novembre 2016, Emmanuel Macron déclare sa candidature à l’élection présidentielle de 2017, sans passer par les primaires organisées par la gauche. Il arrive en tête du premier tour de cette élection le 23 avril et est élu président de la République française le 7 mai, face à Marine Le Pen, avec un peu plus de 66 p. 100 des suffrages exprimés.

(Pour en savoir plus sur son mandat, consulter : FRA [...]

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Pour citer l’article

Blaise MAGNIN, « MACRON EMMANUEL (1977- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/emmanuel-macron/