CHASSÉRIAU THÉODORE (1819-1856)

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Nymphe endormie, T. Chassériau

Nymphe endormie, T. Chassériau
Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

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Alexis de Tocqueville (1805-1859)

Alexis de Tocqueville (1805-1859)
Crédits : Istituto Geografico De Agostini

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Le siècle du peintre Théodore Chassériau a souvent lu dans son œuvre multiple la conciliation de tendances opposées. Élève d'Ingres, l'artiste aurait associé la couleur de Delacroix au dessin de son maître. Certains pourtant, comme Théophile Gautier, exégète fidèle et avisé, avaient saisi la singularité d'une sensibilité personnelle, ouverte aux « poètes de ces derniers temps » et proche des figures du Paris moderne, comme Lacordaire ou Tocqueville. Autour de la rétrospective consacrée à Chassériau en 2002, au Grand Palais à Paris, au musée des Beaux-Arts de Strasbourg, puis au Metropolitan Museum de New York, de nouvelles problématiques ont remodelé son image. Dans la perspective d'œuvres qu'il a fécondées, comme celle de Gustave Moreau, Chassériau paraît, au cœur de tensions esthétiques, le sourcier des ambiguïtés de son temps.

Né en 1819 à Saint-Domingue, où il vit jusqu'à l'âge de trois ans, Chassériau, talent précoce, entre dès 1830 dans l'atelier d'Ingres. Il restera profondément marqué par cet enseignement, dans sa maîtrise du dessin, dans l'importance accordée aux portraits, dans la pratique de la peinture monumentale, ou dans l'esprit de certaines compositions même tardives (La Défense des Gaules, 1855). L'artiste s'ouvre aussi, durant les années 1830, à la bohème romantique du Doyenné, où se retrouvent l'orientaliste Prosper Marilhat, dont il fera le portrait, Nerval ou Gautier. Le voyage de quelques mois que Chassériau effectue en Italie (1840-1841), bien connu par ses dessins, confirme la déférence vouée aux grands exemples, tout en forgeant son émancipation, à l'écart du cursus officiel puisqu'il n'a pas concouru pour le prix de Rome. La carrière du peintre est alors régie par la vie du Salon, au moment où ces expositions offrent régulièrement, au regard du public et de la critique, une galerie de l'art contemporain. Conscient « qu'un tableau qu'on expose se détache des autres pour l'originalité de son aspect », proche du monde du théâtre, l'artiste prépare ses effets, comme Esther se parant pour Assuérus, dans le tableau fameux de 184 [...]

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Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art contemporain à l'université des sciences humaines de Strasbourg

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Pour citer l’article

Christine PELTRE, « CHASSÉRIAU THÉODORE - (1819-1856) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/chasseriau-theodore-1819-1856/