BURKINA FASO

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Nom officielBurkina Faso (BF)
Chef de l'ÉtatRoch Marc Christian Kaboré (depuis le 29 décembre 2015)
Chef du gouvernementChristophe Dabiré (depuis le 24 janvier 2019)
CapitaleOuagadougou
Langue officiellefrançais
Unité monétairefranc CFA
Population21 488 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)274 222

Pays enclavé de l'ancienne Afrique-Occidentale française, le Burkina Faso, dont la superficie est de 274 000 kilomètres carrés, fait partie de l'espace soudano-sahélien. Situé à plusieurs centaines de kilomètres des débouchés maritimes que sont Abidjan (Côte d'Ivoire), Cotonou (Bénin), Lomé (Togo) et Accra (Ghana), il partage ses frontières avec ces quatre pays ainsi qu'avec le Mali et le Niger.

Burkina Faso : carte physique

Carte : Burkina Faso : carte physique

Carte physique du Burkina Faso. 

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Burkina Faso : drapeau

Dessin : Burkina Faso : drapeau

Burkina Faso (1984). Le drapeau de la Haute-Volta, qui datait de 1960, évoquait, par les couleurs de ses trois bandes horizontales, les rivières du pays : la Volta Noire, la Volta Blanche et la Volta Rouge. En changeant de nom, le pays a... 

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S’élevant à 14 millions lors du recensement de 2006, la population burkinabè se répartit en une soixantaine de groupes ethniques, généralement regroupés en deux grandes familles linguistiques : gur ou voltaïque, et mandé. Les Mossi en représentent plus de 50 p. 100, le reste se partageant entre Gourmantché, Bisa, Samo, Marka ou Dafing, Bobo, Dagari, Lobi, Sénoufo, Peuls et Touaregs (ces derniers occupant la partie septentrionale du pays). Le Burkina, au caractère très rural en dépit de l'accroissement rapide de la population urbaine, fait partie des quinze pays les plus pauvres du monde et 70 p. 100 de sa population sont analphabètes.

L'histoire politique contemporaine du Burkina Faso, appelé Haute-Volta jusqu'au 4 août 1984, est caractérisée par une profonde instabilité institutionnelle qui ne prend fin qu'avec le coup d'État du 15 octobre 1987 propulsant au pouvoir le capitaine Blaise Compaoré, qui restera chef de l'État pendant vingt-sept ans.

Géographie et économie

Enclavé en zone sahélienne, le territoire du Burkina Faso cumule a priori les handicaps d'une situation en partie héritée de tâtonnements coloniaux : considéré comme peu viable, mais aussi, et surtout, comme un réservoir de main-d'œuvre, il fut intégré de 1932 à 1947 aux colonies voisines de Côte d'Ivoire, du Soudan français (actuel Mali) et du Niger.

C'est un des pays les plus pauvres du monde : le revenu national brut (R.N.B.) par habitant est de 400 dollars U.S. (2005) et peine à se maintenir ; son indicateur de développement humain (0,317) le classe au 175e rang mondial ; on estime que 45 p. 100 de sa population vivent au-dessous du seuil de pauvreté. De façon générale, faute de moyens financiers et de ressources humaines, l'éducation et la santé sont trop peu valorisées : 53 p. 100 des enfants sont scolarisés dans le primaire ; le taux de mortalité infantile est de 93 p. 1000 ; l'espérance de vie à la naissance ne dépasse pas 46 ans (2005).

Les contraintes de l'enclavement

L'enclavement est le principal des handicaps auquel doit faire face le pays. Très dépendant des ports du golfe de Guinée pour son commerce extérieur, le Burkina Faso, dont le réseau routier bitumé est principalement constitué de routes connectées aux réseaux de ses voisins littoraux, doit sans cesse lutter pour réduire sa dépendance vis-à-vis d'un seul débouché. Depuis septembre 2002, la crise ivoirienne et la fermeture de la route d'Abidjan – ou, quand elle est ouverte, son insécurité et son coût devenu exorbitant – ont douloureusement rappelé cette importante nécessité. Les ports du Ghana, essentiellement Tema, mais aussi le port togolais de Lomé et, dans une moindre mesure, celui de Cotonou (Bénin), sont devenus des partenaires essentiels. L'engorgement de ces derniers, dont la capacité d'accueil cumulée n'atteint pas celle d'Abidjan, l'augmentation des coûts des transports routiers subissant l'augmentation des prix pétroliers et empruntant des routes plus longues et de moins bonne qualité que ne l'était le réseau ivoirien, font peser sur l'économie burkinabè une menace permanente.

Dans le même temps, et à une toute autre échelle, cette réorganisation des routes et des flux pourrait avoir des conséquences sur les dynamiques urbaines du pays : alors que Bobo-Dioulasso (dans le sud-ouest du pays) doit gérer les conséquences de la crise ivoirienne, des villes de l'est du pays, comme Fada N'gourma, espèrent tirer quelque avantage de leur situation d'étape nouvellement valorisée.

De fortes densités, une importante tradition migratoire

Le pays est peuplé de 13,2 millions d'habitants (2005) et connaît un taux de croissance démographique annuel soutenu de 3,1 p. 100, avec un taux de natalité de 48 p. 1000 et un taux de mortalité de 17 p. 1000. Cette population, rurale à 82 p. 100, est inégalement répartie sur l'ensemble du territoire. Alors que le pays mossi, dont la population représente encore aujourd'hui près de la moitié de la population burkinabè, connaît des densités très fortes, souvent supérieures à 80 hab./km2, le reste du pays est marqué par des densités plus faibles : l'ouest, sénoufo et bobo, est proche de la moyenne nationale (47 hab./km2) tandis que les régions orientales peul et gourmantché sont très en deçà.

Très fortement structuré depuis le xve siècle, le pays mossi est aussi une grande région d'émigration, notamment vers la Côte d'Ivoire, où l'on estimait en 1998 que vivaient plus de 2,2 millions de Burkinabè, représentant 15 p. 100 de la population ivoirienne. L'intensité et la passion qui caractérisent les relations entre les deux pays sont à l'aune de ce qu'ils représentent l'un pour l'autre : la condition nécessaire à la mise en valeur du territoire par une main-d'œuvre pionnière pour la Côte d'Ivoire ; une source de revenu vitale pour les Burkinabè et pour l'économie nationale en raison de l'importance des transferts effectués par les émigrés. À l'échelle nationale, les populations mossi ont aussi contribué à la colonisation et à la mise en valeur des terres du sud-ouest du pays, en y développant notamment cultures de coton et de maïs.

Les villes, dans ce pays majoritairement rural, jouent un rôle important dans la structuration du territoire : outre leurs fonctions administratives, elles constituent des carrefours et occupent des fonctions commerciales essentielles. Seules Ouagadougou (1,1 million d'habitants, selon l'estimation 2006 de l'Institut national de la statistique et de la démographie [I.N.S.D.]), Bobo-Dioulasso (410 500 habitants) et, dans une moindre mesure, Koudougou (82 500 habitants), sont à même, dans le secteur tertiaire et dans le secteur secondaire, d'offrir des emplois salariés... en nombre toutefois toujours très insuffisant : à Ouagadougou, seuls 20 p. 100 des emplois relèveraient du secteur « moderne ».

Milieux et environnements burkinabè

A [...]

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Burkina Faso : carte physique

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Burkina Faso : drapeau

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Burkina Faso : population et activités

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Écrit par :

  • : directeur de recherche émérite au C.N.R.S.
  • : directeur de recherche au C.N.R.S., à Sciences Po Bordeaux
  • : maître de conférences en géographie à l'université de Paris-X-Nanterre

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Pour citer l’article

Michel IZARD, René OTAYEK, Jean-Fabien STECK, « BURKINA FASO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/burkina-faso/