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ABIDJAN

Côte d'Ivoire : carte administrative

Côte d'Ivoire : carte administrative

Abidjan, qui compte 3,6 millions d'habitants (estimation 2005), est la plus grande ville de Côte d'Ivoire et l'une des plus grandes villes d'Afrique occidentale. Elle concentre fonctions économiques et politiques de premier plan – le transfert officiel de la capitale politique ivoirienne à Yamoussoukro en 1983 n'est toujours pas effectif –, même si sa situation est fortement remise en cause par les crises politiques que le pays traverse depuis 1999.

Création logistique coloniale dont le site fut choisi pour sa commodité, Abidjan a très vite concentré intérêts et investissements : en 1904, le premier rail est posé ; en 1927, un wharf est inauguré à Port-Bouët et, en 1950, le canal de Vridi est achevé, ouvrant aux infrastructures portuaires une vaste lagune. Port et ville commerciale de toute première importance dans le dispositif colonial de l'A.O.F., Abidjan devient capitale de la Côte d'Ivoire en 1934.

La structure de la ville originelle est alors relativement simple : ville blanche du Plateau, sur un site ventilé conforme aux impératifs de la salubrité coloniale, villes indigènes de Treichville au sud et Adjamé au nord. Les coupures entre la première et les autres sont nettes : lagune d'un côté, et camps militaires de l'autre... L'extension de la ville se fait ensuite le long des infrastructures portuaires qui se développent sur l'île de Petit-Bassam, au sud-est de Treichville, puis au fur et à mesure de la croissance de la population urbaine, sur les plateaux qui s'étendent au nord (Abobo), à l'ouest (Yopougon) et à l'est (Cocody-Riviera).

L'Abidjan contemporain est le résultat, assumé par le pouvoir de l'ancien président Houphouët-Boigny, de la volonté de faire de la Côte d'Ivoire un État modèle et de sa capitale une vitrine sans équivalent sur le continent. Ainsi, sans que soient reniées ses fonctions logistiques – fondement de sa puissance – et industrielles, une attention toute particulière a été apportée à la modernité du quartier du Plateau, qui concentre en ses buildings toutes les fonctions métropolitaines de la ville (administrations centrales, banques, sièges sociaux...). Les années 1960-1970 furent aussi celles de la mise en place d'un autre projet urbain, capable celui-là de gérer – en fait très partiellement – l'importante croissance de la capitale ivoirienne en développant aux marges de la ville, à Yopougon, un véritable urbanisme de « ville nouvelle », associant habitats et emplois destinés en grande partie à la satisfaction des classes moyennes. Étendue et fragmentée par la lagune Ébrié, la ville est toutefois restée marquée par la faiblesse des liaisons intra-urbaines, illustration des limites des ambitions urbanistiques.

Abidjan a subi de plein fouet deux grandes crises qui ont remis en cause ce modèle. La première fut la crise économique de la fin des années 1970. Obligées de réduire leurs dépenses, les autorités n'ont plus disposé pour Abidjan des moyens de leurs ambitions et leur intervention dans la construction de la ville s'est faite plus discrète. Dans le même temps, la ville s'est paupérisée, notamment par le déclassement des classes moyennes qui commençaient à émerger. Alors que sa population a continué de croître à un rythme soutenu (4,8 p. 100 par an de 1988 à 1998), l'économie abidjanaise n'a plus guère offert de débouchés, sauf dans l'informel : un solde migratoire négatif a même été enregistré fin 1980-début 1990.

La seconde, indissociable de la première, est la crise politique des années 2000 : jusqu'alors, Abidjan avait réussi à conserver un statut métropolitain peu contesté. L'instabilité durable dans laquelle s'est installé le pays en a eu raison, malgré les efforts des autorités locales et gouvernementales pour dissocier l'image du Plateau et du port[...]

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Écrit par

  • : maître de conférences en géographie à l'université de Paris-X-Nanterre

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Côte d'Ivoire : carte administrative

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Autres références

  • CÔTE D'IVOIRE

    • Écrit par Richard BANÉGAS, Universalis, Jean-Fabien STECK
    • 13 572 mots
    • 6 médias
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