BURKINA FASO

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Nom officielBurkina Faso (BF)
Chef de l'ÉtatRoch Marc Christian Kaboré (depuis le 29 décembre 2015)
Chef du gouvernementChristophe Dabiré (depuis le 24 janvier 2019)
CapitaleOuagadougou
Langue officiellefrançais
Unité monétairefranc CFA
Population21 488 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)270 764

Évolution politique depuis l'indépendance

Difficiles lendemains d'indépendance

La Haute-Volta accède à l'indépendance le 5 août 1960, à l'issue d'un processus graduel commun à toutes les colonies françaises d'Afrique, hormis la Guinée. Le pays connaît ensuite une évolution particulièrement chaotique, marquée par une succession de régimes civils et militaires plus ou moins autoritaires, qui ne prendra fin qu'en 1987.

1960-1966 : Maurice Yaméogo ou la dérive autoritaire

Premier président de la République de Haute-Volta après avoir été Premier ministre pendant la période transitoire, Maurice Yaméogo engage rapidement le régime dans une spirale autoritaire, voire autocratique. Son parti, le Rassemblement démocratique africain (R.D.A.), est érigé en parti unique et les libertés publiques sont gravement mises en cause. Lâché par ses principaux soutiens que sont la chefferie mossi et l'Église catholique, dont il est issu, Maurice Yaméogo doit également faire face à la fronde des syndicats, très puissants en milieu urbain salarié notamment, suite à l'aggravation de la situation économique et financière. À la fin de 1965, l'annonce d'un plan d'austérité cristallise toutes les oppositions et jette dans la rue des milliers de manifestants. Arbitre de la situation, l'armée se saisit d'un pouvoir qui était à prendre.

1966-1980 : l'autoritarisme « débonnaire » du général Lamizana

Cette prise de pouvoir précipite la Haute-Volta dans un cycle de profonde instabilité politique et institutionnelle, marqué par une alternance de régimes militaires et civils, sous la houlette de Sangoulé Lamizana. Si la nature du pouvoir est fondamentalement autoritaire tout au long de cette période, son intensité n'en est pas moins variable selon le type de gouvernement et elle n'atteindra jamais le niveau communément observé en Afrique à la même époque. Cette singularité politique justifie le qualificatif de « débonnaire » qui s'attache à l'autoritarisme du général Lamizana.

Sangoulé Lamizana

Photographie : Sangoulé Lamizana

Sangoulé Lamizana, président de la République de Haute-Volta (aujourd'hui Burkina Faso), de 1966 à 1980. 

Crédits : Hulton Getty

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L'objectif premier du nouveau régime vise l'assainissement des finances publiques, mises à mal par la désastreuse gestion de Maurice Yaméogo. L'étape suivante consistera à libéraliser la vie politique, en autorisant de nouveau les partis politiques, en dotant le pays d'une nouvelle Constitution adoptée par référendum le 14 juin 1970 et en organisant des élections législatives à la représentation proportionnelle le 20 décembre suivant. Avec la mise en place de ce régime multipartiste, la Haute-Volta fait alors figure d'exception dans une Afrique massivement vouée aux régimes de parti unique. Mieux encore, conformément à ses engagements, Sangoulé Lamizana entreprend de rendre le pouvoir aux civils, du moins en partie, dans la mesure où la Constitution dispose que, pendant les quatre premières années, la magistrature suprême sera réservée au militaire le plus ancien dans le grade le plus élevé – c'est-à-dire lui-même – et que les militaires s'attribueront un tiers des portefeuilles ministériels. Mais les jeux politiciens, et notamment les dissensions au sein du parti majoritaire, l'Union démocratique voltaïque-R.D.A., auront rapidement raison de cette première parenthèse civile. Face au blocage de la situation politique, Sangoulé Lamizana met fin à l'expérience démocratique le 8 février 1974 (dissolution de l'Assemblée nationale, interdiction des partis, suspension de la Constitution).

La mise en place d'un gouvernement militaire dit « de renouveau national » n'apporte cependant pas la stabilité attendue. D'autant que la décision du général Lamizana de créer un parti unique, le Mouvement national pour le renouveau (M.N.R.), suscite l'opposition des syndicats dont le mot d'ordre de grève générale les 17 et 18 décembre 1975 contraint le pouvoir à de substantielles concessions, dont l'annonce du retour, dans les trois ans, à une vie constitutionnelle normale. Cette victoire confirmera la capacité des syndicats voltaïques à s'opposer à l'autoritarisme politique, chose rare elle aussi en Afrique, où la règle voulait que les syndicats soient une simple « courroie de transmission » du parti unique.

Le général Lamizana tient parole pour la seconde fois. L'adoption par référendum d'une nouvelle Constitution le 27 novembre 1977 consacre l'avènement de la IIIe République. Une élection présidentielle pluraliste permet ensuite au g [...]

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Burkina Faso : carte physique

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Burkina Faso : drapeau
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Burkina Faso : population et activités

Burkina Faso : population et activités
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Écrit par :

  • : directeur de recherche émérite au C.N.R.S.
  • : directeur de recherche au C.N.R.S., à Sciences Po Bordeaux
  • : maître de conférences en géographie à l'université de Paris-X-Nanterre

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Pour citer l’article

Michel IZARD, René OTAYEK, Jean-Fabien STECK, « BURKINA FASO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/burkina-faso/