LOMÉ

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

carte : Togo : carte administrative

Togo : carte administrative

Carte administrative du Togo. 

Afficher

Avec 1 million d'habitants en 2005, Lomé est de très loin la première ville du Togo dont elle est la capitale politique. Sur un site lagunaire occupé par des villages d'agriculteurs éwé, Lomé a été créée en 1874 par des commerçants africains, britanniques et allemands. Ce sont ces derniers qui ont demandé et obtenu la mise en place d'un protectorat allemand en 1884, dont Lomé devint la capitale en 1897. Le pouvoir colonial allemand a développé un vaste quartier administratif à côté de la ville commerçante centré sur le Grand Marché (encore aujourd'hui plaque tournante régionale du commerce de pagnes), ce double noyau originel est toujours en place.

En 1920, le Togoland fut partagé entre Français et Britanniques, Lomé devint une ville frontière et la capitale d'une colonie française. Les Français développèrent les équipements (voies ferrées, wharf, axes routiers...) et entérinèrent la puissance des chefs éwé et des commerçants mina, grands propriétaires fonciers et influents dans les divers « conseils » municipaux de la période coloniale.

La ville a ensuite connu une croissance spatiale disproportionnée par rapport à sa croissance démographique du fait de l'absence de densification en hauteur. Dès les années 1950, elle s'est étendue, par-delà la lagune, sur le plateau de Tokoin. Après l'indépendance, en 1960, et durant une vingtaine d'années, la croissance démographique se maintint au rythme de 7,5 p. 100 par an (et la population s'est diversifiée du fait de la venue de migrants du nord du pays). L'étalement urbain fut d'autant plus rapide que les réserves foncières publiques se multiplièrent (université, palais présidentiel de Lomé II, terrains militaires et aéroport). Si la ville est bloquée vers l'ouest par la frontière et vers l'est par la zone portuaire (délimitée après la construction du port en eau profonde en 1969), elle s'étale vers le nord jusqu'à 20 kilomètres de la mer.

Sur le plan économique, la zone franche industrielle et portuaire, créée en 1989, pourrait profiter de sa situation favorable au carrefour du débouché maritime pour les États enclavés d'Afrique de l'Ouest et de l'axe côtier reliant le Nigeria et la Côte d'Ivoire. Mais les violences politiques qui ont affecté Lomé depuis 1990 l'ont laissée dans une situation de crise grave : ampleur de l'économie non légale, corruption, faible taux d'emploi, manque d'équipements et problèmes sanitaires dans un contexte de croissance démographique toujours forte.

—  Philippe GERVAIS-LAMBONY

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  LOMÉ  » est également traité dans :

TOGO

  • Écrit par 
  • Jean DU BOIS DE GAUDUSSON, 
  • Philippe GERVAIS-LAMBONY, 
  • Agnès LAINÉ, 
  • Francis SIMONIS
  •  • 6 352 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Les déséquilibres de l'espace togolais »  : […] Dans ce cadre se répartissent une quarantaine d'ethnies, mais deux foyers de peuplement denses se distinguent. Le pays Kabyè, dans le nord du pays, fut un territoire refuge pour l'ethnie du même nom qui y a développé une agriculture intensive sur les versants. Les Kabyè (groupe Kabyè-Tem) pèsent pour près de 30 p. 100 de la population nationale (selon le recensement de 2010). Au sud, le foyer Éwé […] Lire la suite

Les derniers événements

15 avril 2021 France – Côte d'Ivoire. Procès du bombardement de la base militaire de Bouaké.

La cour s’interroge sur les raisons qui ont empêché les autorités françaises de répondre à la proposition de Lomé de leur livrer le mercenaire biélorusse arrêté au Togo quelques jours après le bombardement. […] Lire la suite

26 février 2021 France. Refus de la procédure de plaider-coupable défendue par Vincent Bolloré dans une affaire de corruption au Togo.

Ceux-ci sont mis en examen pour « corruption active d’un agent public étranger » et « abus de confiance » dans l’affaire des services rendus en 2009 et 2010 au président togolais Faure Gnassingbé par Euro RSCG – aujourd’hui Havas –, filiale de Bolloré, en échange de concessions portuaires à Lomé. La CRPC est une procédure de plaider-coupable qui permet d’éviter un procès. […] Lire la suite

25 avril 2018 France. Mise en examen de Vincent Bolloré.

Les chefs d’État de ces deux pays, respectivement Faure Gnassingbé et Alpha Condé, sont présumés avoir favorisé les intérêts du groupe Bolloré dans le développement de ses activités logistiques à Lomé et Conakry après avoir bénéficié de services sous-facturés par l’agence Havas – alors propriété du groupe Bolloré – lors de leurs campagnes électorales de 2010. […] Lire la suite

22-26 avril 2005 Togo. Élection contestée de Fauré Gnassingbé à la présidence

Le 26, après la proclamation des résultats, les partisans de l'opposition manifestent dans les rues de Lomé, dénonçant des fraudes massives et critiquant la position de la France qui juge les conditions de déroulement du scrutin « globalement satisfaisantes ». La communauté nigérienne est également la cible de violences. Des affrontements meurtriers se poursuivent le lendemain entre les opposants et l'armée. […] Lire la suite

5-25 février 2005 Togo. Tentative de coup d'État et succession contestée du président Gnassingbé Eyadéma

Le 12, à Lomé, des affrontements meurtriers ont lieu entre des opposants, qui bravent l'interdiction de manifester durant la période de deuil national, et les forces de l'ordre. Le 17, le président nigérian Olusegun Obasanjo, en tant que président en exercice de l'Union africaine, tente une médiation, demandant à Fauré Gnassingbé de respecter la Constitution togolaise. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Philippe GERVAIS-LAMBONY, « LOMÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/lome/