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ANIMAUX MODES D'ALIMENTATION DES

La diversité des modalités alimentaires que l'on rencontre chez les animaux est bien illustrée par la coexistence de deux terminologies parallèles, l'une latine (-vore de vorare) et l'autre grecque (-phage, de phagein), qui définissent leurs comportements alimentaires. Un troisième suffixe, -trophe (du grec trophê, nourriture), a un sens plus général relatif à la nutrition et s'applique à l'ensemble des êtres vivants.

À partir de la nature de l'aliment qu'ils utilisent (c'est-à-dire de leur régime alimentaire), on peut distinguer des animaux carnivores (ou zoophages), qui se nourrissent de la chair ou des fluides d'autres animaux, des herbivores (phytophages), qui consomment uniquement des végétaux, des détritivores (saprophages), qui s'alimentent de matières organiques en décomposition, présentes dans le sol ou à sa surface, et enfin des omnivores, qui consomment toutes les catégories de matières organiques.

Cette classification ne prend pas en compte les mécanismes utilisés par les animaux pour se procurer leur nourriture, à partir desquels une autre classification est possible. On distingue alors une alimentation sous forme d'ingestion de particules (phagotrophes) et une autre sous forme d'absorption de liquides ou de substances dissoutes (osmotrophes).

Chez les phagotrophes, selon les tailles respectives des animaux et de leurs aliments, on distingue des microphages et des macrophages : les premiers ingèrent des particules alimentaires de petite taille par rapport à la leur (ainsi, les baleines comme les moules se retrouveront dans cette catégorie) ; les seconds ingèrent des particules alimentaires solides de taille relativement grande par rapport à la leur.

On appelle animaux osmotrophes au sens strict ceux qui absorbent les nutriments directement à travers leurs téguments (nombreux parasites, Invertébrés aquatiques) ; on peut rapprocher de ceux-ci les animaux buveurs de liquides (nectar, sève, lait, sang...).

On nomme limivores des animaux consommateurs de matière organique plus ou moins décomposée et incorporée au substrat (sol, sable ou vase) qui, selon les auteurs, sont considérés comme micro- ou macrophages.

La microphagie

Chez les suspensivores

Ce type de microphagie nécessite la mise en œuvre de deux mécanismes. D'une part, la formation d'un courant d'eau pour attirer les aliments vers l'orifice buccal par le déplacement de l'animal ou par le battement de cils, flagelles, appendices, tentacules... D'autre part, la filtration de l'eau à l'aide d'un appareil spécialisé pour retenir les particules consommables. La sécrétion de mucus permet d'agglomérer les particules piégées et joue donc un rôle essentiel. Plusieurs types de courants sont à distinguer.

Courant flagellaire (Spongiaires) : le corps des éponges est traversé en permanence par un courant d'eau provoqué par le battement des flagelles des cellules dénommées choanocytes. Ceux-ci capturent les particules alimentaires et les phagocytent ; l'eau est ensuite évacuée vers l'extérieur par un « oscule ».

Courant ciliaire (Lamellibranches) : les Lamellibranches se singularisent, au sein des Mollusques, par l'hypertrophie de leur cavité palléale et de leur appareil branchial. Une paire de branchies (cténidies) est appendue dorso-ventralement dans la cavite palléale. Ces branchies ont un rôle respiratoire et nutritionnel. Les cils branchiaux créent des courants d'eau qui permettent de piéger les particules en suspension dans les mailles du filtre branchial. Au cours de ce transit, elles sont agglutinées par des sécrétions muqueuses ; les aliments enrobés sont dirigés vers les sillons nourriciers de chaque filament, puis en direction des palpes labiaux et de la bouche. La microphagie avec utilisation de panaches tentaculaires est aussi très répandue chez les Invertébrés aquatiques[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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