Il est admis, depuis Le Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde, que « la nature imite l'art ». Pourtant, le touriste qui s'extasie devant le paysage des collines toscanes, plantées de cyprès et de myrtes, parce qu'il lui rappelle l'arrière-plan des portraits florentins du xve siècle, pense-t-il que ces arbres, ces bosquets ont été savamment cultivés par des générations d'amateurs, le plus souvent anglo-saxons, soucieux de faire ressembler leurs domaines aux peintures de leurs collections ? Voir aujourd'hui la Toscane, c'est accepter d'avoir devant les yeux un « écran » : le pays est indissociable du regard esthétique porté sur lui depuis des siècles.
Écran que l'on retrouve quand on veut tenter de comprendre ce qui explique ce paysage d'histoire et de culture. Comment ne pas le voir à travers l'art ? Les fresques d'Ambrogio Lorenzetti qui évoquent Sienne plus qu'elles ne la représentent fixent l'image que l'on se fait de cette ville au sommet de sa gloire, dans la première moitié du xive siècle. L'imagination romantique s'est emparée de la silhouette du Palazzo Vecchio à l'ombre de laquelle se joue le Lorenzaccio d'A […]
