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RUINES, esthétique

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Paysage fantastique avec cascade et pont, P. Bril

L'attitude psychologique d'où naît le goût des ruines se révèle assez tard dans le monde occidental, alors qu'elle existait depuis longtemps chez les Orientaux. On ne saurait en trouver une meilleure analyse que dans In-ei raisun (Éloge de l'ombre) du romancier japonais contemporain Tanizaki (cf. l'article de Jacqueline Pigeot dans la revue Critique, février 1971). La civilisation occidentale et la civilisation japonaise, dit Tanizaki, sont placées sous des signes contraires : la première, sous le signe de la lumière ; la seconde, sous le signe de l'ombre. Les Occidentaux aiment tout ce qui brille, les cristaux étincelants, les édifices à l'état de conservation parfaite (le ravalement des façades de Paris, auxquelles on a ôté ainsi la patine du temps, en est un exemple). Lorsque les Japonais importaient l'argenterie occidentale, ils ne la polissaient pas, car ils l'aimaient ternie. Tanizaki emploie à ce propos le mot sabi, l'un des mots clés du vocabulaire esthétique japonais. Ce mot, dont le sens premier est la dégradation des choses sous l'action du temps, la « rouille », désigne, au sens figuré (le seul d'usage courant), une atmosphère calme, mélancolique et subtile, où l'on sent que le temps a fait son œuvre sur les choses (mousse sur les pierres, oxydation des métaux), et où l'homme goûte à la fois la beauté des choses et la tristesse de leur altération, ces deux sentiments se renforçant l'un l'autre et se fondant l'un en l'autre. Tanizaki est très explicite à ce sujet : « Toujours est-il que dans la beauté raffinée où nous nous complaisons, il entre indéniablement des éléments sales, antihygiéniques. Les Orientaux mettent leur soin à conserver la crasse » ; ils aiment sur les objets « le reflet de la macule des doigts ». Le mot chinois shouze (trace des doigts) comme le mot japonais nare désignent cette patine que laisse au long des années la main de l'homme en touchant, en caressant doucement un objet qu'elle imprime naturellement de graisse, autrement dit «  […]

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BERCHEM ou BERGHEM NICOLAES PIETERSZ (1620-1683)

Écrit par :  Françoise HEILBRUN

… *Né à Haarlem, Nicolaes Berchem devient membre de la guilde de cette ville en 1642. Il meurt à Amsterdam où il s'était fixé depuis 1677. Il est un des peintres italianisants de la deuxième génération, celle de Both et d'Asselyn, de dix ans ses aînés. Comme ces derniers, il est allé très probablement en Italie, une première fois entre les années 1643… Lire la suite
DÉCADENCE

Écrit par :  Bernard VALADE

Dans le chapitre "La contemplation des ruines"  : …  histoire et éternité. Cette civilisation, qui se sent et se sait vulnérable, a la hantise des *ruines. Soigneusement néo-classiques, « elles jettent, écrit F. Furet, leur note de tristesse apprivoisée dans les parcs des châteaux aristocratiques ». Mais elles ne sont pas seulement un élément du décor ; elles cessent précisément au xviiiLire la suite
DUPÉRAC ÉTIENNE (1530 env.-1604)

Écrit par :  Claude MIGNOT

… *Né à Paris, ou à Bordeaux, Étienne Dupérac part sans doute très jeune en Italie, où il va réaliser un œuvre gravé dont le catalogue comprend plus de cent vingt-deux numéros. Il débute à Venise, à une date mal déterminée, gravant une série de paysages proches de ceux des aquafortistes véronais (Battista d'Angolo del Moro, Battista Fontana). Vers… Lire la suite
GIRTIN THOMAS (1775-1802)

Écrit par :  Pierre GEORGEL

… *Formé auprès de l'aquarelliste Edward Dayes, dont l'œuvre est bien représentatif de l'agréable tradition topographique du xviiie siècle, le peintre anglais Thomas Girtin va révolutionner cette dernière. Vers la même époque, en copiant et en coloriant des gravures d'après Rubens, le Canaletto, Richard Wilson, John Robert Cozens,… Lire la suite
MONSÙ DESIDERIO (1re moitié XVIIe s.)

Écrit par :  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

… *On attribuait à un certain Monsù Desiderio un ensemble de tableaux représentant des paysages, des architectures imaginaires animées de figures fantomatiques — dont on savait, par des signatures ou des inscriptions au dos des toiles et par le témoignage de De Dominici, que l'auteur avait vécu à Naples dans la première moitié du xviieLire la suite
PIRANÈSE (1720-1778)

Écrit par :  Sylvia PRESSOUYRE

Dans le chapitre "Le graveur des antiquités romaines"  : …  le passé. Cependant, dès 1744, les Capricci, d'un « métier blond », sensible et brillant, *trahissaient un sentiment nouveau des ruines pittoresques, inspiré sans doute des Inventions de Jean-Laurent Legeay, pensionnaire à l'Académie de France depuis 1738 et dont l'action devait être déterminante sur les jeunes générations d'… Lire la suite
PITTORESQUE, art et esthétique

Écrit par :  Monique MOSSER

… *Si le mot pittoresque (de l'italien pittoresco) apparaît en France en 1708 (il ne fut admis par l'Académie qu'en 1732), il qualifie à l'origine « une composition dont le coup d'œil fait un grand effet », c'est-à-dire qui répond aux canons de l'harmonie classique (abbé Du Bos, Réflexions critiques sur la poésie et la peinture, 1719… Lire la suite
RESTAURATION, art

Écrit par :  Colette DI MATTEOPiero GAZZOLA

Dans le chapitre "La restauration en architecture"  : …  du Panthéon, où Bernin effectua des travaux qui modifièrent de façon sensible son aspect originel. *Au xviiie siècle se développa un goût esthétique et intellectuel, déjà présent dans la seconde moitié du xviie siècle, pour les « ruines » ; cela ne signifiait pas que l'on commençât à avoir à cœur de les… Lire la suite
RICCI MARCO (1676-1729)

Écrit par :  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

… *Parallèlement aux « védutistes » du xviiie siècle, Marco Ricci, neveu de Sebastiano, donne son autonomie au paysage vénitien. Il trouve une source d'inspiration à Venise, dans l'œuvre de Titien et dans les gravures de Campagnola, mais surtout hors de Venise, chez Micco Spadaro, Salvator Rosa et même Claude Lorrain. Magnasco lui… Lire la suite
ROBERT HUBERT (1733-1808)

Écrit par :  Georges BRUNEL

… *Artiste qui est à coup sûr l'un des principaux protagonistes du renouveau général de la peinture de paysage qui marque en France la seconde moitié du xviiie siècle. Hubert Robert se forma au cours d'un long séjour en Italie (1754-1765). L'intérêt pour la peinture de Claude Lorrain, qui se manifestait déjà chez un Joseph Vernet… Lire la suite
VÉDUTISTES

Écrit par :  Giuliano BRIGANTI

Dans le chapitre "Le rôle des Nordiques italianisés"  : …  dans ces paysages si nouveaux pour eux quelque chose qui irait au-delà de la simple règle formelle. *Ruines vues en tant que ruines, et non plus comme modèles capables de fournir un stimulant pour la renaissance des arts, mais comme des éléments essentiels du paysage romain. Il est logique que cette attitude réaliste, attentive et curieuse, née d'un… Lire la suite

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