Grande comme plus de quatre fois la France et richement dotée en ressources minières, la République démocratique du Congo (R.D.C.) – qui s'appela Zaïre de 1965 à mai 1997 – compte pourtant parmi les pays les moins avancés de la planète. La désagrégation des structures économiques formelles et la crise du contrôle politique autoritaire postcolonial l'éloignent de plus en plus des voies reconnues du développement, rendant précaires les conditions de vie des populations. Pourtant, dans son apparent chaos, cette société invente des modes de régulation sociale adaptés au contexte de rareté et de misère qui y prévaut et qui, faute de mener à une modernisation de type occidental, permet la survie des habitants.
À cheval sur l'équateur, s'étendant dans le vaste bassin du fleuve dont il a repris le nom et n'accédant à l'océan Atlantique que par une étroite façade maritime de 50 kilomètres, la R.D.C. est située au centre du continent africain et partage ses frontières avec neuf pays : à l'ouest, le Congo ; au nord, la République centrafricaine et le Soudan ; à l'est, l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie ; au sud, la Zambie et l'Angola.
Sur cet espace vivaient différentes sociétés, principalement Kongo, Kwangu-Kwilu, Luba, Bwaka et Azandé. Elles étaient organisées en royaumes indépendants. Elles se retrouvèrent englobées dans une entité coloniale après que l'implantation de comptoirs commerciaux installés sur le fleuve à partir de 1876 par l'Association internationale du Congo, propriété personnelle du roi Léopold II de Belgique, eut abouti à la reconnaissance internationale en 1885. En échange de la liberté du commerce dans le bassin conventionnel du fleuve, les puissances européennes acceptaient la constitution de l'État libre du Congo, correspondant à un territoire dont le roi Léopold devint le chef. Lors de la négociation, le Portugal obtint le maintien de ses positions sur les côtes de l'Atlantique, tandis que la France se voyait confirmer sa très récente installation sur la rive droite du Congo.
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