3. Problèmes de la décolonisation
La première tâche est de repérer les principaux mouvements que connut le pays durant cette période. Si l'année 1960, date de l'accession du Congo à l'indépendance, constitue évidemment une charnière importante, il reste nécessaire de découvrir les mouvements et les tendances sous-jacentes qui conduisirent le pays à l'indépendance, et ensuite les grandes lignes de l'évolution du Congo indépendant.
• L'apogée de la colonisation belge (1944-1955)
Les conséquences de l'effort de guerre
À la fin de l'effort de guerre, une série de crises ébranlèrent le système colonial belge : mutinerie de la Force publique à Luluabourg et au Kasaï en février 1944, où l'un des chefs de la révolte, Karamushi, proclamait la fin de « Boula Matari », révoltes dans la région de Masisi en mars, grève et émeutes à Matadi les 25 et 26 novembre 1945 ; chaque fois, la répression faisait de nombreux morts.
La contestation anticoloniale se manifesta également, mais de manière plus organisée et non violente, dans d'autres couches de la population par des revendications d'ordres professionnel et social. Les « évolués », dont la fidélité aux colonisateurs n'avait pas été ébranlée pendant les crises de 1944-1945, réclamèrent, sinon l'égalité, du moins un statut amélioré. À Luluabourg, les « évolués », en mars 1944, adressèrent un mémoire au commissaire de district dans lequel ils formulaient des revendications à caractère politique : reconnaissance d'une classe d'« évolués » qui aurait périodiquement l'occasion de traduire, auprès du gouvernement, l'opinion publique indigène et qui jouirait d'un traitement de faveur la différenciant des « sauvages de la brousse ». Dès cette époque, on voyait donc nettement apparaître la dualité des formes de protestation parmi la société colonisée : violentes et radicales chez les ouvriers, les soldats et les paysans ; timorées et de classe chez les « évolués ».
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