5. Une transition démocratique détournée
L'effondrement du bloc de l'Est est ressenti comme une menace par le président Mobutu qui entretenait des relations privilégiées avec Ceauşescu. En même temps, l'intérêt stratégique du Zaïre diminue aux yeux de ses alliés occidentaux, en particulier des Américains. La vague de contestation qui s'étend alors en Afrique n'épargne pas le pays. En 1990, sur fond de crise économique et sociale, les principaux vecteurs de la contestation ne sont pas les organisations partisanes mais les étudiants et l'Église catholique. Durant cinq années se déroule un processus confus qui n'aboutit pas à un changement significatif et voit le maintien de Mobutu au pouvoir.
• De la « consultation des forces vives » à la fin de la conférence nationale (14 janv. 1990-5 déc. 1992)
Devant l'augmentation des pressions en faveur d'un changement, le président Mobutu prend l'initiative. Le 14 janvier 1990, il annonce son intention de visiter le pays pour entendre les doléances et prévoit une session spéciale du comité central du M.P.R. Son discours du 24 avril suivant annonce la fin de la IIe République et le début de la IIIe ainsi qu'un multipartisme limité à trois partis. L'effervescence qui a gagné le pays prend un tour dramatique avec le massacre d'étudiants par des militaires le 11 mai 1990 à Lubumbashi. L'impact de l'événement s'étend à l'extérieur du pays, entraîne l'interruption de la coopération belge et fait perdre au président le contrôle du processus de réformes. Au milieu des grèves et d'une impopularité croissante, le multipartisme intégral est annoncé le 6 octobre 1990. Le 11 avril 1991, après avoir longtemps résisté, le président Mobutu signe les ordonnances convoquant la Conférence nationale qu'exige le noyau dur de l'opposition mené par Tshisekedi. De nouvelles tractations au cours desquelles se forme l'Union sacrée de l'opposition radicale aboutissent à l'ouverture officielle de la conférence le 7 août 1991.
Tandis que les débats sont dominés par la question de la composition de l'assemblée, des émeutes éclatent en septembre et en octobre 1991 à Kinshasa et la conférence est suspendue j […]
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