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RÉPUBLIQUE

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Du fronton de nos monuments aux chapitres de nos manuels de droit et d'histoire, la familiarité que nous entretenons avec la notion de république nous renvoie à une polysémie et à des enjeux historiques où celle-ci endosse, tour à tour, le rôle d'une catégorie d'analyse et celui d'étendard de la forme moderne de la politique.

La république (res publica, la « chose publique » des Romains) désigne, dans la philosophie antique et particulièrement dans la Politique d'Aristote (ive siècle av. J.-C.), la participation d'un plus ou moins grand nombre de citoyens aux débats et aux processus de désignation et de décision qui concernent la cité. Les citoyens, entendus ici comme des magistrats – selon Aristote, un « citoyen au sens absolu ne se définit par aucun autre caractère plus adéquat que par la participation aux fonctions judiciaires et aux fonctions publiques en général » (Politique, III, 1) –, peuvent donc, par leur statut et leur activité, signifier la présence d'une démocratie, mais aussi dans certains cas d'une aristocratie. Seule la monarchie n'implique pas la république. La philosophie antique distinguait trois types de régime politique : la monarchie ou le pouvoir d'un seul ; l'aristocratie ou le pouvoir des meilleurs et la démocratie ou le pouvoir du plus grand nombre des citoyens. À partir de la fin du Moyen Âge, le terme de république servira souvent à désigner ces deux derniers régimes. Cette typologie qui caractérise les États à partir du nombre d'individus exerçant la souveraineté doit être rapportée, pour être pleinement comprise, à l'ordre juridique et social du pays considéré (Hans Kelsen, Théorie générale du droit et de l'État, 1928). De l'Antiquité jusqu'au xviiie siècle, elle ne cessera donc d'être associée à la définition de catégories du droit et de la philosophie.

1.  La république et la représentation du peuple

Avant la Révolution française, la notion renvoie, chez les philosophes des Lumières, notamment dans l'œuvre de Jean-Jacques Rousseau (Du contrat soci […]

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