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YUEFU [YUE-FOU]

L'héritage formel

Dans certains yuefu des Han, d'une structure déroutante, se juxtaposent ou s'entrecroisent des motifs divers, à la manière de nos pots-pourris. La musique y était souveraine et autorisait les combinaisons les plus illogiques de refrains ou de chansons fragmentaires. Comme nos trouvères, les musiciens de la cour des Han ont ressassé les mêmes figures, polissant et repolissant un fonds de formules où les poètes puiseront largement. Peut-être est-ce en grande partie au labeur anonyme des jongleurs que la poésie classique doit son langage. Leur rôle semble avoir été particulièrement important dans le choix et l'assouplissement d'un nouveau moule métrique, le pentasyllabe, destiné à supplanter dès l'époque Jian'an le vieux mètre quadrisyllabique. Sous les dynasties du Sud, la majorité des yuefu se coulent dans les limites étroites d'un quatrain pentasyllabique : cette forme fixe est une nouvelle conquête de grande importance, qui prépare l'épanouissement sous les Tang du fameux quatrain dit « vers brisés » (jueju).

— Jean-Pierre DIÉNY

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Pour citer cet article

Jean-Pierre DIÉNY. YUEFU [YUE-FOU] [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • BO JUYI [PO KIU-YI] (772-846)

    • Écrit par Jean-Pierre DIÉNY
    • 1 636 mots
    ...– prenaient place cent soixante-dix pièces environ, les plus chères au cœur du poète réformateur. Le noyau en était constitué par cinquante « nouveaux yuefu », où revivait l'esprit satirique des chansons des Han, héritières directes du Shi jing. Ces chansons, pensait Bo, auraient dû voler de...
  • CAO PI [TS'AO P'I] ou CAO PEI [TS'AO P'EI] (187-226) empereur sous le nom de WENDI [WEN-TI] (220-226)

    • Écrit par Jean-Pierre DIÉNY
    • 402 mots

    À la mort de Cao Cao (220), le vainqueur de la guerre civile où sombra la dynastie des Han, Cao Pi (ou Cao Pei), son fils aîné, lui succéda comme roi de Wei et Premier ministre du dernier empereur des Han. Quelques mois plus tard, celui-ci renonçait à son trône en faveur de Cao Pi, qui fonda...

  • CAO ZHI [TS'AO TCHE] (192-232)

    • Écrit par Jean-Pierre DIÉNY
    • 1 385 mots
    .... Mais c'est comme poète lyrique que Cao Zhi s'est élevé au premier rang. Dans les quelque quatre-vingt-dix pièces qu'il a laissées, en majorité des « poèmes à chanter » ( yuefu), la critique a très tôt remarqué l'harmonieux équilibre de l'inspiration et de l'expression.
  • CHINE - Histoire jusqu'en 1949

    • Écrit par Jean CHESNEAUX, Jacques GERNET
    • 44 594 mots
    • 50 médias
    ...de Chu (Chu ci) et qui consiste en longues descriptions rythmées dénommées fu. En 110 avant J.-C. est créé, à la cour de l'empereur Wu, un Bureau de la musique (Yue fu) qui, par des emprunts aux populations étrangères et aux milieux populaires, renouvelle les formes poétiques héritées de l'antique...
  • Afficher les 7 références

Voir aussi