ROYAUME-UNIL'empire britannique

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La crise du Commonwealth et les survivances contemporaines

Au cours des années 1960, les risques de scission se multiplient et les solidarités entre anciens partenaires de l'empire diminuent considérablement.

Empire britannique, le Royaume-Uni en Afrique de 1947 à 1968

Dessin : Empire britannique, le Royaume-Uni en Afrique de 1947 à 1968

La décolonisation de l'Afrique britannique et les nouvelles nations indépendantes. 

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Commonwealth : colonies et bases en 1967

Dessin : Commonwealth : colonies et bases en 1967

Le Commonwealth : colonies et bases en 1967. 

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Les nouvelles incertitudes

La cohésion est d'autant plus difficile à maintenir que nombre d'États accèdent à l'indépendance. De la Barbade à la Jamaïque, du Kenya au Malawi, de Malte à l'île Maurice, de Singapour à la Tanzanie, à l'Ouganda, à la Zambie, sur tous les continents, dans tous les océans, on passe, tantôt sans transition, tantôt après une étape d'autonomie, à la pleine souveraineté. Le mouvement est irrésistible et il se poursuit ensuite dans les plus minuscules territoires, de la Grenade en 1974 aux Seychelles deux ans plus tard, aux Nouvelles-Hébrides (Vanuatu) en 1980, à la Rhodésie du Sud (Zimbabwe) en 1980. Tous ces États n'adhèrent pas nécessairement au Commonwealth : tel est le cas de la Somalie et d'Aden par exemple, respectivement en 1960 et en 1967, mais douze nouveaux membres avec une population totale de 5 millions d'habitants adhèrent dans les années 1970. Certains n'y demeurent pas. Parmi ceux qui partent, l'Afrique du Sud représente un cas particulier. La politique d'apartheid du dominion était devenue, en 1960, une cause de tensions permanentes dans l'organisation. Les États du Tiers Monde et d'autres, proches de leur indépendance, jugeaient haïssable la coexistence avec l'archétype de l'État raciste. Pour les Anglais les plus attachés à la tradition et les plus sensibles à des solidarités historiques et économiques avec un des plus anciens dominions, l'alternative se dessinait de plus en plus clairement : conserver l'Afrique du Sud dans le Commonwealth, c'était faire le choix du départ ou de la non-adhésion de beaucoup d'autres ; l'exclure offrirait la chance de nouvelles adhésions. C'est ce que Harold Macmillan, Premier ministre conservateur, se charge de dire devant le Parlement du Cap en février 1961 dans son célèbre discours du « vent du changement » : observant la venue de ce vent sur l'Afrique, il est obligé de constater la nécessité d'offrir la justice et l'égalité aux peuples indépendants pour les retenir de succomber aux attraits du communisme. En prenant acte au mois de mai suivant, les Sud-Africains proclament la République et sortent du Commonwealth : ce qui n'interdit ni le maintien de puissants liens stratégiques avec l'ancienne métropole, ni surtout la conservation d'énormes investissements britanniques et leur accroissement.

En 1972, un autre départ est des plus pénibles pour les nostalgiques de l'empire : celui du Pakistan, grand vaincu d'une guerre contre l'Inde et dépouillé, avec l'appui de celle-ci, de sa province orientale, le Bangladesh, qui proclame son indépendance et est admis dans le Commonwealth.

Les tensions internes

La décolonisation s'accompagne de tensions souvent considérables qu'alimentent parfois les incertitudes de la métropole. En 1964 a surgi le problème rhodésien, qui empoisonne les relations avec le Commonwealth, en particulier en Afrique, pendant plus de quinze années. Les Blancs du territoire, soucieux d'échapper à l'emprise de la majorité noire et surtout inquiets de préserver leurs terres et leur domination économique, proclament unilatéralement une indépendance dans l'inégalité des races. Menés par Ian Smith, ils sont l'objet de condamnations quasi universelles, sont visés par des mesures de boycottage proclamées par les Nations unies, doivent affronter une guérilla sanglante. L'aide de l'Afrique du Sud, leur passion et leurs frustrations propres les aident d'autant plus à surmonter la plupart des périls que l'attitude de l'Angleterre n'est pas claire. Si la métropole refuse avec constance de reconnaître l'État rhodésien, si elle essaie à divers moments de parvenir à un règlement négocié, elle a dès le départ et par la bouche de Harold Wilson manifesté son refus catégorique d'une intervention armée. Ce que lui reprochent nombre de ses partenaires du Commonwe [...]

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Pour citer l’article

Roland MARX, « ROYAUME-UNI - L'empire britannique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/royaume-uni-l-empire-britannique/