RESPIRATOIRE (APPAREIL)Physiologie

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La respiration artificielle

La respiration artificielle désigne habituellement les méthodes mises en œuvre pour réaliser ce qu'il serait plus exact d'appeler une « ventilation pulmonaire assistée ». Elle nécessite non seulement une ventilation, mais aussi une circulation artificielle, si cette dernière est interrompue, afin de permettre une respiration tissulaire normale. Il existe aussi des appareils pour assurer la respiration du sang au cours d'interventions nécessitant une circulation extracorporelle, mais on se limitera ici à l'étude de la respiration pulmonaire artificielle.

Autrefois, la respiration artificielle était entreprise pendant quelques minutes ou quelques heures en attendant la reprise de la ventilation spontanée. Elle est actuellement poursuivie parfois pendant des mois ou des années, voire toute la vie lors d'une perte définitive de la fonction ventilatoire dans certaines affections telles que la poliomyélite, la myasthénie et les traumatismes cervicaux. Cette évolution a entraîné celle des techniques, et un grand nombre de méthodes plus ou moins efficaces ont été conçues. Seules seront exposées les méthodes les plus utilisées de nos jours en raison de leur efficacité. On peut classer ces méthodes en deux catégories : celles qui peuvent être mises en œuvre par n'importe qui, sans l'aide d'instrument, sur les lieux mêmes de l'accident, en attendant l'arrivée d'une équipe spécialisée, et celles dont disposent les services de réanimation.

Respiration pulmonaire artificielle sans l'aide d'instrument

Lors d'une syncope respiratoire, la respiration artificielle doit être entreprise le plus rapidement possible, car on ne dispose que de quelques minutes avant que l'hypoxie ne provoque des lésions définitives. Cependant, un certain nombre de précautions doivent être prises avant de commencer les manœuvres de respiration assistée ; il faut :

– s'assurer, par auscultation thoracique dans la région précordiale, qu'il n'y a pas arrêt cardiaque ; si tel est le cas, on mettra immédiatement en œuvre une réanimation circulatoire par la méthode de Kouwenhoven (massage cardiaque à thorax fermé) ;

– s'assurer que les voies aériennes ne sont pas encombrées par des corps étrangers ou des sécrétions dont la présence rendrait toute ventilation inefficace ; il est souvent possible de les dégager en passant l'index le plus loin possible derrière la langue.

La méthode la plus utilisée actuellement est celle du bouche-à-bouche ; d'abord utilisée pour la réanimation des nouveau-nés, cette technique est de plus en plus employée chez l'adulte. Elle nécessite d'abord le dégagement des voies aériennes supérieures en portant la tête en arrière et en luxant en avant la mâchoire inférieure. Puis, le réanimateur inspire de l'air ambiant et l'expire dans la bouche ouverte du malade dont le nez est pincé. Il n'est pas nécessaire de souffler très fort pour gonfler le thorax. Lorsque le réanimateur se relève, le thorax revient à sa position de relaxation par une expiration passive. Cette manœuvre, répétée vingt fois par minute chez un adulte, soixante fois par minute chez un nouveau-né, est poursuivie jusqu'à l'arrivée d'une équipe spécialisée ou la reprise d'une ventilation spontanée. Le soulèvement du thorax lors de l'insufflation permet de vérifier la bonne marche de l'opération. Si les voies aériennes du sujet n'étaient pas dégagées, on assisterait au gonflement de l'estomac par la voie de l'œsophage.

Respiration pulmonaire artificielle avec l'aide d'appareils

Les méthodes internes et externes ont des indications respectives, dont la discussion dépasse le cadre de cet exposé.

Méthodes internes

Toutes les méthodes internes ont en commun d'insuffler un gaz au travers d'un masque, ou d'une canule d'intubation trachéale, ou d'une canule de trachéotomie. Ces deux dernières méthodes présentent l'avantage de permettre l'aspiration de mucosités bronchiques à l'aide d'une pompe d'aspiration et d'une sonde.

Un ballon de caoutchouc est relié d'une part à une bouteille d'oxygène sous pression, d'autre part à la canule au travers d'un jeu de soupapes. L'opérateur appuie rythmiquement sur le ballon légèrement gonflé ; la surpression réalise l'inspiration, l'expiration est passive.

On peut aussi utiliser des pompes électriques appelées « respirateurs » (type Engström). La canule est reliée à la pompe qui crée une insufflation par surpression et une exsufflation activ [...]

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Volumes pulmonaires

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Composition des gaz respiratoires

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Oxyhémoglobine : courbe de dissociation

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Écrit par :

  • : ancien professeur à la faculté de médecine de Rouen, ancien chef de laboratoire de physiologie et d'exploration fonctionnelle à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu, Rouen

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Pour citer l’article

Roland LEFRANÇOIS, « RESPIRATOIRE (APPAREIL) - Physiologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/respiratoire-appareil-physiologie/