PHILOLAOS (fin VIe-déb. Ve s. av. J.-C.)

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D'après Diogène Laërce, Philolaos serait originaire de la ville de Crotone (Italie du Sud) ; dans le catalogue de Jamblique (La Vie pythagorique), il est classé parmi les élèves directs de Pythagore. Après l'incendie de leur école par les Cyloliens, Philolaos se rendit à Thèbes, où il eut Platon parmi ses auditeurs ; il semble même que ce dernier ait entendu Philolaos et Eurytos en Grande-Grèce où il séjourna pendant longtemps et que, selon une tradition, il ait alors acheté, pour un prix très élevé (100 minos), le livre de Philolaos qui devait lui servir dans la rédaction du Timée.

C'est de Philolaos que viendrait la première relation des doctrines pythagoriciennes, dont on ne possède que quelques fragments. Selon Jamblique, il aurait été le premier à classer les grandeurs géométriques selon le nombre de leurs dimensions en représentant le point par le nombre 1, la ligne par 2, la surface par 3 et le volume par 4. Dans cette même symbolique, 5 représentait les qualités et les couleurs ; 6 l'âme ; 7 l'esprit, la santé et la lumière ; 8 l'amitié et l'amour, tandis que 10 (la somme des nombres de la tétractys 1 + 2 + 3 + 4) était le nombre parfait par excellence. Speusippe (le neveu et successeur de Platon à l'Académie), ayant lu les écrits de Philolaos, avait rédigé un livre, Sur les nombres pythagoriques, qui ne nous est pas parvenu.

D'après les quelques fragments du livre de Philolaos Sur la nature, « tout est connaissable par le nombre et rien ne peut être connu ou même conçu sans lui ». Un autre fragment fait partie de la théorie de la musique et Philolaos y divise l'harmonie (octave) en une quarte et une quinte, soit en tout en cinq tons et deux dièses (demi-ton). Le mensonge, ajoute-t-il, ne peut souiller ni le nombre ni l'harmonie.

Le système astronomique de Philolaos se caractérise par une certaine hardiesse : le centre de l'Univers, pour lui, n'est ni le Soleil ni la Terre, mais ce qu'il appelle le Feu central ; autour de ce dernier gravite d'abord l'Anti-Terre, puis la Terre, qui tourne toujours la même face vers ce Feu central (les Grecs, habitant la face opposée, ne peuvent pas voir le Feu central). Une telle conception de rotation de la Terre rendait parfaitement compte du lever et du coucher des astres, mais Philolaos n'envisageait pas une rotation de la Terre sur son axe.

Après la Terre, viennent pour lui la Lune, le Soleil et enfin les cinq planètes : Vénus, Mercure, Mars, Jupiter et Saturne.

Il y avait donc en tout dix corps célestes complétant la tétractys. On trouve ensuite la sphère des Fixes et, enfin, le Feu extérieur. Les éclipses de la Lune sont dues à l'ombre de la Terre ou de l'Anti-Terre et c'est la raison pour laquelle elles sont plus fréquentes que les éclipses de Soleil.

Le système de Philolaos fut modifié par la suite à plusieurs reprises (par Platon, Eudoxe, Héraclide du Pont, Aristote et surtout par Aristarque de Samos, en qui on pourrait voir un précurseur de Copernic).

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Pour citer l’article

Georges KAYAS, « PHILOLAOS (fin VIe-déb. Ve s. av. J.-C.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/philolaos/