PALUDISME ou MALARIA

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Maladie la plus répandue dans le monde, le paludisme est une affection parasitaire fébrile, due à un protozoaire, l'hématozoaire de Laveran, transmis à l'homme par la piqûre d'un moustique du genre Anopheles. Les statistiques concernant la maladie sont assez peu précises. Mais, selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé (O.M.S.), plus de 2 milliards de personnes vivent dans des zones paludéennes ; de 200 à 500 millions de personnes étaient atteintes par cette maladie en 2013 et sans doute près de 1 million, pour 90 p. 100 des enfants de moins de 5 ans, en meurent chaque année.

Anophèle (moustique)

Photographie : Anophèle (moustique)

Détail d'un anophèle (X 20) ou l'on distingue, au niveau de la tête et de haut en bas: les yeux réniformes, les deux antennes munies de soies, les deux palpes maxillaires et le labium dirigé vers le bas. Ce dernier, en forme de gouttière, constitue une «trompe» médiane contenant les... 

Crédits : Tim Flach/ Getty Images

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On a retrouvé des descriptions du paludisme (ou malaria, nom donné au paludisme en Italie et d’usage courant en anglais), dans les écrits les plus anciens. La maladie est connue sous le nom de fièvres intermittentes des terres humides ou inondées (palus, marais) et des régions où l'air est vicié (mal aria). Un médecin militaire français, Alphonse Laveran, met en évidence à Constantine, en 1880, l'agent de la maladie au sein des globules rouges. À la fin du xixe siècle, Ronald Ross aux Indes et Gian Battista Grassi en Italie montrent que l’hématozoaire du paludisme est transmis par un insecte piqueur, un moustique du genre Anopheles. Depuis plusieurs décennies, la bataille pour l'éradication de la maladie engagée par l'Organisation mondiale de la santé (O.M.S.) n'a obtenu que des résultats non décisifs. En outre, les tentatives de vaccination ne donnent jusqu’à présent, que des résultats médiocres. Enfin, les actions entreprises contre la maladie se tournent souvent contre leurs auteurs. Ainsi :

– l'endémie palustre est souvent accrue par la « mise en valeur » des régions chaudes ;

– des moustiques vecteurs sont devenus résistants aux insecticides de contact ;

– les médicaments antipaludiques sont mis en échec par l'acquisition de résistances chez le parasite.

En dépit d’immenses efforts, le paludisme demeure la première cause « infectieuse » de mortalité.

L'agent pathogène

Trois espèces parasitaires sont pathogènes pour l'homme et le plus fréquemment retrouvées chez les malades : Plasmodium vivax (le plus fréquent), Plasmodium falciparum (le plus dangereux) et Plasmodium malariae (le plus rare). Une quatrième variété, Plasmodium ovale, est d'un intérêt contingent sauf en Afrique équatoriale. Un cinquième, Plasmodium knowlesi, est une maladie émergente en Asie du Sud-Est, encore au stade de la zoonose, dont le réservoir est le macaque à longue queue. Tous subissent un cycle complexe et nécessaire à leur survie, avec une phase asexuée chez l'homme ou schizogonie et une phase sexuée chez le moustique ou sporogonie.

Malaria

Vidéo : Malaria

Cycle infectieux du Plasmodium, parasite responsable du paludisme.Le paludisme ou malaria est une maladie tropicale transmise par la femelle du moustique Anophèle. On estime qu'elle affecte dans le monde une population de 500 millions de personnes et cause près de 2 millions de morts par... 

Crédits : Planeta Actimedia S.A.© Encyclopædia Universalis France pour la version française.

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Plasmodium : cycle de développement

Dessin : Plasmodium : cycle de développement

Cycle de développement d'un Plasmodium. Chez l'homme, la reproduction asexuée ou schizogonie se déroule en deux phases : lors de la piqûre, l'anophèle femelle inocule, avec sa salive, des sporozoïtes qui quittent rapidement le sang et pénètrent chacun (a) dans une cellule du foie. Ils se... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Le parasite est inoculé dans le sang humain lors de la piqûre du moustique et de son repas de sang. En quelques minutes, il se réfugie et se multiplie dans les cellules de certains systèmes ou organes, le foie essentiellement. Là, deux des trois variétés, P. vivax et P. malariae, constituent des « dépôts parasitaires » prolongés, par envahissement successif de plusieurs cellules. Une dizaine de jours après la piqûre, les trois espèces plasmodiales qui se sont multipliées passent dans le sang, pénètrent dans les globules rouges (on les nomme alors schizontes) et s'y multiplient jusqu'à l'éclatement du globule hôte. Cette rupture s’accompagne de la libération de toxines à l’origine des accès fébriles, et de parasites qui envahissent d'autres globules rouges. Plusieurs évolutions semblables se succèdent ainsi. Un cycle globulaire dure deux jours pour P. vivax et P. falciparum, et la fièvre est alors de type « tierce », avec un accès thermique tous les deux jours. Elle est de type « quarte » pour P. malariae, dont le cycle globulaire exige un jour de plus, avec un maximum fébrile tous les trois jours seulement. Ces caractéristiques expliquent le nom de « fièvres intermittentes » autrefois donné au paludisme. La fièvre est en revanche quotidienne, en fait constante, dans les infections à P. knowlesi.

Plasmodium : cycle de développement

Dessin : Plasmodium : cycle de développement

Cycle de développement d'un Plasmodium. Chez l'homme, la reproduction asexuée ou schizogonie se déroule en deux phases : lors de la piqûre, l'anophèle femelle inocule, avec sa salive, des sporozoïtes qui quittent rapidement le sang et pénètrent chacun (a) dans une cellule du foie. Ils se... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Certains parasites, issus des globules rouges, se transforment en cellules sexuelles, les gamétocytes mâles et femelles. La seconde phase du cycle se déroule dans le tube digestif du moustique.

La co [...]

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Anophèle (moustique)

Anophèle (moustique)
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Plasmodium : cycle de développement

Plasmodium : cycle de développement
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Tête de moustique anophèle

Tête de moustique anophèle
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Écrit par :

  • : professeur agrégé du Val-de-Grâce, médecin général inspecteur, directeur général du service de santé de la première région militaire
  • : professeur à la faculté de médecine de Paris-Saint-Antoine, université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

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Pour citer l’article

Robert DURIEZ, Yves GOLVAN, « PALUDISME ou MALARIA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/paludisme-malaria/