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AFRIQUE AUSTRALE

L’Afrique australe trouve sa dynamique et sa cohérence autour de l’Afrique du Sud, véritable moteur et pays émergent du continent africain. Constituée de dix États (Afrique du Sud, Angola, Botswana, Eswatini, Lesotho, Malawi, Mozambique, Namibie, Zambie et Zimbabwe), elle fut longtemps désignée comme « l'Afrique des mines ». Aujourd’hui, elle présente un fort potentiel grâce à des ressources naturelles abondantes, des atouts touristiques remarquables, une population jeune ainsi qu’une classe moyenne de plus en plus nombreuse et dynamique. L’Afrique australe compte, à la fin des années 2010, environ 170 millions d'habitants et s'étend sur près de 4 500 kilomètres du nord au sud et 4 000 kilomètres de la côte atlantique au littoral mozambicain, baigné par l'océan Indien. La région est également marquée par des influences et métissages africains, européens, mais aussi asiatiques, fruits des migrations qui ont modelé les espaces, les identités et la structure socio-économique de la région. Les profondes inégalités socio-spatiales et les stigmates de la ségrégation raciale entravent aujourd'hui la transition économique et le développement de ces pays qui doivent encore faire face à de nombreux défis.

Limites et facteurs d'unité de l'Afrique australe

Les limites de l’Afrique australe varient selon que l’on prend en compte celles de tel ou tel accord douanier ou économique. Cette sous-région de l’Afrique est une mosaïque de pays, pour la plupart anglophones, à l’exception du Mozambique et de l’Angola, lusophones. Chacun de ses pays compte en outre de nombreuses langues vernaculaires parfois communes à deux États voisins.

Différents découpages pour penser l'Afrique australe

L’Afrique du Sud, puissance économique et politique régionale incontestée, constitue le cœur de cet ensemble. Une délimitation économique restreint l'Afrique australe au premier « cercle » de l’Afrique du Sud, son périmètre d’influence directe, qui correspond à l’Union douanière d’Afrique australe (South African Customs Union, SACU) et regroupe le Lesotho, l’Eswatini (nouveau nom du Swaziland depuis 2018), le Botswana et la Namibie. Les monnaies de ces pays sont directement indexées sur le rand sud-africain et dépendent largement de l’économie sud-africaine. Une délimitation plus large, qui reprend le découpage de la Communauté de développement d’Afrique australe (Southern African Development Community, SADC), englobe seize pays, poussant les frontières de la SACU jusqu’à la République démocratique du Congo, la Tanzanie et Madagascar. Mais cette organisation composite rassemble des pays parcourus par des dynamiques très hétérogènes. Hormis le seul critère de localisation et le degré de dépendance à l’Afrique du Sud, plusieurs éléments de cohésion permettent d’appréhender cet espace.

Éléments de cohésion régionale

La plupart de ces États détiennent en profusion des ressources minières et notamment aurifères. Plusieurs d’entre eux ont aussi en commun d’avoir connu des régimes ségrégationnistes et racistes. La séparation raciale trouve d'ailleurs son origine dans l’organisation spatiale des mines qui ont donné naissance à la création de quartiers destinés aux mineurs noirs, physiquement éloignés des quartiers résidentiels des populations blanches. Au xxie siècle, les inégalités sociales comme les logiques ségrégatives sont encore particulièrement fortes dans ces pays.

Afrique australe

Afrique australe

Par ailleurs, les circulations de populations, africaines et européennes, sont très importantes et contribuent à l’intégration régionale de cet espace. Les flux des personnes qui le traversent sont denses et divers (transit, mobilités temporaires de travail, migrations forcées, flux touristiques). La prise en compte de ces éléments (ressources naturelles abondantes, intenses mobilités, ségrégation[...]

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Écrit par

  • : agrégée de géographie, maître de conférences à l'université Bordeaux Montaigne

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Mine d’or au Zimbabwe

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Afrique australe

Afrique australe

La ruée vers le diamant, Afrique du Sud

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Autres références

  • AFRIQUE (Histoire) - Les décolonisations

    • Écrit par Marc MICHEL
    • 12 424 mots
    • 24 médias
    Après la chute de l'empire portugais en Afrique, il ne subsistait de la domination coloniale européenne que des vestiges : la Rhodésie du Sud, le Sud-Ouest africain, dont les jours étaient comptés, même si le processus pouvait être long.
  • AFRIQUE (Histoire) - Préhistoire

    • Écrit par Augustin HOLL
    • 6 326 mots
    • 3 médias
    En Afrique orientale, les sites de Kisese II, Twilight Cave et Lukenya montrent la présence d'industries à base de lames et lamelles. En Afrique australe, les assemblages lithiques ont été subdivisés en sous-ensembles chronologiques : Early Later Stone Age (ELSA, 19000 av. J.-C.), Robberg (vers 19000-7600...
  • AFRIQUE (Structure et milieu) - Géographie générale

    • Écrit par Roland POURTIER
    • 21 496 mots
    • 29 médias
    ...dans les années 1980 a suivi les axes de communication, tout en se diversifiant et en épargnant certains pays pour des raisons difficiles à expliquer. L’Afrique australe est la plus touchée, notamment l’Eswatini et l'Afrique du Sud. À travers la région, les femmes représentent 60 p. 100 des personnes...
  • AFRIQUE (Structure et milieu) - Géologie

    • Écrit par Anne FAURE-MURET
    • 18 789 mots
    • 22 médias
    La ceinture, ou chaîne, de Damara a une histoire complexe. Au début, vers 1 000-900 Ma, on assiste à un « rifting » avec formation de plusieurs grabens dans lesquels s'accumulent des séries d'épaisseur variable. À la base, on trouve le groupe de Nosib, qui est gréso-détritique. Des volcanites alcalines...
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Voir aussi