LAVERAN ALPHONSE (1845-1922)

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Médecin militaire français connu pour ses travaux sur le paludisme, Laveran étudie la médecine à Strasbourg (thèse de doctorat en 1867 : Recherches expérimentales sur la régénération des nerfs), puis il prend part à la guerre franco-allemande de 1870 (Metz). Professeur agrégé au Val-de-Grâce (1874), il est envoyé quatre ans plus tard en Algérie, à Bône, puis à Constantine. Là il observe, dans les capillaires du foie et des centres cérébro-spinaux des cadavres de paludéens, la formation d'un pigment noir. Il retrouve ce pigment dans le sang des paludéens (mélanémie), et incrimine un parasite dont il étudie l'évolution : il montre que les crises de paludisme correspondent aux différentes phases du cycle du parasite. Le 28 novembre 1880, il présente ses résultats à l'Académie de médecine qui les accueille avec scepticisme, car, à cette époque, on considérait que les maladies contagieuses sont causées par des bactéries, et non par des parasites. De retour à Paris, en 1884, il prend la chaire d'hygiène au Val-de-Grâce, mais il ne cesse de travailler sur l'hématozoaire du paludisme dont il découvre la transmission d'un homme malade à un homme sain par le moustique, ce que le médecin militaire anglais R. Ross confirmera en 1898 en retrouvant des hématozoaires dans le corps des moustiques. Un matin de 1884, il vient chercher Pasteur et Roux au laboratoire de la rue d'Ulm et les conduit au Val-de-Grâce où il leur montre, dans un frottis de sang frais d'un paludéen hospitalisé, l'hématozoaire parasite responsable. Convaincus, les pasteuriens l'encouragent et, lorsqu'en 1897 Laveran quitte le Val-de-Grâce et l'armée, il entre à l'Institut Pasteur où, en 1907, il consacre le montant de son prix Nobel à bâtir et installer un laboratoire qui porte encore son nom.

Ses travaux ont porté notamment sur la maladie du sommeil (Les Trypanosomes et les trypanosomiases, 1904), les leishmanioses, l'hygiène (Traité d'hygiène militaire, 1896), la malaria (Traité des fièvres palustres, 1884 ; Du paludisme et de son hématozoaire, 1891 ; Traité du paludisme, 1898). En 1908, il fonde la Société de pathologie exotique. Durant la Première Guerre mondiale, il indique les prescriptions prophylactiques contre le paludisme dont souffre l'armée engagée sur le front de Macédoine.

—  Jacqueline BROSSOLLET

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PALUDISME : DÉCOUVERTE DU PARASITE

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  • Gabriel GACHELIN
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Le Français Alphonse Laveran (1845-1922), issu d'une famille de médecins et d'officiers, lui-même médecin militaire en Algérie, à Bône puis à Constantine, s'intéresse aux causes « microbiennes » du paludisme alors très prévalent sur le pourtour du bassin médi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/paludisme-decouverte-du-parasite/#i_11125

COCCIDIES

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  • Robert GAUMONT
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Dans le chapitre « Les différentes espèces de Plasmodium »  : […] Laveran avait décrit trois formes de Plasmodium qui correspondent bien à trois espèces distinctes non seulement par leur aspect morphologique mais aussi par leur répartition géographique, leur évolution, leur action pathogène et même leur sensibilité à l'égard des différents médicaments. À ces trois espèces : P. falciparum , P. vivax et P. malar […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/coccidies/#i_11125

Pour citer l’article

Jacqueline BROSSOLLET, « LAVERAN ALPHONSE - (1845-1922) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/alphonse-laveran/