NOUMÈNE

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Terme créé par Kant et qui n'a guère d'usage et de sens qu'à l'intérieur de la philosophie kantienne. Le mot « noumène » est transcrit du grec, et sa signification littérale est empruntée à la philosophie platonicienne ; noumène (noumênon) est employé par Platon pour désigner les idées en tant qu'elles sont l'objet de l'intelligence pure (nous). Le noumène paraît donc d'abord s'opposer chez Kant au phénomène, comme l'intelligible au sensible chez Platon. Toutefois, le noumène kantien est un concept essentiellement problématique et négatif : on appellerait « noumènes », lit-on dans la Critique de la raison pure, des choses qui seraient à la fois de purs objets de l'entendement et donnés en tant que tels à une intuition mais non à l'intuition sensible. Ils seraient donc l'objet d'une intuition intellectuelle, qui, pour Kant, à la différence de Platon, n'est pas la nôtre, et dont nous ne pouvons même pas concevoir la possibilité. On voit le paradoxe : le noumène kantien, c'est-à-dire l'« intelligible », est de fait l'inconcevable. L'être humain se voit refuser, dans la philosophie kantienne, tout contact direct et intuitif avec l'Idée. Sensible et finie, sa faculté de connaître est limitée. La contrepartie positive de cette limitation se dévoile dans la philosophie morale. Avant d'aborder ce point, quelques distinctions terminologiques s'imposent : on assimile, en effet, chez Kant, en tant qu'ils s'opposent au phénomène, le noumène, la chose en soi et l'objet transcendantal. Il convient cependant de les distinguer : la chose en soi est la chose indépendamment de toute [...]

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Écrit par :

  • : agrégée de l'Université, docteur en philosophie, maître de conférences à l'université de Rennes

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Pour citer l’article

Françoise ARMENGAUD, « NOUMÈNE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/noumene/