NIGER

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

quelques données-clés.
Nom officielRépublique du Niger (NE)
Chef de l'ÉtatMohamed Bazoum (depuis le 2 avril 2021)
Chef du gouvernementOuhoumoudou Mahamadou (depuis le 3 avril 2021)
CapitaleNiamey
Langue officiellefrançais
Unité monétairefranc CFA
Population23 437 000 (estim. 2022)
Superficie (km2)1 267 000

Évolution politique depuis l'indépendance

La première République : 1960-1974

Au sortir de la colonisation, le Niger hérita du modèle politique pluraliste légué par la France. Cependant, le climat de tension entre les principales figures du pays, à savoir Hamani Diori et Djibo Bakary, se transforma rapidement en une intense rivalité. Le Niger n'échappa pas à la tendance générale à l'instauration de partis uniques qui prévalait alors en Afrique. Dès le mois d'octobre 1959, un décret du chef du gouvernement dissout le principal parti d'opposition, le Sawaba, alors que les députés de l'Union pour la communauté franco-africaine (UCFA) se rallient au PPN. Entre-temps, les partisans du Sawaba interdit tentèrent un soulèvement armé en perpétrant des attaques dans plusieurs régions du pays. L'échec de cette tentative et l'exil de Djibo Bakary sonnèrent le glas de toute opposition. Le tandem formé par Hamani Diori et Boubou Hama (président de l'Assemblée nationale) garda la haute main sur le pays. En l'absence de partis d'opposition, le PPN occupa seul l'Assemblée nationale durant presque quinze ans : l'Assemblée législative érigée en Assemblée nationale de l'indépendance à octobre 1965, la seconde législature issue des élections d'octobre 1965 et la troisième législature issue des élections d'octobre 1970.

Du régime militaire à l'éphémère deuxième République : 1974-1991

Figure dominante de la scène politique nigérienne depuis la période coloniale, le président Diori réussit à s'imposer dans les instances internationales, entretenant d'excellentes relations avec la plupart des pays de la région, mais en particulier avec Félix Houphouët-Boigny, président de la Côte d'Ivoire. Quelques tensions liées à des contentieux territoriaux apparurent avec la Libye au sujet du plateau du Manguéni, et avec le Bénin à propos de l'île de Lété, mais en dehors de quelques escarmouches avec ce pays, les relations internationales du Niger furent plutôt pacifiques. Cependant, il fut confronté à plusieurs problèmes au milieu des années 1970 : un autoritarisme de plus en plus dur dans un contexte d'agitation scolaire ; des relations tendues avec la France à propos du prix de l'uranium nigérien et du refus de Diori – au contraire de la France – de soutenir la tentative de sécession du Biafra au Nigeria ; et une famine qui affecta durement les populations rurales en 1973-1974. C'est dans ce contexte que, le 15 avril 1974, un groupe de militaires dirigé par le lieutenant-colonel Seyni Kountché, chef d'état-major de l'armée depuis le mois de juillet 1973, renversa le régime et instaura un Conseil militaire suprême (CMS). Le caractère relativement collégial au départ de cette instance militaire ne résista cependant pas à l'épreuve du pouvoir. D'une part, le CMS est progressivement purgé, à la suite des tentatives de coups d'État de 1975, 1976 et 1983 ; d'autre part, de nombreux compagnons du putsch sont éloignés par le biais de nominations à des postes de préfet, d'ambassadeur, de conseiller... Seyni Kountché, devenu général, émerge alors comme le seul homme fort du pays. Sur le plan international, le statu quo fut maintenu, le pays restant membre des organisations desquelles il était partie prenante, réussissant même à faire élire Idé Oumarou au poste de secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (de 1985 à 1989). Au milieu des années 1980, la tension avec la Libye fut vive au point que les deux pays frôlent la guerre à la suite des premières attaques touarègues dans la région de Tchintabaraden, au nord-est de Niamey (à la suite du rapatriement de réfugiés touaregs d'Algérie en 1984), derrière lesquelles Kountché voyait la main libyenne.

Jusqu'en 1983, les militaires restent cependant dominants dans les plus hautes fonctions de l'État, même si des civils commencent très rapidement à être associés à la direction du pays. À partir de cette date, la composante civile prend une place de plus en plus importante, notamment dans le cadre du processus de retour à une vie constitutionnelle et de mise en place des institutions de la « société de développement ». Un Conseil national de développement (CND) présidé par un civil, Mamane Oumarou, Premier ministre depuis janvier 1983, est mis en place en août 1983 pour jouer le rôle [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 12 pages

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Médias

Niger : carte physique

Niger : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Niger : drapeau

Niger : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

drapeau

Le Ténéré (Niger)

Le Ténéré (Niger)
Crédits : Robert Van Der Hilst/ Getty Images

photographie

Niger : territoire et mines

Niger : territoire et mines
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Afficher les 5 médias de l'article

Écrit par :

Classification

Autres références

«  NIGER  » est également traité dans :

NIGER, chronologie contemporaine

  • Écrit par 
  • Universalis

Tous les événements politiques (élections, conflits, accords, …) et les faits économiques et sociaux qui ont marqué l’histoire contemporaine du pays jusqu’à aujourd’hui. […] Lire la suite

AFRIQUE-OCCIDENTALE FRANÇAISE (AOF)

  • Écrit par 
  • Alfred FIERRO
  •  • 805 mots
  •  • 2 médias

Créée par un décret du 16 juin 1895, sous la direction d'un gouverneur général, l'Afrique-Occidentale française (A.-O.F.) répond à la nécessité de coordonner sous une autorité unique la pénétration française à l'intérieur du continent africain. L'A.-O.F. est, à l'origine, constituée des colonies de la Côte-d'Ivoire, de la Guinée, du Sénégal et du Soudan. Deux nouveaux textes, le 1 er octobre 1902 […] Lire la suite

AHMADOU (mort en 1895 env.)

  • Écrit par 
  • Alfred FIERRO
  •  • 224 mots

À la mort du chef toucouleur El Hadj Omar, son fils Ahmadou, établi à Ségou sur le Niger, prend, en 1864, la direction de la lutte contre les Français. S'il est un chef religieux respecté, son autorité politique reste faible. Les Toucouleurs lui sont fidèles, mais il ne parvient à aucun moment à obtenir une obéissance réelle des Peuls et des Bambara. Ses propres frères se constituent des chefferie […] Lire la suite

BURKINA FASO

  • Écrit par 
  • Michel IZARD, 
  • René OTAYEK, 
  • Jean-Fabien STECK
  •  • 7 348 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « La conquête française et la période coloniale (1895-1960) »  : […] En mai 1895, une colonne française, partie de Bandiagara et commandée par le capitaine Destenave, arrive à Ouahigouya, résidence du Yatenga naaba Baogo (1885-1895), qui doit faire face depuis plusieurs années à une révolte armée d'une partie de l'aristocratie du royaume, soutenue par les Peuls du commandement de Tyu. Un mois plus tard, en juin, alors que le Yatenga est devenu protectorat français […] Lire la suite

DAYAK MANO (1950-1995)

  • Écrit par 
  • Bernard NANTET
  •  • 535 mots

Personnage inclassable, écartelé comme son peuple entre deux cultures et plusieurs pays, Mano Dayak, leader de la rébellion touarègue nigérienne, est mort le 15 décembre 1995, en compagnie de quatre autres personnes, dans l'explosion de son avion sur un aérodrome du désert du Ténéré, au Niger. L'accident étant survenu en pleine négociation avec le gouvernement nigérien sur la mise en œuvre d'un a […] Lire la suite

DIORI HAMANI (1916-1989)

  • Écrit par 
  • Bernard NANTET
  •  • 966 mots

Premier président du Niger indépendant, Hamani Diori est né en 1916, dans le village zerma de Soudouré, au bord du Niger, près de Niamey. Cette région, où le souvenir de l'équipée meurtrière de la colonne Voulet-Chanoine est resté vif dans la population, a fourni plusieurs lots de « tirailleurs sénégalais » destinés aux champs de bataille européens. Après l'école normale William-Ponty de Dakar qu […] Lire la suite

FRANCE - L'année politique 2020

  • Écrit par 
  • Nicolas TENZER
  •  • 6 732 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Devant les turbulences du monde »  : […] Particulièrement engagé depuis le début de son mandat dans l’action européenne et internationale, Emmanuel Macron est plongé au cours de l’année 2020 dans de nouvelles turbulences. Le couple franco-allemand est à l’origine d’un plan de relance exceptionnel. Porté par l’Union européenne, celui-ci est destiné à faire face à la crise pandémique et à limiter l’effondrement des économies européennes. […] Lire la suite

KOUNTCHÉ SEYNI (1931-1987)

  • Écrit par 
  • Gilbert APOLLIS
  •  • 1 066 mots

Président de la République du Niger, Seyni Kountché est né le 31 juillet 1931 à Fandou, localité du Niger occidental située à une centaine de kilomètres de Niamey. Il est issu d'une famille de chefs coutumiers de la tribu Gabda, rameau du peuple Djerma, qui, au xve siècle, fonda l'ancien empire de Gao. Il embrassa le métier des armes très tôt, puisque, à treize ans, après des études primaires à Fi […] Lire la suite

MAÏNASSARA IBRAHIM BARÉ (1949-1999)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 338 mots
  •  • 1 média

Homme d'État nigérien, né le 9 mai 1949 à Maradi (Afrique-Occidentale française), mort le 9 avril 1999 à Niamey (Niger). D'origine haoussa, Ibrahim Baré Maïnassara s'engage dans l'armée en 1970 et, trois ans plus tard, devient aide de camp du président Seyni Kountché. Fidèle à son supérieur, Maïnassara est nommé commandant de la garde présidentielle en 1976, avant de prendre la tête de la presti […] Lire la suite

NIAMEY

  • Écrit par 
  • Emmanuel GRÉGOIRE
  •  • 675 mots
  •  • 1 média

L'origine de Niamey est incertaine : village de pêcheurs songhaï pour certains, village d'agriculteurs zarmas, maouris et peuls pour d'autres. Sa situation d'étape fluviale et sa proximité d'un gros marché poussèrent les Français à en faire un chef-lieu administratif en 1903 (1 800 habitants en 1905) et, en même temps, le centre du gouvernement territorial jusqu'au 1 er  janvier 1911, date où Zind […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

2-15 mai 2022 Mali. Dénonciation des accords de défense avec la France et retrait du G5 Sahel.

Celle-ci ne regroupe donc plus que la Mauritanie, le Tchad, le Burkina Faso et le Niger. Bamako dénonce « l’opposition de certains États du G5 Sahel » à ce que le Mali assure la présidence tournante de l’organisation, qui aurait dû lui revenir en février, ainsi que « les manœuvres d’un État extrarégional visant désespérément à isoler le Mali » – accusation dirigée implicitement contre la France. […] Lire la suite

8 mars 2022 Mali. Attaques meurtrières de l'organisation État islamique.

À partir du 8, plusieurs centaines de combattants de l’organisation État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) affrontent les groupes armés touaregs du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) et du Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA) lors d’une série d’opérations dans la région de Ménaka, dans l’est du pays, à la frontière du Niger. […] Lire la suite

7-17 février 2022 Mali – France. Annonce du retrait des forces antiterroristes étrangères.

L’état-major français précise que la fermeture dans les six mois des dernières bases françaises implantées au Mali – Gao, Ménaka et Gossi – doit aller de pair avec le maintien des bases de N’Djamena au Tchad et de Ouagadougou au Burkina Faso, et avec un renforcement de la présence française au Niger. […] Lire la suite

20 décembre 2021 Niger – France. Neutralisation d'un cadre djihadiste par la force Barkhane.

Un cadre de l’organisation État islamique au grand Sahara (EIGS), Soumana Boura, est tué par une frappe aérienne effectuée par la force antiterroriste française Barkhane au nord de Tillabéri, dans la zone dite des « trois frontières ». Celui-ci est présenté comme l’un des auteurs de l’assassinat de six humanitaires français de l’ONG Acted, ainsi que de leur guide et leur chauffeur nigériens, à Kouré, en août 2020. […] Lire la suite

14-27 novembre 2021 Burkina Faso – France. Attaque meurtrière d'un poste de gendarmerie et tentative de blocage d'un convoi militaire français.

Le 27 également, trois personnes sont tuées lors de la dispersion d’une nouvelle tentative de blocage du convoi français à Tera, dans l’ouest du Niger.  […] Lire la suite

Pour citer l’article

Mamoudou GAZIBO, Sadou GAZIBO, Emmanuel GRÉGOIRE, « NIGER », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/niger/