MICROCOSME ET MACROCOSME

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La théorie selon laquelle tout se répond dans l'univers fait correspondre à la totalité (macrocosme) une infinité de « modèles réduits » (microcosmes) qui imitent d'une manière plus ou moins parfaite la richesse du cosmos. Ce thème est développé, selon des modes variés, dans les conceptions du monde qui estiment que « tout est dans tout ». Souvent il s'allie à un animisme radical qui exclut toute distinction entre l'ordre des choses et celui du vivant. Solidaire des options philosophiques, religieuses ou artistiques qui cherchent avec une certaine nostalgie à établir un lien entre le visible et l'invisible, l'apparence et l'essence, il joue sur les analogies, les symboles, les médiations, les ressemblances. S'il échappe aux déterminations strictes, il répond avant tout à un rêve d'unité. Très répandues dans l'Antiquité et au Moyen Âge, les théories de la correspondance du macrocosme et du microcosme culminent à l'époque de la Renaissance. Dans la polémique contre l'univers clos et hiérarchisé hérité d'Aristote et de Ptolémée, elles jouent un grand rôle. Enfin, comme « image » de la nature, l'homme ne découvre plus seulement en lui l'ordre de l'univers, mais son propre dynamisme conquérant. À l'idée de modèle se substitue un autre découpage de la réalité. Le vieux rapport entre l'homme et le cosmos est renversé : l'individu ne se pense plus à l'intérieur de l'univers, mais il s'affirme comme unique source de valeur. Ce retournement accompli, le parallélisme entre le microcosme et le macrocosme ne se justifiera plus. D'ailleurs, la naissance de la science impliquera un autre type de rationalité. Aux analogies vagues, aux correspondances trop vastes, Galilée puis Descartes substitueront des distinctions précises et limitées. Seuls les courants h [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 7 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  MICROCOSME ET MACROCOSME  » est également traité dans :

ĀTMAN

  • Écrit par 
  • Michel HULIN
  •  • 886 mots

La notion d' ātman est une des notions clés de la pensée indienne, une des plus anciennement attestées aussi. Sa signification première a sans doute été celle de «  souffle vital » (en allemand : Atem ). Eu égard à son usage comme pronom réfléchi, à l'accusatif, en sanskrit, l'habitude s'est prise de la rendre par «  Soi » (en anglais : Self  ; en allemand : Selbst ). Sa grande originalité, par r […] Lire la suite

BOUDDHISME (Les grandes traditions) - Bouddhisme indien

  • Écrit par 
  • Jean FILLIOZAT, 
  • Pierre-Sylvain FILLIOZAT
  •  • 10 626 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Mahāyāna tardif et tantra »  : […] Le « Mahāyāna » montrait le caractère illusoire du monde, mais il minimisait, par là même, la gravité de l'attachement au monde. Ce qu'abhorrait le fidèle du bouddhisme primitif devait apparaître de plus en plus inoffensif à ceux qui en reconnaissaient l'inanité et pouvaient même s'en servir symboliquement, pour confirmer, dès ce monde, au cours d'une action qui ne leur répugnait plus, la conscien […] Lire la suite

CARDAN JÉRÔME (1501-1576)

  • Écrit par 
  • Jean-Claude MARGOLIN
  •  • 1 962 mots

Dans le chapitre « De l'algèbre à l'astrologie »  : […] « Médecin milanais », comme il aime à se désigner lui-même sur la page de titre de ses œuvres imprimées, Cardan s'est pourtant assuré la réputation la plus durable dans le domaine des mathématiques, et notamment de l'algèbre. En 1539, il publie à Milan un ouvrage d'arithmétique, la Practica arithmeticè et mensurandi singularis (réimprimé à Nuremberg). Mais c'est surtout en 1545, avec son Ars mag […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - Symbolisme traditionnel et religions populaires

  • Écrit par 
  • Maxime KALTENMARK, 
  • Michel SOYMIÉ
  •  • 7 068 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'homme comme microcosme »  : […] De même que mythiquement le monde est formé du corps de Bangu, l'homme cosmique, de même le corps humain est un microcosme dont chaque élément est en correspondance avec une partie du macrocosme. La tête, ronde, est le Ciel, les pieds sont la Terre ; la poitrine est yang ainsi que la gauche du corps, le dos et le côté droit sont yin  ; les membres correspondent aux quatre saisons et les articulat […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - La médecine en Chine

  • Écrit par 
  • Florence BRETELLE-ESTABLET
  •  • 8 510 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Le corps : un microcosme hiérarchisé à l'image du macrocosme »  : […] Selon ces textes, le corps humain est composé d'unités anatomiques-fonctionnelles parcourues par un réseau de canaux liant toutes les parties entre elles et acheminant des substances, en particulier le sang et le Qi . Douze canaux (« canal » est aujourd'hui préféré à « méridien » car il rend mieux compte de l'idée d'acheminement qui sous-tend les termes chinois) sont reliés aux onze ou douze entit […] Lire la suite

FLUDD ROBERT (1574-1637)

  • Écrit par 
  • Sylvain MATTON
  •  • 1 580 mots

Dans le chapitre « Une œuvre considérable »  : […] Né à Milgate House (Kent), Fludd, qui latinisa son nom en de Fluctibus , entra en 1592 à St. John's College, à Oxford. Bachelier en 1596, maître ès arts en 1598, il voyagea ensuite pendant six ans sur le continent, étudiant la médecine paracelsiste et les sciences occultes. Il s'inscrivit ensuite à Christ Church College (Oxford) et fut reçu docteur en médecine (1605). Afin de s'installer à Londres […] Lire la suite

HUMEURS THÉORIE DES

  • Écrit par 
  • Sophie SPITZ
  •  • 929 mots
  •  • 1 média

Élaborée peu à peu par Hippocrate (460 env.-env. 370 av. J.-C.) et les auteurs du Corpus Hippocraticum , puis par Galien (129-env. 201), la doctrine médicale de la théorie des humeurs a joué un rôle prépondérant dans l'histoire de la médecine jusqu'à la fin du xviii e siècle environ. La théorie humorale considère que la santé de l'âme comme celle du corps réside dans l'équilibre des humeurs — sa […] Lire la suite

ISMAÉLISME

  • Écrit par 
  • Michel BOIVIN, 
  • Osman YAHIA
  •  • 6 935 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La philosophie de la nature »  : […] La philosophie de la nature chez les ismaéliens s'appuie sur celle d'Aristote, réinterprétée selon une perspective néo-platonicienne. Ce qui attire d'abord l'attention du chercheur est ici la distinction entre le macrocosme et le microcosme, qu'en même temps ils considèrent comme liés l'un à l'autre et en correspondance. L'apparition du macrocosme dans l'existence répond à un acte d'instauration […] Lire la suite

LÉONARD DE VINCI (1452-1519)

  • Écrit par 
  • André CHASTEL
  •  • 12 072 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Le savoir »  : […] La « science » de Léonard a généralement déçu les philosophes qui mettent, comme il se doit, l'accent sur la systématisation des observations ; elle a ébloui ceux qui sont sensibles à la capacité d'appréhender méthodiquement les phénomènes et d'isoler leurs caractères. Il n'y a aucun doute, l'activité intellectuelle de Léonard est plus conforme à l'orientation aristotélicienne qui part de la saisi […] Lire la suite

MAṆḌALA

  • Écrit par 
  • Odette J. MONOD
  •  • 1 583 mots
  •  • 1 média

Le maṇḍala (terme sanskrit signifiant « cercle » ; en tibétain, dkyil-'khor ) est l'expression d'un concept cosmologique qu'énoncent les textes anciens de l'Inde et que l'on traduit plastiquement sous des aspects variés. Il joue un rôle mystique et rituel dans les religions issues de l'Inde, notamment dans l'hindouisme, le bouddhisme lamaïque tibétain et le bouddhisme ésotérique japonais. Les div […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Hélène VÉDRINE, « MICROCOSME ET MACROCOSME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/microcosme-et-macrocosme/