LIBAN

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LIBAN : quelques données-clés.
Nom officielRépublique libanaise (LB)
Chef de l'ÉtatMichel Aoun (depuis le 31 octobre 2016)
Chef du gouvernementNagib Miqati (depuis le 13 juin 2011)
CapitaleBeyrouth
Langue officiellearabe 2
Note : Selon l'article 11 de la Constitution, une loi devra déterminer les cas où il sera fait usage de la langue française. Cette loi n'a toujours pas vu le jour
Unité monétairelivre libanaise (LBP)
Population6 685 000 (estim. 2022)
Superficie (km2)10 452

La guerre

La « guerre des deux ans » (1975-1976)

La guerre débute, le 13 avril 1975, par un accrochage meurtrier entre Kataëb et militants palestiniens radicaux dans la banlieue de Beyrouth. Au mois de février, l'armée avait réprimé à Saïda une manifestation populaire contre la vie chère, à laquelle s'étaient joints des fidayīn en armes ; déjà se dessinait, entre le Mouvement national, les élites musulmanes frustrées par le partage communautaire et les Palestiniens, la coalition qui allait affronter durant deux ans les forces conservatrices dominées par les maronites et appuyées par quelques brigades de l'armée. L'étincelle palestinienne éclate dans la poudrière libanaise alors que le Proche-Orient tout entier vit à l'heure des remises en cause : à la suite de la guerre d'octobre 1973, les dirigeants arabes ont troqué leurs aspirations révolutionnaires contre un pragmatisme, des intérêts étroitement étatiques et des négociations avec Israël sous égide américaine. Cette nouvelle stratégie implique le verrouillage de la revendication palestinienne dans leurs pays respectifs, parfois même son écrasement militaire. En revanche, sur le territoire libanais, la lutte armée et le radicalisme se jouent d'un État qui a longtemps proclamé que « sa force était dans sa faiblesse » ; ils se conjuguent pour menacer les équilibres traditionnels.

1962 à 1989. De la guerre froide à la détente

Vidéo : 1962 à 1989. De la guerre froide à la détente

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Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Échappant au contrôle d'une armée paralysée par ses loyautés contradictoires, les affrontements entre « conservateurs chrétiens » et « islamo-palestino-progressistes » – c'est ainsi que la presse étiquette deux coalitions complexes et changeantes – se propagent à l'ensemble du pays, dressant village contre village, vallée contre vallée et quartiers contre quartiers. Embuscades, guérilla urbaine à la kalachnikov, tirs de francs-tireurs non identifiés sont bientôt suivis par l'entrée en lice de canons et de lance-roquettes que les milices se sont procurés, grâce aux subventions des émigrés ou de protecteurs arabes. Les civils sont les cibles privilégiées de bombardements et de tirs aveugles, d'attentats, d'enlèvements et d'assassinats, tandis que les pillages et les destructions alimentent les cycles de représailles. Durant l'automne de 1975, le centre de Beyrouth brûle, les grands hôtels sont le siège d'âpres batailles entre Kataëb et forces progressistes, en particulier les Mourābitoun – combattants sunnites menés par le jeune Ibrahim Qoleilat –, les grandes banques qui faisaient la réputation et la richesse du pays sont pillées. Lorsque la Syrie impose un cessez-le-feu le 22 janvier 1976 et propose un rééquilibrage du partage des pouvoirs entre communautés, la capitale est déjà traversée par une ligne de front qui sépare désormais l'« Est » chrétien de l'« Ouest » à majorité musulmane.

Affrontements au Liban, automne de 1975

Photographie : Affrontements au Liban, automne de 1975

Violents affrontements dans le centre de Beyrouth, opposant les phalanges chrétiennes aux forces islamo-progressistes dans une quasi-guerre civile (octobre 1975). 

Crédits : Claude Salhani/ Sygma/ Getty Images

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En quelques mois, la guerre dessine à travers le pays les frontières entre les deux principaux protagonistes. Les habitants chiites et palestiniens des camps et des banlieues de l'entrée nord de Beyrouth sont expulsés par la force en janvier 1976 ; en riposte, les chrétiens de Damour, petite ville côtière au sud de la capitale, doivent fuir par mer ; des deux côtés, plusieurs centaines de personnes sont massacrées. Les forces militaires progressistes et les organisations palestiniennes qui les ont rejointes les unes après les autres profitent de l'éclatement de l'armée, en mars 1976, pour resserrer leur étau autour des régions centrales du Metn et du Kesrouan où le président Frangié se réfugie parmi ses alliés du Front libanais dirigé par Camille Chamoun et Pierre Gemayel.

La Syrie, déjà présente dans la guerre à travers la Sā'iqa, prodigue avertissements et soutien aux deux adversaires. Le président Assad ordonne l'entrée de troupes et de blindés au Liban, discrètement à partir d'avril et massivement à dater du 1er juin 1976, dans le but de préserver le statu quo et de mettre en échec les ambitions des « palestino-progressistes ». Dans cette initiative, le souvenir amer de la division du Proche-Orient en États séparés au début du siècle et de l'acquiescement enthousiaste de certains maronites est toujours présent. Mais les militaires majoritairement originaires de la communauté alaouite qui gouvernent à Damas ont des ambitions stratégiques plutôt qu'un projet d'annexion. Leur intérêt est d'éviter la sécession d'un petit Liban chrétien qui s'allierait à Israël, tout en freinant la surenchère socialisante et nationaliste arabe [...]

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Liban : carte physique

Liban : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Liban : drapeau

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Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Liban : répartition territoriale des principales communautés

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Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Temple de Bacchus, Baalbek, Liban

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Crédits : Bridgeman Images

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Pour citer l’article

Philippe DROZ-VINCENT, Elizabeth PICARD, Éric VERDEIL, « LIBAN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/liban/