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HOMS

Syrie : carte administrative

Syrie : carte administrative

Ville de Syrie, située à l'est de l'Oronte, à l'entrée de la dépression qui sépare les monts du Liban et ceux du djabal ‘Ansāriyya, Homs (en arabe Ḥimṣ) contrôle donc la route qui va de la Méditerranée au golfe Arabique en passant par Palmyre. De nombreuses batailles se sont livrées sous ses murs : en 272, les armées romaines y triomphent de la reine de Palmyre, Zénobie ; en 1281, les Mamelouks y repoussent les Mongols. Bien qu'attestée depuis le ~ IIe millénaire, la ville ne connaît un certain développement qu'au ier siècle, sous le nom d'Émèse. Elle s'agrandit et s'embellit sous la dynastie des Sévères : deux d'entre eux, Héliogabale et Alexandre, en sont originaires. Devenue siège métropolitain sous les Byzantins elle n'offre cependant aucune résistance à l'invasion musulmane et ouvre ses portes en 637. Elle devient alors la capitale de l'une des cinq circonscriptions militaires (djund) de Syrie. Sous les Omeyyades et au début du califat ‘abbāside, sa situation est fort troublée : elle se trouve en effet au cœur des luttes tribales entre Arabes du Nord et Arabes du Sud. À partir de la fin du ixe siècle, les États issus du déclin du califat se disputent la ville : en 883 Ibn Tūlūn, qui gouverne l'Égypte, la place sous son autorité. En 903, elle est attaquée par les Qarmates. Au milieu du xe siècle, les Irshīdides d'Égypte la disputent aux Hamdanides d'Alep. Ces derniers sont défaits par l'empereur d'Orient Nicéphore II Phocas, et, en 969, les Byzantins prennent et incendient Homs. Reprise par les Ḥamdānides, elle est à nouveau incendiée par les Grecs en 983 et 999. Rebâtie et fortifiée, elle résiste aux croisés. Nūr al-Dīn s'y installe en 1149 et en fait une base de départ contre les Francs.

Durant tout le Moyen Âge, elle est un centre agricole prospère (moulins, pressoirs, soie). Elle demeure un important marché et un centre d'industries de transformation agricoles (sucreries, minoteries, pressoirs à huile, filatures). Le passage du pipe-line qui va de Kirkouk à Tripoli, d'une part, à Banyas, de l'autre, a permis la création d'une importante raffinerie, conférant à Homs un rôle économique particulier. Elle est un des lieux symboliques de la révolte contre le régime syrien en 2011.

— Georges BOHAS

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Écrit par

  • : docteur ès lettres, directeur de l'Institut français d'études arabes de Damas

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Syrie : carte administrative

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Autres références

  • ÉVOLUTION DE LA VILLE ISLAMIQUE

    • Écrit par Janine SOURDEL
    • 3 970 mots
    • 1 média
    ...existèrent en effet des villes repliées sur elles-mêmes auprès de ces impressionnantes citadelles dont le plus beau spécimen, à côté de celles de Damas, de Homs, de Baalbek ou de Bosra, est sans doute la majestueuse forteresse d'Alep, dressée encore aujourd'hui au-dessus de son glacis circulaire.
  • ORONTE

    • Écrit par Jean-Marc PROST-TOURNIER
    • 591 mots
    • 1 média

    Rivière du Proche-Orient, l'Oronte (en arabe, Nahr al-‘Asī : « le fleuve rebelle ») est long de 570 kilomètres et présente un débit moyen de 78,5 mètres cubes par seconde. Il naît au Liban, dans la Bekaa (Ain Zerqa : la « Source bleue »), au nord du seuil de Baalbek...

  • SYRIE

    • Écrit par Fabrice BALANCHE, Jean-Pierre CALLOT, Philippe DROZ-VINCENT, Universalis, Philippe RONDOT, Charles SIFFERT
    • 37 006 mots
    • 13 médias
    ...privatisation officielle. La tendance naturelle à la concentration des activités et de la population autour des quatre métropoles de l’intérieur ( Damas, Homs, Hama et Alep) reprend au détriment des campagnes et des petites villes. Les déséquilibres centre-périphérie s’accroissent tant sur le plan national...

Voir aussi