LA CITÉ DE DIEU, AugustinFiche de lecture

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Interprétations de l'œuvre

Sur la nature précise de l'ouvrage, les commentateurs s'accordent aujourd'hui à le considérer « non comme un traité de théorie politique, mais comme l'expression d'une philosophie de l'histoire, qui s'efforcerait de cerner un dessein divin dans le cours des événements » (Henry Chadwick). Augustin s'y révèle exégète, philosophe et théologien et s'inspire tour à tour de la Bible, de Cicéron, de Varron, d'Eusèbe, en remontant à Platon, Porphyre et Plotin. Il offre une vision théologique de l'histoire de l'humanité, de l'histoire du péché et du salut, du bonheur et du malheur. L'ouvrage est qualifié de « théologie de l'histoire » par Henri Irénée Marrou, ou de façon encore plus concise de « traité de la religion » par Goulven Madec.

Les destinataires de La Cité de Dieu sont les intellectuels, contemporains d'Augustin, non convertis au christianisme, même si l'auteur donne parfois trop l'impression de s'acharner sur un « paganisme de bibliothèque ». tel un rhéteur, brillant et prolixe, Augustin passe de la polémique à une démonstration dogmatique : après sa « démolition du paganisme », il entreprend de montrer que seul le christianisme propose la vérité qui satisfait le cœur et l'intelligence, étant le chemin qui libère du mal et de la misère.

Au Moyen Âge, on s'est réclamé de cet ouvrage pour justifier la primauté pontificale (de Grégoire VII à Boniface VIII), alors qu'Augustin ignore la théocratie et ne dit nulle part que la puissance impériale ait été dévolue à l'Église. Il a toujours reconnu la légitimité et l'autonomie du politique. Jusqu'à une date récente pourtant, il y eut des historiens catholiques pour justifier l'augustinisme politique, affirmant, tel Arquillière « qu'il a permis aux papes de sauver la chrétienté de la m [...]



1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages




Écrit par :

  • : docteur ès sciences religieuses, ancien membre de la Direction littéraire de Desclée De Brouwer

Classification


Autres références

«  LA CITÉ DE DIEU, Augustin  » est également traité dans :

AUGUSTIN saint (354-430)

  • Écrit par 
  • Michel MESLIN
  •  • 8 944 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Dieu et l'histoire humaine »  : […] La spiritualité augustinienne, qui s'attache tant à montrer aux hommes que les valeurs terrestres et humaines ne sont que passagères, s'épanouit en une théologie de l'histoire, essentiellement formulée dans La Cité de Dieu. La prise de Rome, en 410, par les Wisigoths d'Alaric ne fut politiquement qu'un raid audacieux, mais sans graves conséquences immédiates. En revanche, le retentissement psycho […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/augustin/#i_31844

AUGUSTINISME

  • Écrit par 
  • Michel MESLIN, 
  • Jeannine QUILLET
  •  • 5 573 mots

Dans le chapitre « La théorie médiévale de la théocratie pontificale »  : […] Le concept d'augustinisme politique appartient à l'histoire des doctrines politiques médiévales. C'est, en quelque sorte, par analogie avec ce qu'un certain nombre d'éminents historiens de la philosophie médiévale ont appelé l'augustinisme, et notamment Étienne Gilson, que H. X. Arquillière, dans son ouvrage intitulé L'Augustinisme politique , a élargi au domaine politique les caractéristiques de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/augustinisme/#i_31844

JUSTICE SOCIALE

  • Écrit par 
  • Bernard VALADE
  •  • 7 951 mots

Dans le chapitre « La mutation chrétienne de l'idée de justice »  : […] Les Pères latins ont hérité cette conception de la justice humaine comme essentiellement défectueuse ; mais ils lui ont fait subir une mutation radicale, dans le sens d'un recentrement sur Dieu, avec la conversion de la res publica en une communauté chrétienne. Chez Augustin, la justice est la pierre d'angle de la société civile ; et La Cité de Dieu (XIX, 13) reprend la définition cicéronienne de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/justice-sociale/#i_31844

OROSE (1re moitié Ve s.)

  • Écrit par 
  • Hervé SAVON
  •  • 1 595 mots

Dans le chapitre « Du passé païen aux « temps chrétiens » »  : […] Quelques années plus tôt, en 410 exactement, la prise de Rome par les Goths d'Alaric et le sac qui s'en était suivi avaient profondément choqué les esprits. Pour la première fois depuis l'invasion gauloise de 387 avant Jésus-Christ, un ennemi entrait en vainqueur dans la « Ville éternelle ». Les païens virent là un châtiment divin : Rome était punie pour avoir abandonné les dieux qui avaient fait […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/orose/#i_31844

Pour citer l’article

Charles CHAUVIN, « LA CITÉ DE DIEU, Augustin - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-cite-de-dieu/