HERBIER DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE

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Utilisé pendant longtemps pour nommer un livre qui contenait des illustrations de plantes, le mot herbier désigne actuellement une collection de plantes séchées mais aussi le bâtiment dans lequel elle est conservée.

Représenté par quelque huit millions de végétaux et de champignons, l’herbier du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, encore appelé « herbier national », est un véritable trésor. Réunies depuis des siècles, ces collections, qui ne cessent de s’enrichir, constituent un précieux outil non seulement pour les travaux de botanique mais aussi pour ceux de nombreuses autres disciplines : écologie, pharmacologie, agronomie, génétique… Avec ses plantes provenant du monde entier et représentant tous les groupes de végétaux, l’herbier du Muséum donne un aperçu de la diversité de la flore mondiale.

Cinq ans de travaux ont été nécessaires (2009-2013) pour moderniser et réaménager le bâtiment, situé rue Buffon à Paris, qui était devenu vétuste et inadapté pour accueillir l’ensemble des collections. Dans le même temps, les collections botaniques elles-mêmes ont été réorganisées afin qu’elles reflètent mieux la classification actuelle et qu’elles soient plus facilement accessibles pour les chercheurs.

Les origines de l’herbier national

La constitution d’un herbier est une pratique qui est apparue vers 1530 en Italie, à Pise, avec les premières planches séchées du botaniste Luca Ghini. Elle est concomitante des jardins botaniques et témoigne d’une volonté de comprendre le monde végétal. La production de papier, qui s’est accrue avec le développement de l’imprimerie, n’est pas non plus étrangère à l’essor de la constitution des herbiers.

Si cette pratique est attestée dans le sud de la France, à Montpellier ou à Aix-en-Provence, dès le xviie siècle, il faudra attendre la fin de ce siècle, voire le début du xviiie, pour que les premières collections de plantes séchées apparaissent au Jardin royal des plantes médicinales (aujourd’hui Jardin des Plantes). En effet, ce lieu, créé en 1635 sous Louis XIII pour l’enseignement des plantes aux médecins et apothicaires, est d’abord un jardin où est cultivée la plus grande diversité possible de plantes, qu’elles proviennent de France ou qu’elles aient été rapportées des voyages d’exploration. Ces plantes vivantes sont destinées à l’enseignement. Guy Crescent Fagon, intendant du Jardin, et les botanistes Joseph Pitton de Tournefort et Sébastien Vaillant constituent alors les premiers herbiers.

Si l’on ne peut, de façon sûre, attribuer à Fagon certaines planches séchées, l’herbier (quelque 9 000 planches) que lègue Tournefort au roi, en 1708, forme la première collection du cabinet du roi, à laquelle s’ajoutera celle de Sébastien Vaillant, achetée à sa veuve en 1722.

Herbier : planche de Sébastien Vaillant

Photographie : Herbier : planche de Sébastien Vaillant

Cette planche de l'herbier du botaniste français Sébastien Vaillant (1669-1722), conservée au Muséum national d'histoire naturelle, représente un ananas (Bromelia ananas). Cette espèce est connue en Europe depuis Christophe Colomb. Ce spécimen provient vraisemblablement de plantes... 

Crédits : F. Bouazzat/ MNHN

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À la création du Muséum national d’histoire naturelle, en 1793, René Louiche Desfontaines, sur un projet de Jean-Baptiste de Lamarck, réunit les différentes collections alors présentes dans le cabinet du roi en une seule collection. Les spécimens sont de nouveau identifiés et classés par famille. Dans le même temps sont constituées des séries par pays. Échappent à cette réorganisation les herbiers personnels de Louis Guillaume Lemonnier, des Jussieu, de Lamarck et de Desfontaines, tous botanistes au Jardin du roi.

L’herbier de Tournefort, organisé selon son système de classification, est conservé à part, formant ainsi la première collection dite historique. Celui de Sébastien Vaillant, qui semble peu classé, est de nouveau identifié et sert alors de base à la collection générale. Les herbiers de Desfontaines, Jussieu, Humboldt et Bonpland, Adanson… rejoindront l’herbier Tournefort, comme collections historiques. Conservées dans leur classement d’origine, ces collections historiques reflètent l’état des connaissances à une époque donnée. À l’aube du xxe siècle, les dons des collections de plantes et documentaires d’Ernest Cosson et d’Emmanuel Drake del Castillo, [...]

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Herbier : planche de Sébastien Vaillant

Herbier : planche de Sébastien Vaillant
Crédits : F. Bouazzat/ MNHN

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Plante carnivore Nepenthes madagascariensis

Plante carnivore Nepenthes madagascariensis
Crédits : P. Lafaite/ M.N.H.N.

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Herbier du Muséum national d’histoire naturelle

Herbier du Muséum national d’histoire naturelle
Crédits : F. Bouazzat/ M.N.H.N.

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Herbier : numérisation des planches

Herbier : numérisation des planches
Crédits : O. Poncy/ MNHN

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Pour citer l’article

Denis LAMY, « HERBIER DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/herbier-du-museum-national-d-histoire-naturelle/