GHINI LUCA (1490-1556)

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Médecin et botaniste italien, Luca Ghini créa les premiers jardins botaniques en Italie et fut promoteur de l’herbier au sens moderne du terme.

Né à Croara, près d’Imola (Italie), Luca Ghini suit des études de médecine à l’université de Bologne et reçoit le 17 janvier 1527 le titre de docteur en médecine. Il y professe ensuite cette discipline en une chaire créée pour lui le 19 février 1528. Nommé « professor simplicium » (1537), il y enseigne aussi l’histoire naturelle des médicaments, puis la botanique.

Durant ces années 1530-1540, le savoir botanique est renouvelé par la relecture des textes anciens (Dioscoride, Pline, etc.) et surtout par l’observation des plantes. L’institutionnalisation d’un enseignement des simples et de la matière médicale (étude de l’ensemble des matières premières – animales, végétales et minérales – à usage médical) séparé de celui de la médecine doit essentiellement à la famille des Médicis. Cosme Ier de Toscane, devenu duc de Florence en 1537, restaure l’université de Pise (1543) et y attire Luca Ghini comme professeur de botanique. Accompagné de son élève Luigi Anguillara (1512-1570), Ghini herborise dans la région de Pise et dans les Alpes apuanes pour la mise en place du jardin botanique de Pise. Rompant avec les jardins médiévaux, ce jardin, créé à l’été 1543, est organisé de telle façon qu’il puisse servir de support à l’étude et à l’enseignement des plantes. Il s’agit là du premier jardin botanique académique, qui sera suivi de la création de ceux de Padoue (juillet 1545), de Florence (appelé « le Jardin des simples », créé en décembre 1545 par Ghini comme une dépendance de celui de Pise) et de Bologne (1568). En 1554, Ghini revient à Bologne comme professeur de botanique. Il meurt deux ans plus tard dans cette ville, le 4 mai 1556.

À l’époque où Ghini enseigne à Pise et Bologne, l’art de faire des herbiers – c’est-à-dire sécher, puis coller les plantes sur des feuilles de papier – se développe. Ghini n’a pas fait d’herbier, même s’il adresse des plantes sèches à ses élèves et collègues. En revanche, un de ses élèves, John Falconer, sera le diffuseur de ce nouvel outil botanique. L’herbier participera à la diffusion du savoir botanique, dans les nombreux échanges et visites entre les botanistes.

Si Luca Ghini n’a pas publié, son enseignement de la botanique, fondé sur la démonstration de plantes vivantes dans le jardin botanique, est suivi par d’illustres botanistes du xvie siècle, soit comme étudiants soit comme visiteurs de courte durée. Parmi eux, on peut citer : Luigi Anguillara, qui dirigera le jardin botanique de Padoue ; Guillaume Rondelet (1507-1566), connu surtout pour ses études sur les poissons, mais dont l’enseignement à Montpellier est remarquable ; Andrea Cesalpino (1519-1603), créateur d’un système de botanique ; Pietro Andrea (ou Pierandrea) Mattioli (ou Matthioli) (1501-1577), connu pour ses commentaires des travaux de Dioscoride ; ou encore Ulisse Aldrovandi (1522-1605), qui dirigera le jardin botanique de Bologne et constituera un herbier considérable.

Alors que Mattioli appelait Ghini « le nouveau Dioscoride », Joseph Pitton de Tournefort le qualifiera de médecin exceptionnel par l’esprit et la doctrine. Quant à Johan Christian Daniel von Schreber, il lui dédiera une petite Verbénacée : le Ghinia. Ce genre n’a pas été conservé, ses espèces ont été depuis incluses soit dans le genre Tamonea soit dans le genre Cardamine.

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Denis LAMY, « GHINI LUCA - (1490-1556) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/luca-ghini/