TOURNAI

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Située dans l'aire dialectale picarde et non wallonne, Tournai est la principale ville de la partie occidentale de la province belge de Hainaut (67 844 habitants en 2007). Toutefois, cette population importante tient aux fusions de communes de 1977, qui ont rattaché à la commune un vaste territoire rural. En fait, la partie agglomérée centrale de la commune ne dépasse guère 30 000 habitants, comme lors de l'indépendance de la Belgique : située en dehors de l'ancien axe charbonnier wallon, la ville a stagné durant la révolution industrielle, alors qu'elle était la deuxième de Wallonie au moment de l'indépendance de la Belgique, après Liège, l'une et l'autre villes épiscopales. Tournai, qui ne relevait pas de l'ancien comté de Hainaut, a conservé le siège épiscopal du département de Jemappes, la future province de Hainaut (chef-lieu : Mons), lors du rattachement à la France révolutionnaire. Même si elle est bordée par un important bassin carrier, Tournai fait donc figure de ville historique et de bourgeoisie de robe.

Belgique : carte administrative

Carte : Belgique : carte administrative

Carte administrative de la Belgique. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Cité romaine sur l'Escaut, au croisement des routes Arras-Asse et Bavay-Boulogne, Tournai vivait de ses fonctions administratives et de l'industrie de la pierre calcaire et de la laine. Capitale des Francs saliens au ve siècle, elle abrita la sépulture du père de Clovis, Childéric. Elle perdit ce statut de capitale sous le règne de Clovis, au profit de Paris.

Cœur d'une seigneurie épiscopale au ixe siècle (le diocèse a été fondé au vie siècle), contrôlée par le comte de Flandre au xie siècle, la ville reçut une charte communale en 1059 et dut sa prospérité à l'industrie drapière et à la pierre calcaire, utilisée pour la taille ou la chaux. Prise par Philippe Auguste en 1187, la ville est alors soumise à la vassalité directe du roi de France ; elle grignote les pouvoirs de l'évêque et étend son emprise sur ses environs, aux dépens du comte de Flandre. L'ensemble de la châtellenie passe sous l'autorité directe du roi de France en 1321. Le Tournaisis fut rattaché aux Pays-Bas sous Charles Quint, en 1521, après une occupation de quelques années par le roi d'Angleterre Henri VIII (1513-1518). Pendant les troubles religieux, Tournai s'ouvrit aux influences calvinistes, comme beaucoup de villes flamandes et brabançonnes ; elle fut reprise par Alexandre Farnèse en 1581. Les Français s'en emparèrent entre 1667 et 1709, et Louis XIV la fit alors fortifier par Vauban, puis une nouvelle fois de 1745 à 1748 pendant la guerre de succession d'Autriche, et enfin en 1792. Les bombardements de mai 1940 détruisirent de nombreux monuments, tels l'hôtel de ville, l'évêché et les maisons romanes.

Tournai est, depuis le Moyen Âge, un centre de création artistique : son école de sculpture produisait dès le xiie siècle les dalles funéraires, les fonts baptismaux et les retables destinés à l'exportation lointaine. Au xve siècle, son école de peinture compte entre autres Rogier de la Pasture (connu sous le nom de Van der Weyden), et ses tapisseries de haute lisse sont renommées. La cathédrale Notre-Dame, édifiée au xiie siècle en style roman, est caractérisée par l'harmonieuse élévation de sa nef et de son transept et ses cinq tours qui surmontent la croisée. Réalisé au xiiie siècle, le chœur, avec ses proportions élancées, introduit le style gothique dans le pays. Elle est classée au patrimoine de l'U.N.E.S.C.O., comme le beffroi. Il faut mentionner la manufacture de porcelaine, créée au xviiie siècle sur l'ordre de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche.

Aujourd'hui, les stratégies de développement de Tournai s'élaborent dans un projet transfrontalier et transrégional, organisé autour de la métropole lilloise, qui associe Courtrai et Ypres, côté flamand, Mouscron côté wallon. Tournai et le Hainaut occidental visent à se positionner dans l'espace existant entre Bruxelles et Lille.

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Écrit par :

  • : docteur en sciences géographiques, professeur émérite à l'Université libre de Bruxelles, membre de la classe des lettres de l'Académie royale de Belgique, président de la Société royale belge de géographie

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Pour citer l’article

Christian VANDERMOTTEN, « TOURNAI », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tournai/