ÉQUILIBRE ÉCONOMIQUE

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Équilibre partiel et équilibre général

Jusqu'à présent, on s'est situé dans le cas le plus général, celui où on suppose qu'il existe plusieurs biens, qui peuvent plus ou moins être substitués les uns aux autres dans la consommation et, bien plus rarement, dans la production. On a donc adopté un point de vue d'équilibre général – le mot « général » désignant le fait que tous les biens et toutes les interdépendances de l'activité économique sont pris en compte, simultanément (Gérard Debreu, Théorie de la valeur, 1959). Une telle approche ne permet pas, cependant, d'aller très loin – en raison de la complexité des interactions des décisions, dès lors qu'elles sont le fait de plusieurs individus (ou entités). Même dans le cadre le plus simple possible, celui de la concurrence parfaite, les interdépendances sont telles qu'on ne peut établir de propriétés générales pour les équilibres – concernant leur stabilité, mais aussi dans une perspective de statique comparative. En fait, dès qu'on sort quelque peu du cadre de la concurrence parfaite, l'existence même de l'équilibre devient problématique.

Pour toutes ces raisons, l'habitude a été prise, en théorie économique, d'adopter un point de vue dit « d'équilibre partiel », qui consiste à ne considérer que les échanges ayant trait à un seul bien, en négligeant ce qui se passe avec les autres biens – on dit qu'on suppose « toutes choses égales par ailleurs » (ceteris paribus). Une telle façon de faire est évidemment contestable, et contestée, puisqu'elle revient à ne pas tenir compte du fait que, lorsque le prix d'un bien varie, relativement au prix des autres biens, cela a un effet sur la demande de ce bien mais aussi sur celle de certains autres biens (auxquels il peut être substitué), ainsi qu'un effet sur le revenu des fournisseurs de ce bien – autrement dit, et en toute rigueur, les choses ne peuvent pas demeurer « égales par ailleurs ». En outre, et surtout, l'approche par l'équilibre partiel ne découle pas directement des choix des unités de base, puisque ces choix portent sur un ensemble de biens, expression des divers choix possibles. Le théoricien va alors se donner une courbe d'offre et une courbe de demande, pour le prix du bien qui l'intéresse – avec le prix de ce bien en abscisse, et sa quantité offerte ou demandée en ordonnée –, courbes dont il essaiera parfois de justifier la pente en utilisant les résultats d'études concernant les réactions des individus aux variations de prix (on sera donc en présence des « réactions moyennes » de tels individus).

La courbe de demande étant supposée décroissante, celle d'offre croissante, elles se coupent en un seul point, qui donne le prix et la quantité d'équilibre (partiel) – équilibre de concurrence parfaite puisque les courbes d'offre et de demande sont supposées traduire le choix d'agents preneurs de prix (donc avec une institution de type commissaire-priseur qui les propose). La figure 1 décrit une situation de ce type, où E représente l'équilibre.

Équilibre partiel : représentation de l'équilibre

Dessin : Équilibre partiel : représentation de l'équilibre

La courbe de demande (décroissante) et la courbe d'offre (croissante) se coupent en un point E qui donne le prix et la quantité d'équilibre (partiel). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Dans une représentation aussi simplifiée, toute modification des paramètres (goûts, coûts de production, revenus, taux d'intérêt, etc.) se traduit par un déplacement de la courbe de la demande, de la courbe d'offre, ou de toutes les deux, et donc par un déplacement de l'équilibre – ce qui conduit à des conclusions de statique comparative. Ainsi, dans la figure 2, si le déplacement de la courbe de demande résulte d'une hausse ΔR du revenu, alors on peut dire que celle-ci a provoqué une hausse Δp du prix du bien et Δq de sa quantité produite et consommée (passage de l'équilibre E à l'équilibre E'). Le raisonnement n'est toutefois valable que si la variation du revenu est, par hypothèse, indépendante de celle du prix ou de la quantité (produite ou consommée) – ce qui n'est vrai qu'approximativement, tout au plus.

Équilibre partiel (déplacement de l'équilibre)

Dessin : Équilibre partiel (déplacement de l'équilibre)

Le déplacement de la courbe de demande (translation vers la droite), à la suite d'une variation positive du revenu, provoque une hausse ? p du prix du bien et ?q de sa quantité produite et consommée. L'équilibre se déplace de E à E'. 

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Équilibre partiel : représentation de l'équilibre

Équilibre partiel : représentation de l'équilibre
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Équilibre partiel (déplacement de l'équilibre)

Équilibre partiel (déplacement de l'équilibre)
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Équilibre de Nash et multiplicité d'équilibres

Équilibre de Nash et multiplicité d'équilibres
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Écrit par :

  • : maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

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Pour citer l’article

Bernard GUERRIEN, « ÉQUILIBRE ÉCONOMIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/equilibre-economique/