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ÉQUILIBRE ÉCONOMIQUE

Équilibre et « loi de l'offre et de la demande »

En économie, lorsqu'on parle d'équilibre, sans autre précision, on pense généralement à « l'égalité de l'offre et de la demande ». Le théoricien ne peut toutefois s'en tenir à une idée aussi vague, et cherche donc à préciser ce qu'on peut entendre par là – notamment en ce qui concerne l'origine des offres et des demandes. Celles-ci proviennent d'individus ou d'entités telles que les ménages, les entreprises, les administrations, etc., unités de décision de base de l'économie. Comment celles-ci feront-elles leurs choix – qui se traduiront par des offres et des demandes ? Une hypothèse essentielle en théorie économique est de considérer que, entre plusieurs possibilités, celle qui permet d'obtenir la plus grande satisfaction, ou le plus haut revenu, ou celle qui coûte le moins cher, sera préférée aux autres, toutes choses égales par ailleurs – c'est ce qu'on appelle parfois l'hypothèse de rationalité. Les décisions prises sur cette base vont toutefois dépendre des informations dont disposent ceux qui les prennent, et des variables sur lesquelles ils peuvent agir. Il revient au théoricien de donner des précisions à ce sujet, au moment où il construit un modèle (dont il cherchera ensuite les équilibres).

Souvent, quand on fait allusion à la « loi de l'offre et de la demande », on entend par là, à la fois, que les offres et les demandes dépendent des prix et que ceux-ci varient avec les offres et les demandes. Le raisonnement est alors circulaire : les prix « déterminent » les offres et les demandes, qui elles-mêmes « déterminent » les prix. Une façon d'éviter cette faute logique est de se demander d'abord d'où viennent les prix : qui les propose et, éventuellement, qui les fait varier ? La réponse à cette question est loin d'aller de soi. D'où l'habitude prise par beaucoup de théoriciens – du moins ceux qui font appel à la modélisation mathématique – de supposer qu'il existe une instance extérieure aux parties (et qui n'a pas d'objectifs propres, si ce n'est de servir la communauté), dont le rôle est de proposer un prix unique par bien, puis de centraliser les offres et les demandes faites à ces prix, de les confronter après les avoir additionnées – en augmentant le prix du bien dont la demande (globale) est supérieure à l'offre, en les diminuant dans le cas contraire ; et ainsi de suite. Le processus de recherche des équilibres prend alors une forme relativement précise – dans laquelle on peut voir une représentation de la loi de l'offre et de la demande (cette « loi » étant en fait une règle appliquée par l'instance qui propose et fait varier les prix). La forme de ce processus, et de ses équilibres, dépend évidemment de la façon dont les ménages et les entreprises formulent leurs offres et leurs demandes, aux prix donnés. Le cas le plus simple est celui où on suppose qu'ils sont tous « preneurs de prix », ce qui signifie que chacun ignore l'existence des autres et les effets que peuvent avoir ses offres et ses demandes sur les prix proposés par l'instance centrale – appelée souvent « commissaire-priseur » (le « crieur de prix » chez Walras). Si tel est le cas, les offres et les demandes s'expriment comme des fonctions des seuls prix (ce qui simplifie énormément le traitement mathématique et la caractérisation des équilibres) ; on dit alors qu'on est en présence du modèle de « concurrence parfaite ».

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Écrit par

  • : maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Équilibre partiel : représentation de l'équilibre

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Équilibre partiel (déplacement de l'équilibre)

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Équilibre de Nash et multiplicité d'équilibres

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Autres références

  • ALLAIS MAURICE (1911-2010)

    • Écrit par Universalis, Françoise PICHON-MAMÈRE
    • 1 317 mots

    C'est un économiste français aussi brillant que peu consensuel qui s'est éteint le 9 octobre 2010 à Paris. Participant en 1947 à la première réunion de la très libérale Société du Mont-Pèlerin, partisan de l'Algérie française qui dénonçait le « génocide » commis à l'encontre...

  • ARROW KENNETH JOSEPH (1921-2017)

    • Écrit par Jean-Marc DANIEL
    • 1 242 mots
    ...truchement de son livre Value and Capital, qui paraît en 1939. Arrow tombe par hasard sur cet ouvrage et y découvre son nouveau sujet de réflexion : existe-t-il bel et bien un équilibre économique général et non pas seulement, comme le pensait Marshall, une série d'équilibres sur des marchés particuliers...
  • AUTRICHIENNE ÉCOLE, économie

    • Écrit par Pierre GARROUSTE
    • 1 607 mots
    Pour les tenants de la tradition économique autrichienne, le marché doit être analysé comme un processus et non comme un résultat. « À l'équilibre, il n'y a pas d'échanges », écrit Menger. Ses disciples vont insister sur cet aspect central. L'idée qui fonde cette conception est liée à la fois au...
  • BOULDING KENNETH EWART (1910-1993)

    • Écrit par Guy CAIRE
    • 263 mots

    Né à Liverpool (Grande-Bretagne), étudiant à Oxford puis à Chicago, Kenneth E. Boulding sera assistant à l'université d'Édimbourg de 1934 à 1937, puis à Colgate (États-Unis) de 1937 à 1941. Professeur d'économie à Mcgill University (1946) puis à l'université de Michigan (1949-1968), il devient cette...

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