ÉQUILIBRE ÉCONOMIQUE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Équilibre et autoréalisation

À la différence de ce qui se passe en physique et en chimie, l'équilibre, en économie, concerne des entités non pas inertes mais, au contraire, conscientes et ayant un objectif précis (satisfaction ou profit maximal, par exemple). Pour prendre leur décision, ces entités (ménages, entreprises, etc.) vont donc se fonder sur l'information dont elles disposent et sur l'idée qu'elles se font de la situation de l'économie dans laquelle elles se trouvent (idée qui prend généralement la forme d'un modèle – plus ou moins élaboré – de cette économie). Le modèle qu'elles ont en tête va être un élément décisif de leurs choix – offre, demande, achat, vente, etc. –et avoir ainsi une influence sur le monde réel, objectif. À l'équilibre, les décisions prises par chacun se révèlent être correctes, les prévisions sur la base desquelles elles sont prises sont vérifiées. Or ce sont ces décisions qui, dans leur ensemble, se trouvent à l'origine de l'équilibre : on dit qu'il y a autoréalisation, puisque les actions faites sur la base de certaines croyances (ou prévisions) ont engendré la situation prévue, confirmant ainsi les croyances à l'origine de ces actions. Un exemple simple est donné par les « bulles » concernant les prix des actions. Si tous ou presque tous les investisseurs pensent (croient) que le prix d'une action va augmenter, alors la hausse aura effectivement lieu : si tous les investisseurs pensent que le prix d'une action va augmenter, ils agiront en effet conformément à leurs croyances en l'achetant, ce qui provoquera effectivement la hausse ; il y a autoréalisation, puisque le phénomène attendu est provoqué par ceux qui ont agi sur la base de cette attente.

L'autoréalisation est donc un élément essentiel de l'équilibre en économie. On peut même voir en elle un synonyme de l'équilibre : dans la mesure où on suppose qu'on est en présence d'individus conscients des interactions de leurs décisions, il n'y a équilibre que si leurs décisions sont prises à partir de croyances qui ne sont pas contredites par le résultat de ces décisions, prises dans [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 11 pages

Médias de l’article

Équilibre partiel : représentation de l'équilibre

Équilibre partiel : représentation de l'équilibre
Crédits : Encyclopædia Universalis France

graphique

Équilibre partiel (déplacement de l'équilibre)

Équilibre partiel (déplacement de l'équilibre)
Crédits : Encyclopædia Universalis France

graphique

Équilibre de Nash et multiplicité d'équilibres

Équilibre de Nash et multiplicité d'équilibres
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Afficher les 3 médias de l'article


Écrit par :

  • : maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

Classification

Autres références

«  ÉQUILIBRE ÉCONOMIQUE  » est également traité dans :

ALLAIS MAURICE (1911-2010)

  • Écrit par 
  • Françoise PICHON-MAMÈRE
  • , Universalis
  •  • 1 312 mots

C'est un économiste français aussi brillant que peu consensuel qui s'est éteint le 9 octobre 2010 à Paris. Participant en 1947 à la première réunion de la très libérale Société du Mont-Pèlerin, partisan de l'Algérie française qui dénonçait le « génocide » commis à l'encontre des Français d'Algérie et des musulmans pro-français, critique acerbe du « libre-échangisme aveugle » défendu à l'O.M.C. co […] Lire la suite

ARROW KENNETH JOSEPH (1921-2017)

  • Écrit par 
  • Jean-Marc DANIEL
  •  • 1 238 mots

Dans le chapitre « L'équilibre général walrasien »  : […] Kenneth Arrow s'intéresse ensuite à l'équilibre général des économistes néo-classiques. Au cours de ses études, il a étudié la théorie néo-classique dans les écrits d'Alfred Marshall. En effet, jusqu'aux années 1940, Léon Walras reste peu connu des Anglo-Saxons. C'est John Hicks qui l'introduit en Angleterre et aux États-Unis par le truchement de son livre Value and Capital , qui paraît en 1939. A […] Lire la suite

AUTRICHIENNE ÉCOLE, économie

  • Écrit par 
  • Pierre GARROUSTE
  •  • 1 603 mots

Dans le chapitre « Processus de marché »  : […] Pour les tenants de la tradition économique autrichienne, le marché doit être analysé comme un processus et non comme un résultat. « À l'équilibre, il n'y a pas d'échanges », écrit Menger. Ses disciples vont insister sur cet aspect central. L'idée qui fonde cette conception est liée à la fois au subjectivisme et à une conception particulière du temps. À la conception « newtonienne », à laquelle […] Lire la suite

BOULDING KENNETH EWART (1910-1993)

  • Écrit par 
  • Guy CAIRE
  •  • 267 mots

Né à Liverpool (Grande-Bretagne), étudiant à Oxford puis à Chicago, Kenneth E. Boulding sera assistant à l'université d'Édimbourg de 1934 à 1937, puis à Colgate (États-Unis) de 1937 à 1941. Professeur d'économie à Mcgill University (1946) puis à l'université de Michigan (1949-1968), il devient cette dernière année président de l'American Economic Association. Directeur de l'Institute of Behavioral […] Lire la suite

CHANGE - Les théories du change

  • Écrit par 
  • Hélène RAYMOND-FEINGOLD
  •  • 9 061 mots

Dans le chapitre « Le taux de change d'équilibre fondamental »  : […] L'objet des théories du taux de change d'équilibre à long terme, n'est plus tant de prévoir le taux de change, même à long terme, mais bien plutôt de déterminer dans quelle mesure certaines monnaies sont sous- ou surévaluées. Le taux de change d'équilibre ainsi calculé est alors plus proche d'une norme de change que d'une prévision de la dynamique observée du taux de change. Il peut, en principe, […] Lire la suite

COMMERCE INTERNATIONAL - Théories

  • Écrit par 
  • Lionel FONTAGNÉ
  •  • 7 201 mots

Dans le chapitre « La synthèse »  : […] La synthèse proposée par Elhanan Helpman et Paul Krugman en 1985 en termes d' équilibre intégré a permis de dépasser l'opposition paradigmatique entre avantage comparatif et concurrence imparfaite, en donnant une nouvelle interprétation de l'apport de Jaroslav Vanek. Ils considèrent une situation initiale (théorique) d'intégration parfaite de l'économie mondiale : les prix des biens et les rémunér […] Lire la suite

CONCURRENCE, économie

  • Écrit par 
  • Alain BIENAYMÉ
  •  • 7 210 mots

Dans le chapitre « Les conditions d'un marché de concurrence pure et parfaite »  : […] Le marché est dit de « concurrence pure et parfaite » si plusieurs conditions sont réunies. On suppose la présence d'un très grand nombre de vendeurs et d'acheteurs, aucun n'étant capable d'influer sur le prix du marché par ses propres décisions ; la qualité du bien est supposée homogène, de sorte que les clients choisissent leur fournisseur exclusivement en fonction des prix proposés par les co […] Lire la suite

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Les grands courants

  • Écrit par 
  • Jérôme de BOYER
  •  • 8 720 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Monétarisme et néo-libéralisme »  : […] L' école monétariste est menée par Friedman (1953, Essays in Positive Economics  ; 1956, Studies in the Quantity Theory of Money  ; 1969, The Optimum Quantity of Money and Other Essays ) qui, dans les années 1950 et 1960, critique le système de taux de change fixes de Bretton-Woods et les politiques inspirées du keynésianisme. De façon générale, Milton Friedman conteste la possibilité pour les a […] Lire la suite

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - L'école classique

  • Écrit par 
  • Daniel DIATKINE
  •  • 6 854 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'égalisation des taux de profit »  : […] Cette critique est liée étroitement à une autre, plus fondamentale encore. Smith détermine les prix naturels en supposant donnés les taux de salaire, de profit et de rente, les salaires, les profits et les rentes étant les composantes du prix naturel. La théorie de la rente différentielle va cependant permettre d'exclure celle-ci des composantes des prix. En conséquence de quoi, le revenu nation […] Lire la suite

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Théorie néo-classique

  • Écrit par 
  • Jean-Marc DANIEL
  •  • 2 837 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'équilibre de marché et son optimalité »  : […] Leur vision de la concurrence et leur modèle du consommateur et du producteur conduisent les néoclassiques à une description du marché selon laquelle, quand le prix augmente, la quantité offerte augmente et la quantité demandée diminue. Offre et demande évoluant en sens inverse par rapport au prix, le mécanisme de marché conduit à un équilibre, c'est-à-dire à la détermination d'un système de prix […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

5-31 décembre 2019 France. Mouvement de contestation de la réforme des retraites.

économique, social et environnemental les détails de la réforme des retraites. Il annonce notamment l’instauration d’un « âge d’équilibre » – ou âge pivot – de la retraite à taux plein à soixante-quatre ans en 2027, en vue de parvenir à cette date à un équilibre financier du régime des retraites. Cette mesure est rejetée par la CFDT, la CFTC et l’UNSA […] Lire la suite

30 septembre 2019 Belgique. Conclusion d'un accord de gouvernement en Flandre.

économique, l’accord prône un retour à l’équilibre budgétaire en 2021. L’ancien ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) doit assurer les fonctions de ministre-président. […] Lire la suite

22-26 mars 2019 Chine – Union européenne. Visite du président chinois Xi Jinping en Europe.

d’équilibre » et Angela Merkel appelant la Chine à plus de « réciprocité » en matière d’ouverture des marchés. […] Lire la suite

3-29 mai 2013 France – Union européenne. Délai accordé par la Commission européenne pour réduire le déficit budgétaire

économique. Le ministre français de l'Économie Pierre Moscovici salue ce « changement de doctrine ». Cette décision, qui doit être entérinée par les ministres des Finances européens en juillet, témoigne du débat qui agite les Vingt-Sept depuis quelques mois sur l'équilibre à trouver entre politique d'austérité et croissance. D'autres pays – l'Espagne […] Lire la suite

8-27 août 2011 Union européenne. Tension sur les marchés financiers et plans d'austérité des gouvernements

économique au sein de la zone euro. Ils proposent l'instauration d'un « gouvernement économique » qui réunirait les chefs d'État et de gouvernement deux fois par an sous la présidence de Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, l'inscription dans la Constitution des dix-sept États de la zone euro de la « règle d'or » comme principe de l'équilibre […] Lire la suite

Pour citer l’article

Bernard GUERRIEN, « ÉQUILIBRE ÉCONOMIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/equilibre-economique/