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ÉQUILIBRE ÉCONOMIQUE

Équilibre et dépendance par rapport au chemin

Comme on l'a souligné, l'importance accordée aux équilibres par les théoriciens ne se justifie que si l'on considère qu'ils sont l'aboutissement d'un processus (qu'ils sont des « attracteurs » du système). Dans les exemples donnés jusqu'à présent, on a supposé que les équilibres et les processus qui y conduisent étaient indépendants, dans le sens où la forme des équilibres n'est pas affectée par le processus dont ils sont l'aboutissement. Par exemple, dans l'équation (2) qui décrit le tâtonnement walrasien, il est supposé que la forme des fonctions d'offre et de demande est constante dans le temps. On fait donc implicitement l'hypothèse qu'il n'y a pas d'échanges entre les individus au cours de processus, tant que les prix affichés n'égalisent pas l'offre et la demande totales. Dans le cas contraire, celui où il y aurait des échanges à d'autres prix (certains acheteurs étant disposés à payer « le prix fort » ou certains vendeurs à « brader » une partie de leurs marchandises), alors la situation se compliquerait beaucoup : comme ceux qui ont fait des échanges à des prix hors équilibre ne sont plus offreurs ou demandeurs, la forme des fonctions d'offre et de demande globales va être modifiée (il ne restera plus que ceux qui ne veulent pas « payer trop cher » et ceux qui ne veulent pas « brader » leur produit). Le résultat final de ce processus, l'équilibre qu'il atteint, va donc dépendre des échanges faits à ces prix, « hors équilibre » : on dit que l'« équilibre dépend du chemin suivi » (il est path dependent). En fait, dans ce cas, il y aura autant d'équilibres que de façons d'effectuer des échanges en cours de route – c'est-à-dire, un grand nombre, si ce n'est une infinité. Il y a indétermination puisque l'équilibre atteint dépend des aléas des rencontres entre les échangeurs potentiels. On voit ici encore l'intérêt, pour le modélisateur, de l'hypothèse de concurrence parfaite : en supposant qu'il existe une institution du type commissaire-priseur, qui « tâtonne » en cherchant les prix d'équilibre tout en interdisant les échanges tant qu'ils ne sont pas trouvés, on évite ce genre d'indétermination – en limitant le nombre d'équilibres.

Ce qui se passe en cours de processus peut modifier également l'ensemble des équilibres. Ainsi, un chômeur (dont la demande d'emploi fait initialement partie de l'offre de travail) peut à la longue se décourager, perdre son aptitude au travail et ne plus chercher à en trouver. Il ne sera plus demandeur d'emploi (l'offre totale de travail diminuera), ce qui modifiera l'équilibre du système.

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Écrit par

  • : maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Équilibre partiel : représentation de l'équilibre

Équilibre partiel : représentation de l'équilibre

Équilibre partiel (déplacement de l'équilibre)

Équilibre partiel (déplacement de l'équilibre)

Équilibre de Nash et multiplicité d'équilibres

Équilibre de Nash et multiplicité d'équilibres

Autres références

  • ALLAIS MAURICE (1911-2010)

    • Écrit par Universalis, Françoise PICHON-MAMÈRE
    • 1 317 mots

    C'est un économiste français aussi brillant que peu consensuel qui s'est éteint le 9 octobre 2010 à Paris. Participant en 1947 à la première réunion de la très libérale Société du Mont-Pèlerin, partisan de l'Algérie française qui dénonçait le « génocide » commis à l'encontre...

  • ARROW KENNETH JOSEPH (1921-2017)

    • Écrit par Jean-Marc DANIEL
    • 1 242 mots
    ...truchement de son livre Value and Capital, qui paraît en 1939. Arrow tombe par hasard sur cet ouvrage et y découvre son nouveau sujet de réflexion : existe-t-il bel et bien un équilibre économique général et non pas seulement, comme le pensait Marshall, une série d'équilibres sur des marchés particuliers...
  • AUTRICHIENNE ÉCOLE, économie

    • Écrit par Pierre GARROUSTE
    • 1 607 mots
    Pour les tenants de la tradition économique autrichienne, le marché doit être analysé comme un processus et non comme un résultat. « À l'équilibre, il n'y a pas d'échanges », écrit Menger. Ses disciples vont insister sur cet aspect central. L'idée qui fonde cette conception est liée à la fois au...
  • BOULDING KENNETH EWART (1910-1993)

    • Écrit par Guy CAIRE
    • 263 mots

    Né à Liverpool (Grande-Bretagne), étudiant à Oxford puis à Chicago, Kenneth E. Boulding sera assistant à l'université d'Édimbourg de 1934 à 1937, puis à Colgate (États-Unis) de 1937 à 1941. Professeur d'économie à Mcgill University (1946) puis à l'université de Michigan (1949-1968), il devient cette...

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Voir aussi