BARENBOIM DANIEL (1942- )

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Le chef célèbre

Même s'il continue à jouer du piano, reprenant sans cesse sonates et concertos, s'impliquant toujours dans la musique de chambre, accompagnant de grands chanteurs dans des récitals de lieder ou de mélodies – ses disques avec Dietrich Fischer-Dieskau sont admirables –, Daniel Barenboim se consacre de plus en plus à sa carrière de chef d'orchestre. Il dirige les plus grandes formations du monde. Surtout, il est nommé en 1975 directeur musical de l'Orchestre de Paris, qu'il quittera en 1989 après l'avoir initié au grand répertoire allemand (Bruckner et le post-romantisme). En 1981, il fait ses grands débuts à Bayreuth dans Tristan et Isolde. Considéré comme un bon wagnérien, il y reviendra régulièrement, dirigeant notamment La Tétralogie de 1988 à 1992. Il n'hésite pas, ensuite, à cumuler des fonctions prestigieuses et absorbantes : en 1991, il est nommé directeur musical de l'Orchestre symphonique de Chicago, où il succède, comme à Paris, à Georg Solti ; il y reste jusqu'en 2006. À partir de 1992, il occupe le même poste à la Deutsche Staatsoper de Berlin. Et, en 2000, il est nommé « chef à vie » de la Staatskapelle de Berlin. Il multiplie concerts et disques mais connaît au moins deux échecs. S'il quitte en 1989 l'Orchestre de Paris, c'est pour prendre la direction musicale du tout nouvel Opéra-Bastille : hélas !, il ne s'entend pas avec les autorités de tutelle et démissionne avant même la première saison. Et il ne parvient pas à concrétiser son rêve : devenir le patron de l'Orchestre philharmonique de Berlin, qu'il a pourtant souvent dirigé. Mais les membres du fameux orchestre, qui votent par cooptation, lui préfèrent Claudio Abbado puis Simon Rattle.

Sans l'avouer, Barenboim en garde une certaine amertume. D'autant qu'il s'estime l'un des grands continuateurs du musicien qu'il admire le plus : Furtwängler, qui marqua aussi l'histoire du grand orchestre berlinois. Il explique ce qui l'avait fasciné dès 1954 dans l'interprétation de ce chef : « La rigueur du rythme alliée à une certaine fluidité et une certaine faculté d'adaptation [...] Il y avait une volonté de laisser le tempo fluctuer d'une manière qui était nécessaire à la musique » (« Entretien avec Richard Osborne », 2000). Avec le temps, pourtant, les lectures du grand répertoire par Barenboim suscitent quelques critiques : il adopte une ampleur sonore quelque peu rigide qui confine à l'académisme. Par exemple, ses premières gravures des symphonies de Bruckner sont plus vivantes, plus chatoyantes que celles qui suivront, un rien empesées. Mais le chef israélien reste un incomparable meneur d'hommes, sachant exalter tous les pupitres, se montrant un accompagnateur de haute volée pour les concertos. Il réussit aussi à l'opéra : comment oublier sa Flûte enchantée avec l'Orchestre de Paris au début des années 1980 au Théâtre des Champs-Élysées, ou encore sa prodigieuse lecture de Wozzeck de Berg au Châtelet au côté de Patrice Chéreau (1992-1998) ? Principal chef invité de la Scala à partir de 2006, Daniel Barenboim y est nommé directeur musical en 2011.

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Pour citer l’article

Jean-Luc MACIA, « BARENBOIM DANIEL (1942- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/daniel-barenboim/