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LANDOWSKI MARCEL (1915-1999)

Artisan du renouveau de la vie musicale française, Marcel Landowski est un des gestionnaires les plus lucides qu'ait connu la France dans le domaine artistique, tout en menant une importante carrière de compositeur.

Fils du sculpteur Paul Landowski et arrière-petit-fils du violoniste et compositeur Henri Vieuxtemps, il naît le 18 février 1915 à Pont-l'Abbé. Il fait ses études musicales au Conservatoire de Paris, où il est l'élève de Marguerite Long (piano), Noël Gallon (fugue), Philippe Gaubert (direction d'orchestre) et Henri Büsser (composition). Il est profondément marqué par l'influence d'Arthur Honegger et travaille avec le chef d'orchestrePierre Monteux (1935) ; celui-ci crée ses premières œuvres en 1937. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se fait remarquer avec l'oratorioRythmes du monde (1939-1941). Puis il compose son premier ouvrage lyrique, Le Rire de Nils Halerius (1944-1948), qui s'impose dès sa création à Mulhouse en 1951 ; dans cette œuvre, il affirme son originalité en juxtaposant un opéra, un ballet et un oratorio, qui constituent chacun des trois actes. De la même époque datent le poème symphonique Edina (1946) et la Première Symphonie « Jean de la Peur » (1948). Il entreprend d'autres opéras : Le Fou (1948-1955), Le Ventriloque (1954-1955), L'Opéra de poussière (1958-1962) et Les Adieux (1959). Son Concerto pour ondes Martenot (1954) et son Concerto pour basson (1958) sont joués régulièrement. Ces œuvres révèlent un langage fort, à la limite de l'expressionnisme, au lyrisme puissant et à la profonde spiritualité.

Il est directeur de l'École nationale de musique de Boulogne-Billancourt (1960-1964) et directeur de la musique à la Comédie-Française (1961-1965) avant d'être appelé par André Malraux au ministère des Affaires culturelles comme inspecteur général de l'enseignement musical (1964) puis comme directeur de la musique, de l'art lyrique et de la danse (1970-1975). Depuis Lully, personne n'a occupé un tel poste en France. Il entreprend une réorganisation profonde des structures musicales françaises. Son objectif : réconcilier les Français avec la musique. L'Orchestre de Paris voit le jour en 1967, suivi de nombreux orchestres de région ; l'enseignement dans les conservatoires est entièrement rénové, les opéras de province se hissent à un niveau national et Rolf Liebermann fait du Palais Garnier une des plus brillantes scènes lyriques du monde. Mais Pierre Boulez engage une violente polémique avec Landowski, dont il juge les options trop conservatrices ; le monde musical français en restera durablement divisé en deux camps.

Avant d'occuper ces responsabilités, Marcel Landowski a composé encore quelques œuvres importantes : Les Notes de nuit, conte symphonique avec récitant (1961), le Deuxième Concerto pour piano(1963), la Deuxième (1963) et la Troisième Symphonie « des espaces » (1965), le Concerto pour flûte (1967).

Nommé en 1975 inspecteur général de la musique au ministère de l'Éducation nationale, il s'attache à réformer l'enseignement de la musique dans les lycées et collèges et connaît là le seul échec important de sa carrière : la musique restera le parent pauvre dans l'enseignement public. Directeur des Affaires culturelles de la Ville de Paris de 1977 à 1979, il poursuit son œuvre de rénovation avec la transformation du Châtelet, qui devient une des scènes musicales et lyriques les plus dynamiques de la capitale. Élu à l'Académie des Beaux-Arts en 1975, il en devient le secrétaire perpétuel (1986-1993) avant de devenir chancelier de l'Institut. Il meurt à Paris le 23 décembre 1999.

Pendant son passage au ministère des Affaires culturelles, il cesse de composer et la diffusion de son œuvre s'en ressent. À la fin des années 1970, il reprend la plume dans un[...]

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Écrit par

  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • MAISON EUROPÉENNE DE LA PHOTOGRAPHIE, Paris

    • Écrit par Hervé LE GOFF
    • 1 070 mots
    • 1 média
    ...le plateau Beaubourg pour intégrer Paris Audiovisuel et prendre en charge la politique photographique de la Ville de Paris. Présidé par le compositeur Marcel Landowski, alors directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris, Paris Audiovisuel devient une association dédiée à la photographie dont...

Voir aussi