CYRUS LE GRAND, roi des Perses et des Mèdes (env. 559-env. 530 av. J.-C.)

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Fondateur proprement dit de l'empire perse des Achéménides, du nom d'Achéménès, ancêtre éponyme de la dynastie, dont l'histoire ne sait plus rien. Selon Hérodote, Cyrus, petit-fils d'Astyage, roi des Mèdes, fut sauvé à sa naissance par Harpage qui avait pourtant reçu l'ordre de le tuer.

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Dès son avènement, en ~ 559, comme souverain d'Anshan, Cyrus ne cessa de recruter des troupes dans les diverses tribus et de grouper autour de lui des forces militaires importantes qui lui permirent, entre ~ 553 et ~ 550, de vaincre Astyage et de s'installer dans sa capitale Ecbatane. Il abandonne le titre de roi d'Anzan pour prendre désormais celui de roi des Perses et des Mèdes, cet ordre ayant une signification hiérarchique et impliquant la subordination des seconds aux premiers. Il n'est pas impossible que le succès de Cyrus ait été facilité par l'aide que lui apporta Nabonide, soucieux de recouvrer sur les Mèdes la ville de Harran d'où il était originaire et dont il voulait restaurer le culte au dieu Lune Sin.

Quelques années plus tard (en ~ 546), Cyrus, qui avait occupé toutes les provinces de l'ancien empire mède, se heurta aux Lydiens dont le roi, Crésus, examinait, selon Hérodote, comment il pourrait faire obstacle aux entreprises des Perses avant qu'il fût trop tard. Le Lydien prit l'offensive et pénétra en Cappadoce, escomptant l'aide des Égyptiens. Après la bataille indécise de Ptéria, Crésus regagnait sa capitale, où devaient l'attendre des renforts envoyés d'Égypte, de Chypre, de Phénicie, lorsqu'il fut gagné de vitesse par Cyrus. La nouvelle rencontre eut lieu devant Sardes. L'excellente cavalerie lydienne, affolée par l'odeur des chamelles que Cyrus avait fait placer en tête de ses troupes, fut taillée en pièces. Crésus s'enferma dans Sardes, que Cyrus enleva au terme d'un siège de seize jours et mit à sac. Nabonide n'avait pas bougé. Il semble que Cyrus ait fait preuve de clémence à l'égard du roi de Lydie. Il paracheva la conquête du royaume de Crésus, puis s'empara des cités grecques ioniennes. Il était désormais le maître incontesté de l'Asie Mineure.

La suite des campagnes de Cyrus le conduisit vers l'est. On ne connaît avec précision que peu de chose des luttes qu'il y mena entre ~ 545 et ~ 539 contre les peuplades aryennes nomades. On sait seulement qu'il étendit les frontières orientales de l'Iran jusqu'au Turkestan actuel ; il conquiert la Margiane, la Bactriane, la Sogdiane au-delà de l'Oxus jusqu'à l'Iaxarte où, sur un gué du fleuve, il fonde la cité de Cyropolis. Entre la Caspienne et l'Iaxarte, il soumet les Saces et les Massagètes. Au sud-est, l'occupation de l'Arachosie et de la Gédrosie le met en contact avec les Aryens de l'Inde.

Fort d'immenses ressources en argent et en hommes, Cyrus pouvait désormais songer à régler le sort de l'empire de Babylone. Les démêlés de Nabonide avec le clergé de Marduk dans l'antique métropole facilitèrent l'entreprise du conquérant. Pénétrant en Chaldée au mois de juin ~ 539, il s'empare de Sippar en septembre et, deux jours après la prise de la ville, deux transfuges chaldéens, Gobryas et Gadatas, mènent les troupes perses à l'intérieur de Babylone. La ville, qui était partagée entre la panique et l'ivresse des réjouissances de l'Akîtu, fête dont on avait rétabli la célébration, tombe sans coup férir. Gobryas et Gadatas arrivent au palais royal. Ils n'y trouvent pas Nabonide que l'on capturera à Borsippa et qui sera épargné par Cyrus, mais ils s'emparent de Balthasar, son fils, qu'ils font mettre à mort. Cyrus se présenta à Babylone plus en libérateur qu'en conquérant. Il était l'« élu de Marduk », que ce dieu avait chargé de punir l'impiété de Nabonide. Il renvoya dans leurs villes respectives les statues de culte que Nabonide avait gardées en quelque sorte prisonnières à Babylone. Dès la première année de sa mainmise sur l'ancien empire néo-babylonien, Cyrus ordonna officiellement la reconstruction du temple de Jérusalem aux frais de l'État perse et à titre de réparation des dommages causés par Nabuchodonosor. L'édit semble s'être adressé au gros de la population de l'ancien royaume de Juda, resté sur place, et non à la captivité à proprement parler. Toutefois, si le retour en Palestine n'était ni enjoint ni conseillé aux déportés, il ne leur était pas interdit, et l'on imagine qu'un petit nombre de Juifs ont dû tout de même venir se réinstaller dans l'ancienne patrie. Les circonstances firent que les travaux de la reconstruction du temple ne furent menés à bien que dix-sept ans après la pose des fondations, sous le règne de Darius, fils du satrape d'Hyrcanie Hystaspe.

On ne sait rien d'exact concernant la mort de Cyrus, qui semble être survenue en ~ 529 au cours d'un combat contre les Massagètes. Il fut mis au tombeau dans Pasargades dont il avait fait l'une de ses capitales.

Tombeau de Cyrus II le Grand

Photographie : Tombeau de Cyrus II le Grand

Tombeau de Cyrus II le Grand, roi des Perses et des Mèdes, à Pasargades, Iran. Édicule en pierre portant un toit à double pente reposant sur une plate-forme à six degrés. Après 530 av. J.-C. 

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Génie militaire et politique, Cyrus fonda l'empire le plus vaste qui ait existé jusque-là. Il l'organisa d'une façon remarquable au moyen du système des satrapies inspiré de l'administration assyrienne, mais pratiqué avec un esprit de tolérance, une clémence, un sens des susceptibilités personnelles et nationales qui maintinrent longtemps dans la paix le gigantesque édifice qu'il avait mis sur pied.

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Valentin NIKIPROWETZKY, « CYRUS LE GRAND, roi des Perses et des Mèdes (env. 559-env. 530 av. J.-C.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cyrus-le-grand/