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CONFESSION HELVÉTIQUE

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On connaît deux « confessions helvétiques », la Confessio helvitica de 1536 et la Confession helvétique postérieure de 1566. La première Confession helvétique, ou deuxième Confession bâloise, est rédigée en janvier 1536, en particulier par H. Bullinger, Myconius et Grynæus, théologiens protestants zurichois et bâlois. Elle est aussitôt traduite en allemand par Leo Jud. Acceptée en mars 1536 par les Églises de Zurich, de Berne, de Bâle, de Schaffhouse, de Saint-Gall, de Mulhouse et de Bienne, elle a pour dessein de définir une attitude qui leur soit commune, au moment où le Strasbourgeois Bucer s'emploie à trouver une formule d'accord avec Luther sur la question très controversée de l'eucharistie. La première Confession helvétique témoigne d'une volonté réelle de conciliation avec les thèses luthériennes, sans que soit renié cependant l'héritage zwinglien. Ainsi l'article XXI (d'après le texte latin) définit-il le pain et le vin de l'eucharistie comme des signes. Les réalités spirituelles auxquelles ils renvoient sont perçues par la foi. À l'article XXIII, l'eucharistie est définie comme un « repas mystique », le Seigneur usant du ministère de l'Église pour donner au croyant une vraie communion à son corps et à son sang. Malgré ce souci de conciliation, les Églises suisses n'accepteront pas le texte de la Concorde de Wittenberg, dans lequel, à leurs yeux, Bucer avait trop concédé à Luther, au moment où il disait sa certitude d'avoir réussi à concilier équitablement les thèses antagonistes.

La Confession helvétique postérieure est envoyée le 12 mars 1566 à l'Électeur palatin, Frédéric III, et au landgrave de Hesse, qui avaient sollicité l'aide des théologiens et des Églises de Suisse. Son origine est zurichoise : elle a d'abord été rédigée comme une déclaration de foi personnelle par Bullinger, le successeur de Zwingli, en 1561. En 1564, malade de la peste, il l'avait jointe à son testament. Entre-temps, grâce à son amitié avec Olévian et Ursinus, qui rédigeront le catéchisme de Heidelberg, il était devenu le conseiller de l'Électeur palatin. Helvétique, la confession de Bullinger, désormais introduite par un texte de Josias Simmler, son gendre, est reçue par les ministres de Berne, de Schaffhouse, de Saint-Gall, de Coire, de Mulhouse, de Bienne et de Genève, qui y souscrivent avant qu'elle soit envoyée, accompagnée d'une traduction allemande, sous le titre : Confessio et expositio simplex orthodoxae fidei et dogmatum catholicorum syncerae religionis christianae. Elle est imprimée à Zurich, chez C. Froschauer. Elle est aussitôt traduite et publiée dans une édition française à Genève, sous le titre Confession et simple exposition de la vraye foi et [...] de la pure religion chrétienne faite par les ministres de l'Église de Jésus-Christ qui sont en Suisse.

De rédaction simple, elle est, selon Bossuet lui-même, de toutes les confessions des zwingliens « celle qui dit le plus nettement ce qu'elle veut dire ». Elle s'inscrit dans la série des documents par lesquels les Églises réformées se définissent à cette époque : Confession gallicane (1559), Confession écossaise (1560), Confession belge (1561), Confession hongroise (1562), Catéchisme de Heidelberg (1563). Pendant longtemps, les pasteurs suisses devront la signer. Par ailleurs, elle sera reçue par les Églises réformées de France, d'Écosse, de Hongrie et de Pologne. Les trente articles de ce document sont composés selon un plan semblable : énoncés de thèses fondamentales à partir desquelles est défini ce que « nous croyons [...], confessons [...], enseignons », et ce que « nous condamnons [...], rejetons ». Les citations scripturaires y sont nombreuses. Les articles I et II traitent de l'Écriture sainte. On peut y lire : « Quand aujourd'hui[...]

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Écrit par

  • : professeur à la faculté protestante de théologie de Strasbourg

Classification

Pour citer cet article

Bernard ROUSSEL. CONFESSION HELVÉTIQUE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

Autres références

  • BULLINGER HEINRICH (1504-1575)

    • Écrit par
    • 385 mots

    Successeur de Zwingli, Bullinger a dirigé comme antistes l'Église du canton de Zurich de 1531 à sa mort. Fils d'un prêtre, il fait des études chez les Frères de la vie commune aux Pays-Bas et à Cologne, où il entre en contact avec l'humanisme et Érasme. Maître d'école à Kappel,...

  • MYCONIUS OSWALD GEISHÜSLER dit (1488-1552)

    • Écrit par
    • 192 mots

    Réformateur suisse, collaborateur de Zwingli. Né à Lucerne, Myconius fait des études à Bâle et rencontre, en 1516, Zwingli dont il restera un fidèle compagnon. Il quitte Lucerne pour se rendre à Einsiedeln, puis à Zurich, où il participe aux débats avec les catholiques et les anabaptistes....

  • RÉFORME

    • Écrit par
    • 8 482 mots
    • 3 médias
    ...aussi à la réunion des réformés divisés par le problème eucharistique. En 1536, il encouragea Zurich à signer avec quelques autres villes la première Confession helvétique. Après plusieurs années de tractations difficiles avec Calvin, il put conclure avec celui-ci le Consensus tigurinus (1549), qui...
  • ZWINGLI ULRICH (1484-1531)

    • Écrit par
    • 7 195 mots
    • 1 média
    ...partir de cette époque et jusqu'au synode de Dordrecht, le type zurichois d'Église uni au calvinisme a marqué les Églises réformées. La seconde Confession helvétique (1566) rédigée par Bullinger fit l'union des réformés de Suisse et d'Europe centrale. Elle fut traduite en de nombreuses langues....