CANDIDO PIETER DE WITTE dit PIETRO (av. 1548-1628)

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Comme Stradanus, Jean de Bologne, Paolo Fiammingo ou Pozzoserrato, Candido est un de ces artistes flamands du xvie siècle parfaitement italianisés au point d'être encore aujourd'hui plus connus sous leur nom italien que sous leur premier patronyme nordique (Candido est la transcription italienne de wit, blanc). Sa date de naissance est mal assurée ; Van Mander, qui semble avoir connu l'artiste, la plaçant vers 1548, mais sans en être lui-même très assuré. Or, son nom figure déjà dans les comptes des Médicis à Florence en 1559-1560, pour des travaux de tapisserie (né en 1548, Candido n'aurait alors que douze ans, ce qui semble peu vraisemblable). D'autre part, le père de Candido, Élias, sculpteur de son état, était lui aussi au service des Médicis (une de ses seules œuvres signées, un Zéphyr de bronze conservé au Palazzo Vecchio de Florence, révèle un sculpteur proche de Jean de Bologne). Dès 1567, en tout cas, le nom d'Élias est associé à l'histoire de l'Académie de dessin fondée par Vasari vers 1560. Aussi ne faut-il pas s'étonner de trouver déjà en 1569 Candido aux côtés de Vasari dans des travaux de fresque à Santa Maria del Fiore (Vasari travaillait à Florence en 1564).

Puis Candido assista Vasari, en 1574, dans la décoration de la Sala Regia au Vatican et de la coupole du Dôme de Florence. En 1578 et 1580, sa présence est attestée à Volterra et, de nouveau, à Florence, en 1585 (fresque signée et datée, à San Niccoló del Ceppo) et 1586 (portrait de Julien de Médicis commandé par le grand-duc François Ier ; ce portrait a disparu). À partir de 1586, Candido se fixe à Munich et travaille activement pour les ducs de Bavière qui le pensionnent abondamment et le chargent de commandes de peintures religieuses et décoratives. Ainsi devient-il après Frédéric Sustris (le fils de Lambert) l'un des peintres préférés de Guillaume V de Bavière, jouissant d'une véritable position officielle (son nom est généralement connu sous la forme germanisée Peter Candido). Candido travailla aussi beaucoup pour les Jésuites et le clergé bavarois.

En Italie, Candido, fresquiste autant que peintre de chevalet et de cartons de tapisserie, fut d'abord le zélé collaborateur de Vasari et ses premiers travaux ne se laissent pour ainsi dire pas distinguer de ceux de son patron. Mais les quelques tableaux italiens sûrs regroupés par Steinbart (dans un article fondamental paru dans le Jahrbuch des musées de Prusse de 1937) montrent qu'au classicisme maniérisant un peu rigide et appliqué de Vasari, Candido sut ajouter la leçon plus délicate et si suave d'Andrea del Sarto et de Fra Bartolomeo ainsi que l'élégance linéaire de Bronzino et de Salviati (Glorification de Marie, 1578, à la cathédrale de Volterra et Naissance du Christ, 1580 env., au musée civique de Volterra, mais surtout, dans un style moins engoncé, moins visiblement éclectique, plus harmonieux, la Déposition du Christ, 1585 env., du même musée communal, dont le Louvre possède un excellent dessin préparatoire ayant jadis appartenu au fameux Mariette). Dans un style maniériste très aisé et d'une facture souple prébaroque, avec des effets de fondu à la Sarto, il faut citer l'importante Conversation sacrée du Louvre, jadis attribuée à Giulio-Cesare Procaccini (on peut en voir une jolie petite réplique aux multiples et habiles inflexions décoratives au musée d'Oldenburg).

La période munichoise de l'artiste est beaucoup mieux connue et semble avoir été très productive, bien que de nombreuses peintures aient disparu. Citons ainsi des tableaux d'autel comme l'Annonciation de 1587 et le Martyre de sainte Ursule (église Saint-Michel à Munich), une Madone avec saints à Saint-Ulrich d'Augsbourg (1595), une Annonciation de la même année à l'église des Carmélites de Brescia (réalisation qui prouve des relations avec l'Italie maintenues après le départ de 1586), diverses œuvres à la chapelle du château de Schleissheim près de Munich, à la cathédrale de Freising ; des cartons de tapisserie pour la manufacture de Munich fondée en 1604 (projets dessinés au cabinet des Estampes de cette ville), des peintures décoratives à la Résidence de Munich (1611-1619). Intéressé par le portrait comme tant d'artistes nordiques sensibles à l'appel de la réalité (cf. les portr [...]

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Écrit par :

  • : conservateur des Musées nationaux, service d'études et de documentation, département des Peintures, musée du Louvre

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Jacques FOUCART, « CANDIDO PIETER DE WITTE dit PIETRO (av. 1548-1628) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/candido-pieter-de-witte-dit-pietro/