ARAIGNÉES ou ARANÉIDES

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Cycle de vie des araignées

Comme tous les arthropodes, les araignées possèdent un squelette externe rigide, la cuticule. Pour grandir, elles sont obligées de changer cette enveloppe, par mues successives, au cours de leur vie. Le nombre de mues varie selon les espèces. Il est généralement plus important pour les grosses araignées. Pour les toutes petites érigoninés (environ 1 mm) vivant fréquemment au niveau du sol, la maturité est atteinte en trois mues. Pour des espèces de plus grande taille, comme certaines mygales, une quinzaine de mues sont nécessaires. L'épeire diadème, araignée commune de nos jardins, arrive à l'âge adulte en sept mues. Les mâles arrêtent souvent leur croissance une ou deux mues avant les femelles. Une fois adulte, les araignées ne muent plus, sauf les plus grosses mygales tropicales qui effectuent des mues post-adultes.

La longévité des araignées est également très variable, allant de quelques mois (ce qui engendre plusieurs générations par an pour l'espèce) à vingt ans pour certaines grandes mygales, à partir de la sortie du cocon. La durée de vie de la majorité des espèces européennes se situe entre six mois et trois ans mais elle est généralement d'une année, surtout aux latitudes tempérées où le rythme des saisons influence le développement.

Après avoir atteint le stade adulte, mâles et femelles se reproduisent. La période de reproduction se situe à différentes périodes de l'année selon les espèces excepté en hiver. Les cycles de vie peuvent être décalés en fonction des conditions extérieures (température, hygrométrie). Les araignées passent l'hiver à des stades divers – adultes ou jeunes plus ou moins avancés dans leur développement (dans les cocons ou à l'extérieur).

Lors de la période de reproduction, les mâles deviennent tous errants, partant à la recherche d'une partenaire. Ils remplissent au préalable leurs bulbes copulateurs de spermatozoïdes. Pour cela, ils tissent une petite toile de soie appelée toile spermatique. De dimension variable, celle-ci sert à déposer les gouttelettes de sperme émises au niveau de la fente génitale. Le remplissage des bulbes se fait par capillarité au contact des gouttes déposées sur la toile. Une fois emplis, ces organes, complémentaires des organes sexuels femelles, sont opérationnels. Le rapprochement des sexes s'opère de différentes manières.

Les mâles ont développé des stratégies d'approche pour ne pas être pris pour des proies. Chez toutes les araignées à toile, ils se rapprochent en pratiquant des tiraillements et des percussions sur les fils de la toile à l'aide de leurs pattes. Chez certaines espèces, le mâle attend, près du piège en soie, que la femelle effectue sa dernière mue, s'approchant alors pendant la phase de séchage. Chez celles qui ne fabriquent pas de piège, les mâles, pour attirer les femelles, peuvent émettre des sons ; ceux-ci sont engendrés par des organes de stridulation situés à différents niveaux du corps selon les espèces. D'autres, avec leur corps ou leurs pattes, tapotent le sol, les branchages ou les feuilles. D'autres encore pratiquent des sortes de danse nuptiale en tournant autour des femelles, ou en faisant de grands mouvements avec leurs pattes (cas des thomisidés et des salticidés). Les parades, qu'elles soient plus ou moins sophistiquées, ont des durées variables, de quelques minutes à plusieurs heures.

L'accouplement lui-même, c'est-à-dire l'insertion directe du bulbe copulateur dans la fente génitale femelle, dure de quelques secondes à plusieurs heures. Certains mâles peuvent cohabiter avec les femelles pendant une courte période, parfois dans une même loge de soie ou dans un terrier.

Après l'accouplement, les mâles ne vivent pas longtemps. Leur cycle de vie se termine : ils meurent naturellement ou parfois ils sont mangés par les femelles. Ces dernières, quant à elles, accumulent des réserves énergétiques pour la ponte, les araignées étant ovipares.

Une fois pondus, les œufs sont le plus souvent recouverts de fils de soie, d'une épaisseur et d'une consistance variables, pour former un cocon. Ce dernier est ensuite soit laissé seul dans la végétation où il est souvent bien caché, la femelle mourant alors après la période de ponte, soit surveillé par la femelle jusqu'à la sortie des jeunes. Lorsque les femelles survivent à la ponte, leur cocon est gardé de diverses manières. Il peut être : collé à un substrat, la femelle restant à proximité pour le protéger (cas des thomisidés) ; déposé dans une loge abritant à la fois l [...]

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Araignée vue ventrale

Araignée vue ventrale
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Patte ambulatoire d'une araignée

Patte ambulatoire d'une araignée
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Coupe d’une araignée

Coupe d’une araignée
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Glandes séricigènes des araignées

Glandes séricigènes des araignées
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Écrit par :

  • : docteur en sciences biologiques, maître de conférences au Muséum national d'histoire naturelle, Paris, enseignant-chercheur

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Pour citer l’article

Christine ROLLARD, « ARAIGNÉES ou ARANÉIDES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/araignees-araneides/