ALDÉHYDES ET CÉTONES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Structure et propriétés physiques

La structure électronique de la fonction carbonyle dans le modèle orbitalaire est définie par le partage par les atomes de carbone sp2 et d'oxygène sp2, de deux doublets d'électrons décrits respectivement par deux orbitales moléculaires, l'une de symétrie σ, résultant du recouvrement (longitudinal) des orbitales hybrides sp2 des deux atomes (liaison σ) et l'autre de symétrie π, résultant du recouvrement (latéral) de leurs fonctions pz (liaison π). Le plan nodal (ou d'antisymétrie) de la fonction d'onde moléculaire π contient les noyaux des deux atomes C et O et des deux autres qui sont liés au carbone (un C sp3  et un H pour les aldéhydes, deux C sp3 pour les cétones), ainsi que les axes de symétrie des deux orbitales hybrides sp2 qui décrivent les deux doublets non partagés de l'oxygène. Cette structure électronique, qualitativement comparable à celle de la liaison π éthylénique, impose que les quatre noyaux atomiques soient coplanaires et que le squelette des liaisons σ qui les unit soit rigide. Mais, à la différence de la distribution symétrique de la densité électronique π de l'éthylène, celle du méthanal est rendue dissymétrique par la différence d'électronégativité des deux partenaires C et O. Ainsi, dans l'orbitale π liante, la densité du doublet de liaison est fortement déportée vers le noyau d'oxygène, tandis que, dans l'orbitale π* antiliante (qui interviendra dans les additions nucléophiles), c'est la fonction pz du carbone qui apporte la contribution la plus importante. Une conséquence directe de cette structure est l'existence d'une polarisation de la liaison double carbonyle, dans le sens de charges nettes négatives au niveau de l'oxygène et positives au niveau du carbone. Les dérivés carbonylés possèdent en effet un moment électrique permanent dipolaire relativement important : 2,3 D pour le méthanal, 2,5 D pour l'éthanal et 2,9 D pour l'acétone.

Aldéhydes et cétones sont des molécules associées, à l'état liquide, par des interactions entre dipôles : cette association est moins [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 12 pages



Médias de l’article

Pulégone, camphre et verbénone

Pulégone, camphre et verbénone
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Réactions 1 et 2

Réactions 1 et 2
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin

Réactions 3 à 8

Réactions 3 à 8
Crédits : Encyclopædia Universalis France

dessin





Écrit par :

  • : professeur de chimie organique à la faculté des sciences de Marseille

Classification


Autres références

«  ALDÉHYDES ET CÉTONES  » est également traité dans :

ACÉTALS

  • Écrit par 
  • Jacques METZGER
  •  • 868 mots
  •  • 1 média

Les acétals sont les composés gem-dialcoxylés c'est-à-dire qui portent sur le même atome de carbone tétracoordiné de la chaîne deux fonction éther-oxyde. Ils dérivent formellement de l'élimination d'une molécule d'eau entre un dérivé carbonylé et deux molécules d'alcool (réaction 1 ). On distingue de ce fait les acétals d'aldéhydes RCH(OR′′) 2 et ceux de cétones RR′C(OR′′) 2 appelés courammen […] Lire la suite

ALCOOLS

  • Écrit par 
  • Jacques METZGER
  •  • 5 863 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Réactions de déshydrogénation et d'oxydation »  : […] Le méthanol, les alcools primaires et secondaires subissent une déshydrogénation sous l'action de catalyseurs comme le nickel, le platine, le cuivre réduits. Cette réaction, réalisée en phase gazeuse, est réversible. On peut la rendre totale en la combinant à une oxydation ménagée par l'air. Il se forme un dérivé carbonylé : le méthanal dans le cas du méthanol, un aldéhyde dans le cas d'un alco […] Lire la suite

ALDOLS & CÉTOLS

  • Écrit par 
  • Jacques METZGER
  •  • 1 407 mots
  •  • 1 média

Aldols et cétols sont les composés dont la chaîne hydrocarbonée porte à la fois une fonction alcool et une fonction carbonyle, aldéhyde ou cétone. C'est Charles Adolphe Wurtz qui a donné le nom d' aldol (de ald éhyde-alco ol ) au composé résultant de la dimérisation de l'acétaldéhyde : Ce nom est devenu générique pour désigner les aldéhydes-alcools. L'aldol de Wurtz est un intermédiaire importa […] Lire la suite

AMINES

  • Écrit par 
  • Jacques METZGER
  •  • 3 247 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Addition »  : […] Les amines primaires et secondaires interviennent dans de nombreuses réactions d'addition nucléophile, l'atome d'azote se fixant sur le site électrophile et l'hydrogène sur le site nucléophile. Addition sur les aldéhydes et les cétones  : les amines primaires forment un hémiaminal qui se déshydrate facilement en donnant une aldimine ou une cétimine. Les amines secondaires forment également un h […] Lire la suite

CARBONYLATION

  • Écrit par 
  • Dina SURDIN
  •  • 24 mots

Réaction par laquelle on fait apparaître un groupement carbonyle c'est-à-dire une fonction cétone ou aldéhyde dans une molécule. […] Lire la suite

CARBOXYLIQUES ACIDES

  • Écrit par 
  • Jacques METZGER
  •  • 5 532 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Oxydation »  : […] De nombreuses réactions d'oxydation, avec coupure de la chaîne carbonée, conduisent à des acides, stade ultime de l'oxydation ménagée des molécules carbonées. Des procédés industriels, fondés sur l'oxydation, sans catalyseur, d'hydrocarbures, permettent de préparer des mélanges, parfois complexes, de produits d'oxydation où les acides carboxyliques sont majoritaires. Le principal problème est cel […] Lire la suite

ÉTHANAL ou ACÉTALDÉHYDE ou ALDÉHYDE ACÉTIQUE

  • Écrit par 
  • Dina SURDIN
  •  • 454 mots

Appelé parfois improprement acétaldéhyde, aldéhyde acétique ou aldéhyde éthylique CH 3 —CHO Masse moléculaire : 44,05 g Point d'ébullition : + 21  0 C Liquide incolore, inflammable, à odeur caractéristique, infiniment soluble dans l'eau, l'éthanol, l'éther, le benzène. L'éthanal, composé type de la série des aldéhydes, est un réducteur, comme tous les aldéhydes ; cette propriété est mise à profit […] Lire la suite

WITTIG GEORG (1897-1987)

  • Écrit par 
  • Georges BRAM
  •  • 313 mots

Chimiste allemand né à Berlin et mort à Heidelberg. Georg Wittig commence ses études de chimie en 1916 à l'université de Tübingen. Après avoir été prisonnier de guerre en Grande-Bretagne, il reprend ses études à l'université de Marburg, où il soutient en 1923 un doctorat préparé sous la direction de K. von Auwers. De 1923 à 1932, il est chef de travaux à l'institut de chimie de l'université de Mar […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jacques METZGER, « ALDÉHYDES ET CÉTONES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/aldehydes-et-cetones/