Partie intégrante du Maghreb et de l'aire arabo-musulmane, la Tunisie réunit nombre de traits contrastés qui lui confèrent une position particulière.
Si l'on devait apprécier l'importance d'un État en fonction d'étalons de mesure tels que l'étendue du territoire, les richesses du sous-sol ou le potentiel démographique, force serait de considérer la Tunisie comme entité négligeable à l'échelle du Maghreb. Au vu d'une carte, les 164 150 kilomètres carrés du territoire tunisien figurent une sorte d'encoche dans le tracé de la frontière entre les « géants » algérien (2 381 000 km2) et libyen (1 757 000 km2). Petite entaille stoppée aux marches du Sahara, la Tunisie ne puise que modestement à cet immense réservoir d'hydrocarbures pour subvenir aux besoins de ses 10 millions d'habitants (en 2005).
L'exiguïté du territoire n'est que la rançon de sa nette différenciation. La Tunisie, comme l'Africa romaine et l'Ifrīqiyya des Arabes, occupe l'espace libéré entre une double façade maritime et le Sahara par le démantèlement des formations montagneuses qui jalonnent l'Afrique du Nord de l'Atlantique à la Méditerranée orientale. Autrement dit, ce « petit » pays est un plat pays, une suite de plaines ordonnée en front de mer. Les plaines tunisiennes ont ouvert le Maghreb aux différentes civilisations et formations impériales qui ont dominé le monde méditerranéen. Accessibles par voies maritime et terrestre, elles donnent elles-mêmes accès au « Maghreb profond ».
Territoire relativement compact, espace ouvert et, à ce double titre, vieux foyer de civilisation, la Tunisie témoigne d'une imprégnation des plus marquées par la culture arabo-musulmane. Du moins, sa population se caractérise-t-elle par une remarquable homogénéité religieuse et linguistique. Musulmane, elle ignore les clivages religieux ou confessionnels qui affectent le Machrek. Arabe, elle ne connaît pratiquement pas les clivages linguistiques (arabophones/berbérophones) observables en Algérie et au Maroc. Ce contraste av […]
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